Point de mire sur la prévention

Printemps 2015 

Mise à jour sur la recherche : Le dépistage de routine pourrait-il aider à réduire le nombre de personnes qui ne savent pas qu’elles sont séropositives au VIH?

par Laurel Challacombe

En 2011, on estimait que 25 % des 71 300 personnes vivant avec le VIH au Canada n’étaient pas au courant de leur infection.1 Les personnes qui ne sont ni dépistées ni diagnostiquées ne peuvent pas bénéficier de l’arrimage à des soins, à du soutien et à des traitements qui améliorent la santé et réduisent la transmission du VIH.

En 2013, l’Agence de la santé publique du Canada a publié un Guide pour le dépistage et le diagnostic de l’infection par le VIH 2 visant à « réduire le nombre d’infections par le VIH non diagnostiquées au Canada en offrant aux fournisseurs de soins un cadre de travail pour explorer les options qui amélioreront leur capacité à offrir le dépistage du VIH, ainsi que pour mieux adapter leurs approches de dépistage afin de répondre aux besoins précis de leur pratique et de leurs clients. » Une des recommandations pour améliorer le dépistage du VIH au Canada consiste à ajouter l’offre d’un test de dépistage du VIH aux soins médicaux de routine. Cette approche pourrait-elle contribuer à améliorer le diagnostic du VIH?

Le dépistage de routine à New York et à la Nouvelle-Orléans

Entre 2011 et 2013, le dépistage périodique de routine a été intégré dans deux contextes de soins de santé, dans les villes de New York et de la Nouvelle-Orléans;3 l’approche s’est avérée très efficace pour diagnostiquer des cas d’infection à VIH et pour arrimer les patients à des soins.

À New York, le pourcentage de personnes dépistées pour le VIH est passé de 8 % avant l’introduction du dépistage de routine, à 56 % après celle-ci. Entre 2011 et 2013, 32 534 individus ont été dépistés pour le VIH; 0,45 % d’entre eux ont reçu un résultat positif. Des personnes trouvées séropositives, 99 % ont été informées de leur résultat et 81 % ont été dirigées vers des soins.

À la Nouvelle-Orléans, le test de routine a été mis en œuvre dans deux centres. Dans le premier, le pourcentage de personnes dépistées pour le VIH est passé de 17 % avant l’introduction du dépistage de routine, à 26 % après celle-ci. Dans l’autre, le taux de dépistage a augmenté de 3 % à 17 %. En 2012, 11 257 individus ont été dépistés pour le VIH et 0,94 % d’entre eux ont reçu un résultat positif. Toutes les personnes trouvées séropositives ont été informées de leur résultat et 74 % ont été dirigées vers des soins.

Un modèle canadien

Des programmes de dépistage de routine comme ceux de New York et de la Nouvelle-Orléans pourraient servir de modèles à adapter. Toutefois, les Canadien-nes n’ont pas besoin de chercher aussi loin les exemples de programmes de dépistage de routine. À Vancouver, l’offre systématique de test de dépistage du VIH a été intégrée dans la médecine familiale et dans les soins aigus, dans le cadre du Projet STOP de Vancouver. Le dépistage de routine dans ces contextes fait partie d’une stratégie à multiples facettes, qui continue d’inclure un dépistage ciblé chez les personnes à risque élevé d’infection par le VIH. Dans le contexte des soins aigus, par exemple, 10 102 tests de dépistage du VIH ont livré un résultat positif dans 0,3 % à 0,8 % des cas. Ces taux de diagnostic sont semblables à ceux mesurés à New York et à la Nouvelle-Orléans. Ils sont supérieurs au seuil de rentabilité, généralement établi à 0,1 % pour les soins aigus.

Une approche prometteuse

Ces résultats démontrent que l’offre routinière d’un test de dépistage du VIH dans les soins de santé, en complément à d’autres initiatives de test, peut accroître la connaissance du statut VIH chez les personnes qui ne demanderaient peut-être pas d’elles-mêmes ce dépistage. Elle peut également favoriser une meilleure implication dans les soins continus, parmi les personnes diagnostiquées séropositives au VIH.

Références

À propos de l’auteur

Laurel Challacombe possède une maîtrise en épidémiologie et est actuellement gestionnaire de la recherche et évaluation chez CATIE. Laurel travaille depuis plus de 10 ans dans le domaine du VIH et a occupé un certain nombre de postes dans des organismes provinciaux et régionaux, en y faisant de la recherche et de l’échange et transfert de connaissances.