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6 décembre 2016 

Le Canada progresse vers l’atteinte des objectifs mondiaux de dépistage, de soins et de traitement du VIH

Les études ont montré que le fait de commencer une combinaison de médicaments contre le VIH (TAR) et de continuer à la prendre tous les jours en suivant les prescriptions à la lettre peut réduire la quantité de VIH dans le sang (charge virale) jusqu’à un niveau tellement faible qu’il est impossible de la quantifier précisément avec les tests conventionnels. On qualifie couramment d’« indétectable » une quantité de virus si faible. Lorsque la charge virale atteint ce niveau et s’y maintient, la personne en question atteint un jalon important : non seulement sa santé continue de s’améliorer, mais le risque qu’elle transmette le virus à d’autres personnes lors des relations sexuelles devient négligeable. Ainsi, le fait d’amorcer le TAR peu de temps après le diagnostic profite autant à la personne traitée (son système immunitaire prend de la force) qu’à la société (la propagation du VIH ralentit de façon considérable).

À la lumière des bienfaits énormes du TAR, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont établi des objectifs mesurables que tous les pays devraient aspirer à atteindre d’ici 2020. Désignés par l’abréviation 90-90-90, les objectifs en question sont les suivants :

  • 90 % des personnes vivant avec le VIH sont au courant de leur infection
  • 90 % des personnes diagnostiquées séropositives suivent un TAR
  • 90 % des personnes sous TAR ont une charge virale indétectable

En s’engageant à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs, les villes, les régions et les pays peuvent réduire énormément la propagation du VIH et améliorer la santé des personnes vivant avec le virus.

Le Canada soutient le plan 90-90-90

L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a adopté les cibles 90-90-90 fixées par l’ONUSIDA. Pour aider les Canadiens à rester au courant des progrès réalisés quant à l’atteinte des objectifs de l’ONUSIDA, des chercheurs de l’ASPC ont coopéré avec des ministères et départements provinciaux et territoriaux de la Santé pour rédiger un rapport qu’ils ont rendu public à l’occasion de la Journée mondiale du sida 2016 (1er décembre). Voici quelques points saillants du rapport :

Selon les estimations de l’ASPC, 65 000 personnes vivaient avec le VIH au Canada en 2014. (L’estimation précédente de 75 500 a été révisée à la suite de données plus probantes). Ces personnes en étaient aux points suivants de la cascade des soins du VIH :

  • 80 % des personnes séropositives étaient au courant de leur statut
  • 76 % des personnes diagnostiquées séropositives suivaient un TAR
  • 89 % des personnes sous TAR avaient une charge virale indétectable

À la lumière de ces données, on peut conclure que 54 % de toutes les personnes vivant avec le VIH avaient une charge virale indétectable. Ces chiffres révèlent que des progrès importants ont été accomplis quant à l’atteinte des objectifs 90-90-90.

Ces données révèlent toutefois qu’il reste aussi beaucoup de travail à faire. Par exemple, selon les estimations des chercheurs de l’ASPC, environ 20 % des personnes vivant avec le VIH au Canada ne sont pas au courant de leur infection. De plus, 24 % des personnes qui savent qu’elles ont le VIH ne suivent pas de TAR. Rappelons que les principales lignes directrices internationales sur le traitement du VIH recommandent vivement que l’offre d’un TAR soit faite peu de temps après le diagnostic de VIH.

Vers l’avenir

Dans les mois et les années à venir, les provinces et territoires du Canada devront continuer d’intensifier leurs efforts pour multiplier les possibilités de dépistage confidentiel du VIH et de counseling à la suite d’un résultat positif. Au Canada, d’autres études sur toutes les étapes impliquées dans le dépistage, les soins et le traitement du VIH seront nécessaires pour comprendre les barrières qui empêchent l’avancement vers la prochaine étape et élaborer des plans pour surmonter ces barrières.

Ressources

Le VIH au Canada : graphique de l’Agence de la Santé publique du Canada

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCES :

  1. Résumé : Mesurer les progrès réalisés par le Canada en ce qui concerne les cibles 90-90-90 pour le VIH. Gouvernement du  Canada. 1er décembre 2016. Disponible à l’adresse : http://www.canadiensensante.gc.ca/publications/diseases-conditions-maladies-affections/hiv-90-90-90-vih/index-fra.php?_ga=1.140140539.95318858.1480712922
  2. Philpott J. Journée mondiale du sida. Message de la ministre : 1er  décembre 2016. Disponible à l’adresse : http://nouvelles.gc.ca/web/article-fr.do?nid=1163399&tp=980&_ga=1.88433822.440491151.1468775915
  3. Rodger AJ, Cambiano V, Bruun T, et al. Sexual activity without condoms and risk of HIV transmission in serodifferent couples when the HIV-positive partner is using suppressive antiretroviral therapy. JAMA. Jul 12;316(2):171-81.
  4. Daar ES, Corado K. Condomless sex with virologically suppressed HIV-infected individuals: How safe is it? JAMA. 2016 Jul 12;316(2):149-51.
  5. Cohen MS, Chen YQ, McCauley M, et al. Antiretroviral therapy for the prevention of HIV-1 transmission. New England Journal of Medicine. 2016 Sep 1;375(9):830-9.
  6. INSIGHT START Study Group, Lundgren JD, Babiker AG, Gordin F, et al. Initiation of antiretroviral therapy in early asymptomatic HIV infection. New England Journal of Medicine. 2015 Aug 27;373(9):795-807.