Nouvelles CATIE

12 décembre 2013 

Les lignes directrices canadiennes sur la co-infection VIH-VHC arrivent bientôt

On a accompli des progrès énormes contre le VIH depuis sa découverte il y a 30 ans. Les éléments clés de ces progrès incluent la mise au point des tests de dépistage et des traitements combinés appelés couramment multithérapies ou TAR.

La multithérapie a été introduite au Canada et dans d'autres pays à revenu élevé en 1996. Depuis lors, les chercheurs ont documenté une baisse spectaculaire de la mortalité liée aux infections caractéristiques du sida. En effet, la puissance de la multithérapie est tellement importante que les jeunes adultes qui sont infectés aujourd'hui peuvent s'attendre à vivre plusieurs décennies si les trois conditions suivantes sont respectées : ils commencent le traitement peu de temps après l'infection; ils n'ont pas d'autre maladie préexistante (dépendance, dépression, co-infection, etc.); ils prennent leurs pilules tous les jours en suivant les prescriptions à la lettre. 

Les études de recherche portent à croire que certains des problèmes qui surgissent chez les personnes séropositives de nos jours sont en partie liés à des affections autres que le VIH. Mentionnons à titre d'exemple que le virus de l'hépatite C (VHC) nuit de plus en plus à la santé de certaines personnes séropositives à cause des dommages infligés au foie. Puisque les voies de transmission du VHC et du VIH sont semblables, la co-infection est relativement courante au Canada et ailleurs.

Le Réseau pour les essais VIH à la rescousse

Pour aider les médecins, les infirmiers et les pharmaciens à mieux soigner les personnes co-infectées, les IRSC (Réseau canadien pour les essais VIH) ont convoqué un groupe de médecins et de pharmaciens chevronnés ayant de l'expertise quant à la prise en charge de cette population. On les a chargés de décortiquer la littérature scientifique sur la co-infection, ainsi que les lignes directrices et protocoles de traitement existants, afin de les adapter pour être utilisés au Canada. Le groupe d'experts a produit un document provisoire et invité les commentaires et suggestions d'une large gamme d'intervenants concernés lors de la Conférence canadienne annuelle sur le VIH (ACRV) tenue en avril 2013. Les révisions faites, le groupe a produit des lignes directrices canadiennes sur la prise en charge et le traitement de la co-infection VIH-VHC.

L'extension des soins

Les lignes directrices constituent un progrès majeur et serviront de fondation solide aux connaissances sur les soins et le traitement des personnes co-infectées. Si les 43 recommandations qu'elles contiennent sont mises en œuvre exhaustivement, elles aideront à maintenir voire à améliorer la qualité des soins partout au pays.

Fondées sur des données probantes, les recommandations des lignes directrices sont claires et pertinentes et répondent aux besoins quotidiens des cliniciens soignant des patients co-infectés. De plus, chaque recommandation est étayée par des données contextuelles. Cette formule fait en sorte que les recommandations sont très utiles.

Les lignes directrices aident le lecteur à s'orienter face à de nombreux enjeux et sujets importants liés à la co-infection qui ont une pertinence au Canada, y compris les suivants :

  • transmission du VHC
  • évaluation initiale du VHC chez les patients co-infectés
  • technologies émergentes et de plus en plus disponibles pour l'évaluation de la santé des personnes atteintes du VHC
  • enjeux liés à la chronologie des traitements du VIH et du VHC (quand commencer, quel virus cibler en premier?)
  • survol des traitements du VHC utilisés à l'heure actuelle
  • interactions médicamenteuses potentielles
  • recommandations pour composer avec les effets secondaires courants du traitement du VHC
  • transplantation du foie

Les lignes directrices focalisent aussi l'attention sur certaines populations qui sont durement touchées par la co-infection VIH-VHC, notamment les femmes, les jeunes et les Autochtones, dont certains s'injectent aussi des drogues de la rue.

Les lignes directrices canadiennes sur la co-infection constituent un grand pas en avant vers l'amélioration des soins et du traitement. La version finale sera publiée par le Journal de la microbiologie médicale et de l'infectiologie Canada.

Ressources

Vivre avec la co-infection VIH/hépatite C

infohepatiteC.ca – Le site Web sur l’hépatite C de CATIE

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCES :

  1. Hull M, Klein M, Shafran S, et al. CIHR Canadian HIV Trials Network coinfection and concurrent diseases core: Canadian guidelines for management and treatment of HIV/hepatitis C coinfection in adults. Canadian Journal of Infectious Diseases and Medical Microbiology. 2013; in press.
  2. Gustafson R, Montaner J, Sibbald B, et al. Seek and treat to optimize HIV and AIDS prevention. Canadian Medical Association Journal. 2012 Dec 11;184(18):1971.
  3. Sabin C. Review of life expectancy in people with HIV in settings with optimal ART access: what we know and what we don’t. In: Program and abstracts of the 11th International Congress on Drug Therapy in HIV Infection, 11–15 November 2012, Glasgow, UK. Abstract O131.
  4. May M, Gomples M, Sabin C, et al. Impact on life expectancy of late diagnosis and treatment of HIV-1 infected individuals: UK Collaborative HIV Cohort Study. In: Program and abstracts of the 11th International Congress on Drug Therapy in HIV Infection, 11–15 November 2012, Glasgow, UK. Abstract O133.
  5. Lohse N, Hansen AB, Pedersen G, et al. Survival of persons with and without HIV infection in Denmark, 1995-2005. Annals of Internal Medicine. 2007 Jan 16;146(2):87-95.
  6. Lohse N, Hansen AB, Gerstoft J, et al. Improved survival in HIV-infected persons: consequences and perspectives. Journal of Antimicrobial Chemotherapy. 2007 Sep;60(3):461-3.
  7. Søgaard OS, Lohse N, Østergaard L, et al. Morbidity and risk of subsequent diagnosis of HIV: a population-based case control study identifying indicator diseases for HIV infection. PLoS One. 2012;7(3):e32538.