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Actualités infohépatiteC 9.11  

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 9.11 de CATIE du 12 mai au 25 mai 2018. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

Nous rendons parfois compte de l’utilisation expérimentale de médicaments contre l’hépatite C. Pour plus de renseignements sur l’utilisation approuvée des traitements de l’hépatite C au Canada, consultez le tableau des Médicaments anti-hépatite C approuvés au Canada pour les adultes et les feuillets d'information sur chacun des traitements anti-hépatite C.

À la une

L’usage de cannabis n’a pas d’impact sur les taux de guérison de l’hépatite C

Lors d’une étude, les personnes qui utilisaient du cannabis ont connu des taux de guérison semblables à ceux des non-utilisateurs, et les personnes qui buvaient de l’alcool étaient aussi susceptibles que les non-buveurs de suivre leur traitement jusqu’au bout, mais elles étaient plus susceptibles d’échapper au suivi, ont rapporté des chercheurs allemands à l’occasion du Congrès international sur le foie tenu à Paris.

Les 7 747 participants suivant un traitement contre l’hépatite C par AAD faisaient partie du registre national non interventionnel multicentrique du monde réel de l’Allemagne.

Les participants étaient répartis en groupes en fonction de leurs antécédents de consommation de drogues :

  • personnes sous traitement de substitution aux opioïdes (TSO) : 739
  • personnes ayant des antécédents de consommation de drogues mais qui n’étaient pas sous TSO : 1 500
  • personnes sans antécédents de consommation de drogues : 5 508

Dans le groupe sans antécédents de consommation de drogues, 13,9 % buvaient plus que les quantités recommandées d’alcool et 1,2 % consommaient du cannabis. Dans le groupe ayant des antécédents de consommation de drogues mais pas sous TSO, 22 % buvaient plus d’alcool que la limite recommandée et 9,6 % consommaient du cannabis. Dans le groupe sous TSO, 25 % dépassaient les limites de consommation d’alcool recommandées et 19,2 % consommaient du cannabis.

Les personnes qui consommaient du cannabis ont connu des taux de guérison très semblables (91,2 %) à ceux des personnes qui n’en consommaient pas (92,3 %).

Parmi les personnes qui buvaient de l’alcool, le groupe n’ayant pas d’antécédents de consommation de drogues a connu un taux de guérison plus élevé, soit 91,2 %, comparativement à 83,4 % et à 83,5 % chez les personnes sous TSO et les personnes ayant des antécédents de consommation mais pas sous TSO, respectivement. Toutefois, les personnes qui buvaient de l’alcool en quantité excessive étaient plus susceptibles d’échapper au suivi, ce qui a fait baisser leur taux de guérison. Puisque la plupart de ces personnes ont été perdues de vue après la fin de leur traitement, il est très probable qu’elles ont été guéries également.

Selon les chercheurs, « Il est possible d’obtenir des taux élevés [de guérison] chez tous les groupes de patients ... surtout chez le groupe de patients sous traitement de substitution aux opioïdes et les utilisateurs anciens ou actuels de drogues ». (Healio.com, avril 2018, en anglais)

Le traitement par AAD est efficace chez les personnes atteintes de cirrhose avancée

Les personnes souffrant de cirrhose avancée connaissent des taux de guérison élevés sous l’effet des traitements par antiviraux à action directe, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie tenu à Paris.

L’étude a porté sur 473 personnes inscrites à l’étude HCV-TARGET dont la cirrhose avancée a été confirmée utilisant le modèle de score de maladie hépatique en phase terminale (MELD). Ce dernier utilise les résultats de tests sanguins pour prévoir les chances de survie à court terme. Cette analyse a porté en particulier sur les participants ayant un score MELD supérieur à 10. Notons que plus le score MELD est élevé, plus le risque de mortalité à court terme augmente. Chaque participant a été traité entre 2014 et juin 2017 par un régime d’antiviraux à action directe (AAD) comportant un inhibiteur de la NS5A. Sur les 473 participants inscrits, les chercheurs disposaient de données relatives aux taux de guérison à la 12e semaine post-traitement se rapportant à 373 personnes.

Voici les taux de guérison stratifiés selon le score MELD relatif à la gravité de la cirrhose :

  • 10 à 15 : taux de guérison de 90 %
  • 16 à 21 sans ribavirine : taux de guérison de 90 %
  • 16 et 21 avec ribavirine : taux de guérison de 100 %
  • plus de 21 : taux de guérison de 100 %

Lorsqu’ils ont été ajustés en fonction de l’âge et du sexe, la présence d’ascite, les antécédents de cancer du foie et un taux d’albumine inférieur à 3,5 se sont révélés des facteurs prédicteurs de l’échec du traitement.

Des effets indésirables se sont produits chez 20 % des participants durant le traitement ou dans les 30 jours suivant ce dernier. Quinze personnes sont mortes pendant le traitement ou au cours des trois mois subséquents.

Selon les chercheurs, « … malgré l’atteinte d’une RVS, les patients souffrant d’insuffisance hépatique avancée pourraient continuer d’avoir un risque considérable de décompensation et de [carcinome hépatocellulaire]. Des études pour évaluer la survie à long terme sans greffe sont nécessaires pour mieux comprendre les bienfaits du traitement pour les patients dans les cas de maladie hépatique avancée. » (Healio.com, avril 2018, en anglais)

Moins de cancers non hépatiques chez les personnes traitées par AAD que chez les personnes traitées par interféron

Le risque de cancers non hépatiques est plus faible chez les personnes traitées par antiviraux à action directe par rapport aux personnes traitées par interféron, ont rapporté des chercheurs à l’occasion du Congrès international sur le foie tenu à Paris.

Utilisant des bases de données sur les réclamations soumises aux régimes d’assurance maladie aux États-Unis, les chercheurs ont comparé les personnes traitées pour l’hépatite C au cours de deux périodes :

  1. de janvier 2006 à mai 2011, alors que les gens auraient été exposés à l’interféron ou au peg-interféron uniquement (10 989 personnes)
  2. de décembre 2013 à mars 2017, alors que les gens auraient été exposés à des antiviraux à action directe (AAD) (22 894 personnes)

Ces périodes excluent la première génération d’AAD que l’on utilisait en combinaison avec l’interféron.

Le risque de cancers ayant une forte association avec l’hépatite C, tels que le lymphome non hodgkinien et le cancer des canaux biliaires, n’était pas plus faible chez les personnes traitées par AAD. Cependant, les cancers de la prostate, du poumon, de la vessie et la leucémie se sont produits moins fréquemment chez les personnes traitées par AAD.

Voici la réduction des risques exprimée en pourcentage :

  • risque global de tout cancer majeur : 14 %
  • leucémie : 62 %
  • cancer de la prostate : 29 %

Selon les chercheurs, « La réduction globale du risque de cancers majeurs pourrait refléter la différence entre les taux de guérison chez les personnes traitées par des régimes à base d’interféron et celles traitées par les régimes beaucoup plus efficaces à base d’AAD ». (infohep.org, mai 2018, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Nouveaux outils virologiques pour le dépistage, le diagnostic et la surveillance des hépatites B et C dans les contextes aux ressources limitées, Journal of Hepatology, mai 2018, en anglais

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