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Actualités infohépatiteC 9.8 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 9.8 de CATIE du 31 mars au 13 avril 2018. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Huit semaines de traitement par Epclusa guérissent la plupart des participants sous TSO présentant des lésions hépatiques modérées

Un traitement de huit semaines par Epclusa a guéri 93 % des participants ayant des lésions hépatiques modérées qui suivaient un traitement de substitution aux opiacés (TSO), ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie 2018 tenu à Paris.

Douze semaines de traitement par Epclusa sont très efficaces pour guérir les personnes porteuses du génotype 3 du virus. Une étude particulière a permis de constater un taux de guérison élevé à la suite d’un traitement de huit semaines par Epclusa chez des personnes jamais traitées qui n’avaient pas la cirrhose. La présente étude visait à déterminer si huit semaines de traitement par Epclusa seraient efficaces chez des personnes porteuses du génotype 3 qui n’avaient pas la cirrhose.   

L’étude s’est déroulée à Glasgow, en Écosse, auprès de 90 participants porteurs du génotype viral 3 qui avaient subi des lésions hépatiques modérées (F2 ou F3) mais qui n’avaient jamais été traités pour l’hépatite C. Les chercheurs ont rendu compte des résultats provisoires obtenus auprès de 45 participants qui avaient terminé le traitement et qui avaient une charge virale indétectable en VHC 12 semaines après la fin du traitement (il s’agit d’une RVS12 ou d’une guérison).

La plupart des participants étaient des hommes (80 %) et l’âge moyen était de 46 ans. Six participants ont été traités en prison. Moins de la moitié d’entre eux (42 %) suivaient un traitement de substitution aux opiacés (TSO) quotidien.

Epclusa est une combinaison de deux antiviraux à action directe (AAD), le sofosbuvir et le velpatasvir. Ces médicaments sont combinés dans un seul comprimé qui se prend une seule fois par jour.

Epclusa a été administré comme traitement quotidien sous surveillance directe en association avec un TSO à des personnes qui s’injectaient des drogues ou qui en étaient aux stades précoces du rétablissement. Les personnes considérées comme stables ont reçu la médication et le TSO deux ou trois fois par semaine pour les prendre chez elles. Tous les médicaments ont été dispensés par des pharmacies communautaires, à l’exception du traitement donné aux personnes en prison.

Quarante-trois personnes ont guéri (93 %). Sur les trois personnes non guéries, une a discontinué le traitement, une autre est morte et la dernière a contracté l’infection à nouveau (réinfection).

Selon les chercheurs, « Les patients sous TSO quotidien connaissent d’excellents taux de RVS lorsqu’ils reçoivent les AAD en même temps que le TSO. L’adoption à grande échelle du traitement de huit semaines réduirait les coûts de l’acquisition de médicaments et augmenterait les capacités de traitement des cliniques et ce, sans sacrifier les taux de RVS ».

Huit semaines de traitement par Zepatier guérissent la plupart des personnes atteintes d’hépatite C aiguë

Un traitement de huit semaines par Zepatier a guéri 94 % des participants atteints d’hépatite C aiguë, ont rapporté des chercheurs lors de la 25e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2018) tenue à Boston.

Zepatier consiste en deux médicaments antiviraux à action directe, soit le grazoprévir et l’elbasvir, qui sont combinés dans un seul comprimé qui se prend une seule fois par jour.

L’étude Dutch Acute HCV in HIV (DAHHS2) a porté sur 80 participants des Pays-Bas et de la Belgique. Les résultats provisoires présentés à la conférence se rapportaient à 63 participants qui avaient suivi leur traitement jusqu’au bout et qui avaient une charge virale indétectable en VHC 12 semaines après la fin du traitement. Un tel résultat est considéré comme une guérison.

Tous les participants étaient des hommes gais ou bisexuels qui avaient le génotype 1 ou 4 du virus. Les participants avaient un âge moyen de 47 ans, et plus de 90 % d’entre eux avaient le VIH. Tous les participants ayant le VIH suivaient un traitement pour cette infection et la plupart avaient une charge virale indétectable.

Le traitement a débuté un maximum de 26 semaines après la date estimée de l’infection par l’hépatite C. Le traitement s’est généralement révélé sûr et bien toléré.

La plupart des personnes (59 sur 63) ont guéri. Sur les quatre personnes non guéries, une d’entre elles a rechuté et le virus est revenu et les trois autres ont été infectées de nouveau (réinfection).

Selon les chercheurs, « … un traitement rapide et court durant l’infection aiguë pourrait freiner la transmission continue et contribuer à l’élimination de [l’hépatite C] parmi les hommes séropositifs ayant des rapports sexuels avec des hommes, étant donné que la clairance spontanée est peu fréquente dans cette population ». (infohep.org, avril 2018, en anglais)

Une étude du monde réel révèle que huit semaines de traitement par Maviret sont efficaces chez les personnes sans cirrhose

Les résultats provisoires d’une étude du monde réel sur un traitement de huit semaines par Maviret ont révélé des taux de guérison élevés chez des personnes sans cirrhose, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie 2018 tenu à Paris.

Avant cette étude, les données disponibles sur l’efficacité de huit semaines de traitement par Maviret avaient été obtenues dans le cadre d’essais cliniques de phases avancées seulement, alors il n’était pas clair comment ces données se compareraient aux résultats obtenus dans le monde réel.

Les participants étaient inscrits dans le Registre hépatite C de l’Allemagne, qui inclut tous les Allemands et Allemandes atteints d’hépatite C qui sont traités par un médecin privé.

Les participants à l’étude étaient majoritairement des hommes (68 %), avaient un âge médian de 47 ans et n’avaient jamais été traités auparavant (90 %). La majorité des participants (93 %) avaient subi des lésions hépatiques minimes.

Maviret consiste en deux médicaments antiviraux à action directe, le glécaprévir et le pibrentasvir. Cette combinaison est efficace contre tous les génotypes du virus de l’hépatite C.

Depuis l’approbation du traitement en Allemagne en juillet 2017, 317 personnes inscrites dans la présente étude ont commencé un traitement par Maviret. Sur ce nombre, les données étaient disponibles pour 96 personnes qui avaient terminé le traitement et avaient passé un test de charge virale 12 semaines après la fin du traitement. La plupart de ces personnes (97 %) ont guéri grâce au traitement. Une personne a échappé au suivi et deux autres ont discontinué le traitement à cause d’effets indésirables non attribuables à Maviret.

Selon les chercheurs, « Un traitement de huit semaines est possible pour tous les patients non cirrhotiques jamais traités auparavant, peu importe le génotype ». (infohep.org, avril 2018, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Comportements d’injection à risque longitudinaux parmi des personnes ayant des antécédents d’utilisation de drogues injectables dans un contexte carcéral australien : L’étude HITS-p, The International Journal of Drug Policy, avril 2018, en anglais