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Actualités infohépatiteC 9.6  

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 9.6 de CATIE du 3 mars au 16 mars 2018. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique acceptent de couvrir le coût du traitement de l’hépatite C peu importe le degré de lésions hépatiques

Le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique vont couvrir le coût du traitement de l’hépatite C sans imposer de restrictions fondées sur l’ampleur des lésions hépatiques. L’Ontario et la Colombie-Britannique ont levé leurs restrictions le 28 février 2018, et le Québec le 1er mars 2018.

Avant ce changement, les patients devaient avoir un degré de lésions hépatiques minimal (fibrose de stade 2) pour être admissibles au remboursement du traitement. Ou encore si l’ampleur de leurs lésions hépatiques était inférieure à la fibrose de stade 2, il fallait qu’ils aient un autre problème de santé en plus de l’hépatite C pour être admissibles, tels que le VIH, l’hépatite B ou le diabète. (health.gov.on.ca, février 2018, en anglais; news.gov.bc.ca, mars 2018, en anglais; inesss.qc.ca, mars 2018)

Le taux de clairance spontanée de l’hépatite C est faible chez les personnes ayant la co-infection au VIH

De nombreuses personnes ayant le VIH qui contractent l’hépatite C ne pourront se débarrasser spontanément de celle-ci, ont rapporté des chercheurs lors de la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes tenue à Boston, au Massachusetts.

Entre 2007 et 2016, les chercheurs ont documenté 465 cas d’hépatite C aiguë parmi des personnes vivant avec le VIH en Autriche, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Suisse et au Royaume-Uni. Chaque personne a été suivie pendant au moins un an.

L’âge médian des participants était de 41 ans. Presque tous les participants étaient des hommes (98 %). La plupart prenaient un traitement contre le VIH (92 %), et 91 % des personnes traitées avaient une charge virale indétectable en VIH.

Cinquante-cinq participants (12 %) se sont débarrassés de l’hépatite C sans traitement (clairance spontanée). Notons que chez les personnes infectées par l’hépatite C seulement, le taux de clairance spontanée peut atteindre 25 %.

Parmi les personnes chez qui l’infection à l’hépatite C est devenue chronique, 325 (70 %) ont reçu un traitement contre l’hépatite C par interféron pégylé plus ribarivine ou encore par des AAD sans interféron, et 246 d’entre elles ont guéri (76 %).

Les personnes qui ont bénéficié d’une baisse considérable de leur charge virale en hépatite C (baisse de 2 logs ou plus) avant la quatrième semaine suivant l’infection initiale étaient plus susceptibles de se débarrasser spontanément du virus.

Selon les chercheurs, « … l’amorce du traitement doit être envisagée tôt afin de prévenir la transmission continue aux partenaires sexuels ». (Healio.com, mars 2018, en anglais)

L’accès sans restrictions au traitement réussit presque à éliminer l’hépatite dans une prison d’Australie

En moins de deux ans, un programme de traitement d’une prison australienne a réussi à guérir 97 % des détenus atteints d’hépatite C, ont rapporté des chercheurs dans Clinical Infectious Diseases.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prôné la « micro-élimination » comme stratégie pour réduire la prévalence de l’hépatite C chez les sous-populations les plus touchées par l’hépatite C, tels les détenus. En vertu de cette approche, on donne plus souvent le traitement à des groupes spécifiques dans le but d’éliminer l’hépatite C au sein de secteurs plus petits de la population.

Au cours des 22 premiers mois du programme, environ 90 % des nouveaux détenus arrivant dans la prison ont été testés pour l’hépatite C. Toutes les 125 personnes ayant reçu un résultat positif pour l’hépatite C se sont fait offrir un traitement par antiviraux à action directe (AAD) d’une durée de huit, 12 ou 24 semaines. Sur ce nombre, 119 ont commencé le traitement. La combinaison la plus utilisée (41 %) a été le sofosbuvir plus le daclatasvir pendant 12 semaines.

Les participants ont également reçu du counseling et de l’éducation sur la prévention de la réinfection par l’hépatite C, ainsi qu’une orientation vers des soins dans la communauté après leur mise en liberté.

Sur les 119 personnes qui ont commencé le traitement, 98 l’avaient suivi jusqu’au bout à la fin de l’étude. Trente-deux personnes ont échappé au suivi, principalement après leur sortie de la prison ou un transfert vers un autre établissement.

Sur les 66 personnes qui sont restées dans l’étude, 64 (97 %) ont guéri de l’hépatite C.

Selon les estimations des chercheurs, la prévalence de l’hépatite C dans la prison est passée de 12,6 % avant le début du programme à 4,3 % après un an puis à 1,1 % après 22 mois.

Selon les chercheurs, « Le lien étroit entre l’injection de drogues, l’incarcération et la prévalence de virus transmissibles par le sang font des centres correctionnels un contexte crucial pour l’amélioration de l’accès au traitement par AAD et l’adoption de stratégies de prévention de grande portée ». (Healio.com, mars 2018, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Exploration de la littérature sur les programmes d’aiguilles et de seringues mobiles — examen de la prestation des services et des caractéristiques des clients, de l’utilisation, de l’orientation et de l’impact, Harm Reduction Journal, février 2018, en anglais

Scoping out the literature on mobile needle and syringe programs—review of service delivery and client characteristics, operation, utilization, referrals, and impact, Harm Reduction Journal, February 2018

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