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Actualités infohépatiteC 9.1 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 9.1 de CATIE du 25 novembre 2017 au 5 janvier 2018. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Le dépistage de l'hépatite C est lié à une baisse de la consommation de drogues

Le fait de se faire tester pour l'hépatite C a été associé à une baisse de la consommation de drogues parmi les personnes qui suivaient un traitement de substitution aux opioïdes, ont rapporté des chercheurs canadiens lors du congrès annuel sur les maladies du foie (Liver Meeting) tenu à Washington, D.C.

Aux fins de cette étude, les chercheurs ont examiné les dossiers de santé électroniques établis entre 2007 et 2013 dans 43 cliniques de traitement des dépendances de l'Ontario.

Les chercheurs ont examiné les dossiers de 2 406 personnes qui avaient passé un test de dépistage des anticorps anti-hépatite C durant la période à l'étude et dont les dossiers contenaient les résultats de tests d'urine utilisés pour surveiller la consommation de drogues. Parmi ces personnes, 527 (22 %) avaient reçu un résultat positif au test de dépistage des anticorps anti-hépatite C.

Un résultat positif au test de dépistage des anticorps indique que la personne en question a été exposée au virus de l'hépatite C à un moment de sa vie. Pour déterminer si l'infection à l'hépatite C est encore présente chez cette personne, il faut qu'elle passe un test de recherche de l'ARN VHC.

Un peu plus de 60 % des personnes évaluées étaient des hommes, et leur moyenne d'âge était de 40 ans.

Chez les participants ayant des anticorps anti-hépatite C, le nombre d'échantillons d'urine révélant la consommation d'opioïdes non prescrits a diminué de 8,1 %, ce qui est significatif du point de vue statistique. Les participants qui n'avaient pas d'anticorps anti-hépatite C ont connu une baisse de 6,7 %.

Après avoir ajusté les résultats en fonction des facteurs de confusion potentiels, les chercheurs ont trouvé que les personnes ayant des anticorps anti-hépatite C étaient 33 % plus susceptibles de réduire leur consommation d'opioïdes non prescrits que les personnes n'ayant pas d'anticorps anti-hépatite C.

Selon les chercheurs, le dépistage à grande échelle des personnes qui s'injectent des drogues « pourrait atténuer les conséquences sur la santé des individus et réduire la transmission au sein de la collectivité ». (HIVandhepatitis.com, novembre 2017, en anglais)

De nouvelles recommandations sur l'hépatite C et la grossesse voient le jour

La Society for Maternal-Fetal Medicine a publié des recommandations sur les soins à donner aux personnes enceintes ayant l'hépatite C, ont rapporté des chercheurs dans l'American Journal of Obstetrics and Gynecology.

Le risque de transmission de l'hépatite C entre une personne enceinte et son enfant à naître se situe à environ 5 %.

Les recommandations sont fondées sur un examen des données probantes et des pratiques exemplaires en cette matière.

Les recommandations incluent les suivantes :

  • administrer un test de dépistage des anticorps anti-hépatite C à toutes les femmes courant un risque accru d'hépatite C et ce, dès la première consultation prénatale
  • administrer des tests de dépistage additionnels plus tard dans la grossesse aux femmes présentant des facteurs de risque nouveaux ou persistants et ce, même si le premier résultat a été négatif
  • administrer des tests de dépistage d'infections transmissibles sexuellement aux femmes enceintes ayant l'hépatite C
  • utiliser des traitements par antiviraux à action directe dans un contexte d'essai clinique seulement ou reporter le traitement anti-hépatite C jusqu'à après la grossesse
  • éviter le recours exclusif à la césarienne pour les personnes ayant l'hépatite C
  • éviter l'épisiotomie (incision pratiquée dans la cavité vaginale pour faciliter le passage du bébé), la rupture prolongée des membranes et la surveillance interne du fœtus pendant le travail
  • ne pas décourager l'allaitement
  • conseiller à tous les patients d'éviter l'alcool

Ces recommandations ont reçu l'appui de l'American College of Obstetricians and Gynecologists. (healio.com, novembre 2017, en anglais)

Un programme de dépistage et de traitement réduit le taux d'hépatite C parmi les hommes gais séropositifs de la Suisse

Une politique sur le dépistage et le traitement systématiques de l'hépatite C a permis de guérir 99 % des hommes gais suisses atteints de cette infection sur une période de huit mois et a réduit la prévalence de l'hépatite C de presque les deux tiers, ont rapporté des chercheurs lors de la 16e Conférence européenne sur le sida (EACS 2017) tenue à Milan, en Italie.

L'Étude de cohorte suisse sur le VIH est une étude multicentrique continue portant sur les personnes vivant avec le VIH en Suisse. Depuis 1996, les chercheurs affiliés à cette étude ont constaté une augmentation de 20 fois de la prévalence de l'hépatite C parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes.

Sur la période de huit mois écoulée entre octobre 2015 et mai 2016, tous les hommes gais et bisexuels faisant partie de la cohorte suisse sur le VIH ont passé un test de dépistage de l'infection active à l'hépatite C. Le programme de dépistage a permis de diagnostiquer l'hépatite C chronique chez 177 hommes (4,8 %); il s'agissait d'une nouvelle infection par l'hépatite C dans 30 cas, alors que 147 personnes avaient été diagnostiquées auparavant.

Tous les hommes ayant le génotype 1 ou 4 du VHC se sont fait offrir un traitement immédiat par Zepatier (elbasvir + grazoprévir), avec ou sans ribavirine, pendant 12 ou 16 semaines.

Sur les 177 hommes ayant reçu un diagnostic de VHC chronique, 122 ont participé à l'étude et tous sauf un ont guéri de l'hépatite C.

Le traitement a été bien toléré, les effets secondaires les plus courants étant la fatigue, les diarrhées, les nausées et les démangeaisons. (HIVandhepatitis.com, octobre 2017, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Déclin de l'incidence du VHC aux Pays-Bas parmi les hommes séropositifs ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes après la levée des restrictions à l'accès au traitement du VHC, Clinical Infectious Diseases, novembre 2017, en anglais