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Actualités infohépatiteC 8.23  

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 8.23 de CATIE du 28 octobre au 10 novembre 2017. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Une faible consommation d'alcool ne serait pas liée à un risque accru de lésions hépatiques chez les femmes ayant la co-infection VIH/hépatite C

Les femmes co-infectées par le VIH et l'hépatite C dont la consommation d'alcool était faible ou modérée ont connu une augmentation légère ou pas d’augmentation du tout des lésions hépatiques, ont rapporté des chercheurs dans Clinical Infectious Diseases.

L'étude en question a porté sur 686 femmes inscrites à la Women’s Interagency HIV Study, une étude qui se poursuit auprès de femmes séropositives vivant aux États-Unis. Lors des évaluations de suivi effectuées tous les six mois, les chercheurs interrogeaient chaque femme sur sa consommation d'alcool et recueillaient des données sur sa fonction rénale, ses enzymes hépatiques et sa charge virale en VIH. Les participantes ont été suivies pendant une période médiane de 10 ans.

Près de la moitié des participantes (315) ont dit ne pas consommer d'alcool du tout. Un peu plus du quart d'entre elles (185) ont fait état d'une consommation faible d'alcool (définie comme un à trois verres par semaine). Sept pour cent (48) ont dévoilé une consommation modérée (quatre à sept verres par semaine). Un cinquième des femmes (137) ont fait état d'une forte consommation d'alcool (classée en deux catégories, soit de huit à 14 verres par semaine et plus de 14 verres par semaine).

La majorité des participantes n'avaient aucune lésion hépatique au début de l'étude (score de fibrose médian de 1,4).

La consommation de plus de 14 verres par semaine était associée à une accélération significative des lésions hépatiques (0,25 unité de FIB-4 par année), comparativement à aucun verre hebdomadaire. La consommation de huit à 14 verres par semaine était liée à une accélération minime des lésions hépatiques (0,04 unité de FIB-4 par année).

Selon les chercheurs, « On devrait déconseiller une forte consommation d'alcool aux femmes ayant l'infection au VIH/VHC, mais l'abstinence complète n'est peut-être pas nécessaire pour empêcher la progression accélérée de la fibrose hépatique ». (healio.com, septembre 2017, en anglais)

La plupart des personnes ayant le VHC et qui s'injectent des drogues ne sont pas au courant de l'efficacité des médicaments anti-VHC actuels

La plupart des personnes qui s'injectent des drogues ignorent qu'il existe de nos jours des traitements hautement efficaces contre l'hépatite C, ont rapporté des chercheurs écossais à l'occasion du Symposium international sur les soins de l'hépatite chez les utilisateurs de substances.

De 2015 à 2016, les chercheurs ont effectué un sondage auprès de  2 623 personnes qui fréquentaient des programmes d'aiguilles et de seringues afin d'évaluer leurs connaissances à l'égard des nouveaux antiviraux à action directe et les taux de guérison obtenus grâce à ceux-ci chez les personnes qui s'injectent des drogues, ainsi que pour déterminer les facteurs associés à la connaissance des traitements.

La majorité des participants (2 361, 90 %) n'avaient jamais reçu de traitement contre l'hépatite C, mais 79 % (1 865) d'entre eux savaient qu'il existait des traitements contre cette infection.

Seulement 17 % (446) des participants savaient toutefois que les nouveaux traitements de l'hépatite C étaient très efficaces.

La majorité (530 participants, 60 %) a répondu que les chances de guérir sous l'effet du traitement étaient faibles ou inférieures à 40 %.

La connaissance de l'efficacité des AAD était plus importante parmi les personnes qui avaient déjà fréquenté une clinique (rapport des cotes = 9,76), celles qui avaient été diagnostiquées sans jamais avoir fréquenté de clinique (rapport des cotes = 3,91) et celles qui s'étaient fait tester pour l'hépatite C mais qui ne l'avaient pas (rapport des cotes = 2,55), comparativement aux personnes qui n'avaient jamais passé de test.

Selon les chercheurs, « Une augmentation des efforts pour sensibiliser les populations [les plus touchées] aux nouveaux traitements de l'hépatite C sera nécessaire à l'avenir alors que le traitement sera utilisé à plus grande échelle ». (healio.com, septembre 2017, en anglais)

Maviret est sûr et efficace pour le traitement du VHC chez les personnes souffrant d'insuffisance rénale chronique

Le traitement par Maviret a donné lieu à des taux élevés de guérison de l'hépatite C parmi des personnes atteintes d'insuffisance rénale chronique, ont rapporté des chercheurs dans le New England Journal of Medicine.

Cent quatre participants ont reçu 12 semaines de traitement par Maviret. Ce dernier combine deux médicaments dans un seul comprimé, soit l'inhibiteur de la protéase glécaprévir et l'inhibiteur de la NS5A pibrentasvir. Le traitement repose sur la prise de trois comprimés, une fois par jour. Maviret est approuvé au Canada pour le traitement de tous les génotypes du VHC (1, 2, 3, 4, 5 et 6).

Les participants avaient en moyenne 57 ans. La plupart n'avaient jamais été traités auparavant (60 personnes ou 58 %), et la majorité avait l'insuffisance rénale chronique (90 personnes ou 86 %). Tous les génotypes de l'hépatite C étaient présents chez les participants, et plus de la moitié d'entre eux avaient le génotype viral 1.

Le taux de guérison a été de 98 % (102 participants sur 104). Les effets secondaires les plus courants ont été les démangeaisons de la peau, la fatigue et les nausées.

Selon les chercheurs, « Le traitement par glécaprévir et pibrentasvir pendant 12 semaines a donné lieu à un taux de réponse virologique soutenue élevé chez les patients présentant une insuffisance rénale chronique de stade 4 ou 5 et l'infection au VHC ». (healio.com, octobre 2017, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Les urgentologues canadiens donnent leur appui aux sites d'injection supervisée, The International Journal of Drug Policy, novembre 2017, en anglais