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Actualités infohépatiteC 8.17  

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 8.17 de CATIE du 5 août au 18 août 2017. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Un nouveau traitement anti-hépatite C de 8 semaines est efficace chez les personnes co-infectées par le VIH et le VHC

Lors d'un essai clinique de phase avancée, un nouveau traitement anti-hépatite C pangénotypique de huit semaines portant le nom de Maviret a guéri presque tous les participants co-infectés par l'hépatite C et le VIH, ont rapporté des chercheurs à la Conférence sur la science du VIH de la Société internationale du sida (IAS 2017).

Maviret est une combinaison de deux antiviraux à action directe (AAD), soit le glécaprévir, un inhibiteur de la protéase, et le pibrentasvir, un inhibiteur de la NS5A. Ces médicaments sont combinés dans un seul comprimé. Maviret a récemment été approuvé au Canada.

Cette combinaison a été testée pendant huit semaines chez des personnes co-infectées par l'hépatite C et le VIH qui n'avaient pas la cirrhose et qui n'avaient jamais été traitées auparavant. Cet essai est unique parce que, à ce jour, les lignes directrices européennes et américaines sur le traitement de l'hépatite C n'ont pas recommandé d'options de traitement d'une durée inférieure à 12 semaines pour les personnes co-infectées par l'hépatite C et le VIH. Les participants à cet essai qui avaient la cirrhose ont suivi le traitement pendant 12 semaines.

L'essai a porté sur 153 personnes séropositives ayant l'hépatite C d'Europe, de Russie et des États-Unis. La majorité d'entre elles étaient des hommes (80 %) et leur âge médian était de 45 ans. Les deux tiers avaient le génotype viral 1, 17 % avaient le génotype 3, 11 % avaient le génotype 4, un faible nombre avaient le génotype 2 ou 6 et aucun participant n'avait le génotype 5. La plupart (94 %) des participants suivaient un traitement contre le VIH, et cette infection était bien contrôlée.

Le traitement de huit semaines a guéri l'hépatite C chez 99 % des participants traités pour cette période de temps. Le taux de guérison global a été de 98 % chez tous les participants, y compris les personnes cirrhotiques chez qui le traitement avait duré 12 semaines. Les effets secondaires les plus courants ont été la fatigue, les nausées, les maux de tête et les inflammations du nez et de la gorge.

Selon les chercheurs, « ces résultats portent à croire que le régime associant le glécaprévir et le pibrentasvir pourrait être la première option de traitement pangénotypique de huit semaines pour les patients co-infectés par l'hépatite C et le VIH n'ayant pas la cirrhose ». (HIVandhepatitis.com, juillet 2017, en anglais)

Un traitement par AAD réduit le risque de mortalité 18 mois après le traitement

Le risque de mortalité diminue considérablement dans l'année et demie suivant la guérison de l'hépatite C par les antiviraux à action directe (AAD), ont rapporté des chercheurs dans Clinical Infectious Diseases.

Les chercheurs du service ERCHIVES (U.S. Electronically Retrieved Cohort of HCV Infected Veterans – Cohorte de vétérans infectés par le VHC récupérée électroniquement des États-Unis) ont comparé 6 970 personnes ayant l'hépatite C qui avaient été traitées pour un minimum de deux semaines par Holkira Pak ou Harvoni à 6 970 personnes ayant l'hépatite C et n’ayant jamais  été traitées.

Parmi les personnes traitées et guéries de l'hépatite C (autrement dit celles ayant obtenu une réponse virologique soutenue), on a constaté une réduction de 43 % du risque de mortalité 18 mois après la fin du traitement.

L'âge médian des participants était de 61 ans et il s’agissait principalement d’hommes (96 %). La plupart des participants traités pour l'hépatite C ont guéri (94 % des personnes traitées par Harvoni et 90 % des personnes traitées par Holkira Pak).

Il existait des différences significatives entre le groupe traité et le groupe non traité. Les personnes traitées par AAD étaient plus susceptibles d'être obèses et d'avoir la cirrhose mais moins susceptibles de souffrir d'une maladie rénale grave, d'anémie ou de problèmes de consommation de drogues ou d'alcool.

Selon les chercheurs, « Le traitement de l'hépatite C par [Holkira Pak] ou [Harvoni] et l'atteinte d'une réponse virologique soutenue sont associés à une réduction significative de la mortalité, et ce bienfait s'observe au cours des 18 mois suivant le traitement ». (infohep.org, août 2017, en anglais)

Les médecins de soins primaires et les infirmières praticiennes peuvent traiter efficacement l'hépatite C

Les médecins de soins primaires et les infirmières praticiennes peuvent administrer un traitement de l'hépatite C de façon aussi sûre et efficace que les spécialistes, ont rapporté des chercheurs dans Annals of Internal Medicine.

Aux États-Unis et au Canada, les stratégies qui consistent en l'administration de traitements anti-hépatite C par des professionnels de la santé non spécialisés sont envisagées comme moyens potentiels d'élargir l'accès aux nouveaux traitements améliorés.

Les chercheurs ont comparé les taux de guérison de l'hépatite C chez des personnes traitées avec Harvoni par des médecins de soins primaires, des infirmières praticiennes ou des spécialistes dans 13 centres de santé de Washington D.C.

Tous les praticiens de la santé ont suivi la formation prescrite par les lignes directrices américaines sur le traitement de l'hépatite C. Sur 600 participants, 150 ont été traités par des infirmières praticiennes, 160 par des médecins de soins primaires et 290 par des spécialistes.

Après avoir ajusté les résultats en fonction d'éventuels facteurs de confusion parmi les participants, le taux de guérison global a été de 87,1 %. Les taux de guérison étaient semblables dans toutes les catégories de praticiens :

  • médecins de soins primaires : 87,6 %
  • infirmières praticiennes : 90,4 % 
  • spécialistes : 84,8 %

La cause la plus courante de l'échec du traitement a été l'abandon du suivi de la part des participants (7,5 %).

Selon les chercheurs, « Dans cette ère [d'antiviraux à action directe], le transfert intégral de la responsabilité du traitement de l'hépatite C aux praticiens généralistes pourrait être la stratégie idéale pour les patients dont l'infection est sans complications ». (Healio.com, août 2017, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Infection incidente continue par le virus de l'hépatite C chez les personnes ayant des antécédents d'injection de drogues dans un contexte carcéral d'Australie, 2005 à 2014 : L'étude HITS-p Journal of Viral Hepatitis, septembre 2017, en anglais