HepCInfo Updates

Actualités infohépatiteC 8.16 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 8.16 de CATIE du 22 juillet au 4 août 2017. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

La FDA approuve un traitement par AAD de 8 semaines pour tous les génotypes de l'hépatite C

La Food and Drug Administration des États-Unis vient d'approuver une combinaison d'antiviraux à action directe (AAD) qui se prend pendant huit semaines seulement et qui est efficace contre tous les génotypes de l'hépatite C.

Cette combinaison d'AAD porte le nom de Mavyret et inclut le glécaprévir, un inhibiteur de la protéase, et le pibrentasvir, un inhibiteur de la NS5A. Ces médicaments sont combinés dans un seul comprimé, et les patients prennent trois comprimés une fois par jour.

Mavyret est approuvé comme traitement de huit semaines pour les personnes sans cirrhose qui n'ont jamais été traitées pour l'hépatite C auparavant. Notons que la majorité des traitements actuellement disponibles pour l'hépatite C durent 12 semaines.

Mavyret est également approuvé pour les personnes souffrant d'une insuffisance rénale modérée à grave et les personnes sous hémodialyse. À l'heure actuelle, les options de traitement de ce groupe sont limitées. Le médicament est également approuvé pour les personnes qui ont déjà été traitées par un régime différent pendant huit, 12 ou 16 semaines.

Lors d'essais cliniques menés auprès d'un total de 2 300 participants ayant les génotypes viraux 1 à 6 et souffrant de cirrhose légère ou n'ayant pas la cirrhose, 92 % à 100 % des participants ont guéri après huit, 12 ou 16 semaines de traitement. Les effets secondaires les plus courants ont été les maux de tête, la fatigue et les nausées.

Mavyret n'est pas approuvé à l'heure actuelle au Canada. (fda.gov, août 2017, en anglais)

Le nombre de diagnostics tardifs de l'hépatite C diminue chez les personnes atteintes de lésions hépatiques avancées en Colombie-Britannique

Le nombre de diagnostics tardifs de l'hépatite C a diminué au fil du temps en Colombie-Britannique parmi les personnes souffrant de cirrhose décompensée et celles atteintes d'un cancer du foie, ont rapporté des chercheurs dans le Journal of Hepatology.

La détection précoce de l'hépatite C et l'administration d'un traitement pour guérir l'infection peuvent prévenir les complications les plus avancées de la maladie, telles que la cirrhose décompensée (le foie est tellement endommagé qu'il n'est plus capable de fonctionner correctement) et le cancer du foie.

Les chercheurs ont analysé les données recueillies auprès d'une cohorte de 57 866 personnes atteintes d'hépatite C en Colombie-Britannique (British Columbia Hepatitis Tester's Cohort). Sur ce nombre, 3 962 personnes (6,8 %) souffraient de cirrhose décompensée et 902 personnes (1,6 %) avaient un cancer du foie. Parmi les personnes atteintes de cirrhose décompensée, 1 566 (40 %) avaient reçu un diagnostic tardif de l'hépatite C. Dans le cas des cancers du foie, le diagnostic de l'hépatite C avait été posé tardivement chez 283 personnes (31 %).

Au fil du temps, la proportion de diagnostics tardifs de l'hépatite C a diminué, passant de 89,5 % (1992 à 1996) à 20,4 % (2007 à 2011) parmi les personnes atteintes de cirrhose décompensée et de 85,7 % (1992 à 1996) à 29,4 % (2007 à 2011) parmi les personnes aux prises avec un cancer du foie.

Les personnes atteintes de cirrhose décompensée dont l'hépatite C a été diagnostiquée tardivement étaient plus susceptibles d'être nées avant 1945, de souffrir de privation matérielle, de consommer des drogues, de vivre avec un diagnostic de maladie mentale et d'avoir moins de consultations annuelles à l'hôpital.

Les personnes ayant un cancer du foie dont l'hépatite C a été diagnostiquée tardivement étaient plus susceptibles d'être nées avant 1945, de vivre dans un milieu urbain et d'avoir des antécédents de consommation de drogues et d'alcool.

« … Nos résultats identifient les groupes qui échappent au dépistage, comme les personnes qui ne voient pas de médecin régulièrement, celles dont le risque est moins évident et celles atteintes de maladies mentales graves; des stratégies novatrices pour combler ces lacunes de la prévention secondaire et du traitement de ces groupes devraient être explorées », ont conclu les chercheurs. (Healio.com, juillet 2017, en anglais)

Le taux d'hépatite C demeure élevé en Europe parmi les hommes séropositifs ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes

En Europe, l'incidence globale de l'hépatite C augmente parmi les hommes séropositifs ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HARSAH), mais il existe des différences régionales, ont rapporté des chercheurs dans le Journal of Hepatology.

Les chercheurs ont analysé les données recueillies auprès d'HARSAH séropositifs entre 1990 et 2014 par la collaboration  CASCADE (Concerted Action on SeroConversion to AIDS and Death in Europe – Action concertée sur la séroconversion au sida et la mortalité en Europe).

Sur 5 941 HARSAH, 337 ont contracté l'hépatite C entre 1990 et 2014. Le taux d'incidence de l'hépatite C en 2014 (18 sur 1 000 années-personnes) était 25,7 fois plus élevé qu'en 1990 (0,7 sur 1 000 années-personnes).

Les chercheurs ont trouvé une association significative entre les facteurs suivants et le risque de contracter l'hépatite C : âge plus jeune, infection récente par le VIH, charge virale en VIH plus élevée et collecte de données au cours des années civiles récentes.

Dans l'ensemble du continent, l'incidence de l'hépatite C a augmenté dans l'Europe du Nord, s'est stabilisée dans l'Europe occidentale et est demeurée stable dans le Sud. La période entre le moment de l'infection par le VIH et l'infection subséquente par l'hépatite C s'est écourtée au fil du temps.

Selon les chercheurs, « Aucun déclin de l'incidence de l'hépatite C n'a été observé au cours des années récentes, bien que les tendances semblent différer selon la région géographique. Le dépistage de l'hépatite C chez les HARSAH séropositifs devrait continuer et être offert systématiquement ». (Healio.com, juillet 2017, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Changement dans les disparités du traitement de l'hépatite C entre l'ère de l'interféron et celle des AAD : Une étude de cohorte fondée sur la population, Journal of Viral Hepatitis, août 2017, en anglais

Comprendre les perceptions et le risque des patients pour améliorer le dépistage de l'hépatite C, Journal of Viral Hepatitis, août 2017, en anglais