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Actualités infohépatiteC 8.13 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 8.13 de CATIE du 10 juin au 23 juin 2017. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Une intervention électronique améliore le dépistage de l'hépatite C et l'orientation vers les soins des adultes plus âgés

En connectant aux dossiers médicaux électroniques un outil conçu pour soutenir la prise de décisions cliniques, on a réussi à augmenter considérablement le dépistage de l'hépatite C, la fréquence des tests de suivi et l’arrimage des adultes plus âgés aux soins, ont rapporté des chercheurs dans Open Forum Infectious Disease.

Les Centers for Disease Control and Prevention et le Preventative Services Task Force des États-Unis ont recommandé que les personnes nées entre 1945 et 1965 soient testées au moins une fois pour l'hépatite C. Toutefois, les efforts pour tester ces personnes et les orienter vers des soins ont connu un succès mitigé.

L'outil de soutien a été mis en opération dans le système de santé de l'UCLA en août 2015. Intégré dans les dossiers médicaux électroniques des patients externes, l'outil consistait en un message de rappel signalant que les personnes nées entre 1945 et 1965 et n'ayant aucun antécédent d'hépatite C devraient passer un test de dépistage. Un coordonnateur des soins de l'hépatite C était également disponible pour orienter les personnes se révélant porteuses d'anticorps anti-hépatite C vers un service approprié pour passer un test de recherche de l'ARN VHC et recevoir d'autres soins liés à l'hépatite C.

Les résultats de dépistage obtenus au cours de la première année de l'intervention ont été comparés aux résultats de dépistage de l'année précédant la mise en œuvre de l'intervention.

Le taux de dépistage des anticorps anti-hépatite C a augmenté de 145 %, passant de 5 767 dans l'année précédant l'intervention jusqu'à 13 390 dans l'année suivant la mise en œuvre de l'intervention.

Grâce à l'apport du coordonnateur des soins de l'hépatite C, l'accès au test de recherche de l'ARN VHC suivant un résultat positif au test de dépistage des anticorps est passé de 83 % à 95 %. Sur toutes les personnes ayant reçu un résultat positif au test de recherche de l'ARN, 94 % ont été orientées vers des soins.

« La mise en œuvre de lignes directrices nationales sur le dépistage du VHC dans le système de santé grâce à une approche à plusieurs volets, y compris l'inclusion d'outils de soutien à la prise de décisions dans le [dossier médical électronique] et la désignation d'un coordonnateur des soins, bien que nécessitant de l'initiative substantielle, a le potentiel d'améliorer rapidement le dépistage de l'hépatite C et de réduire les lacunes à chaque étape de la cascade des soins de l'hépatite C. » (Healio.com, juin 2017, en anglais)

Epclusa est sûr et efficace pour les personnes atteintes d'hépatite C et du VIH

Epclusa a été bien toléré et a donné lieu à des taux de guérison élevés lors d'un essai clinique de phase avancée mené auprès de personnes vivant à la fois avec l'hépatite C et le VIH, ont rapporté des chercheurs dans Clinical Infectious Diseases.

Bien que de nombreuses lignes directrices sur le traitement recommandent que les personnes atteintes d'hépatite C et du VIH reçoivent le même traitement que les personnes infectées seulement par l'hépatite C, il existe encore un besoin de traitements anti-hépatite C ayant peu d'interactions avec les médicaments contre le VIH.

Dans cet essai, 101 participants ont reçu Epclusa pendant 12 semaines. Epclusa est une combinaison de deux médicaments, soit le sofosbuvir et le velpatasvir, associés dans un seul comprimé que l'on prend une fois par jour.

Presque tous (95 %) les participants ont guéri grâce au traitement. Les effets secondaires les plus courants ont été la fatigue (25 %), les maux de tête (13 %), les douleurs articulaires (8 %) et les infections des voies respiratoires supérieures (8 %). Deux participants ont éprouvé des effets indésirables graves, et deux autres ont abandonné le traitement à cause d'effets indésirables.

« Le sofosbuvir-velpatasvir pendant 12 semaines fournit un traitement simple, sûr et hautement efficace pour les patients co-infectés par le VHC et le VIH », ont conclu les chercheurs. (Healio.com, mai 2017, en anglais)

Un programme de vérification des drogues a réduit le nombre de surdoses chez des personnes utilisant des drogues contenant du fentanyl

Au site d'injection sécuritaire Insite de Vancouver, un projet pilote conçu pour vérifier la pureté des drogues a révélé que près de 80 % des échantillons testés contenaient du fentanyl. De plus, les personnes qui apprenaient que leurs drogues étaient contaminées étaient plus susceptibles de réduire les doses de leurs drogues et moins susceptibles de faire une surdose, ont rapporté des chercheurs lors de la 25e Conférence internationale sur la réduction des méfaits (HR17).

Le fentanyl est un opioïde synthétique qui est 50 fois plus puissant que l'héroïne. On accuse cette drogue d'être à l'origine de l'augmentation des décès par surdose signalée depuis quelques années à Vancouver et ailleurs au Canada.

Lors d'une étude précédente lors de laquelle on a effectué des analyses d'urine auprès de plus de 200 participants recrutés dans des sites de réduction des méfaits de Vancouver, on a constaté que le fentanyl était présent chez 29 % des participants, et les trois quarts de ceux-ci ignoraient qu'ils avaient pris du fentanyl.

Dans la présente étude, un total de 1 138 vérifications des drogues ont été effectuées entre juillet 2016 et mars 2017, environ 40 % avant la consommation de drogues et 60 % après la consommation.

Dans l'ensemble, les chercheurs ont trouvé que 79 % de tous les échantillons de drogues contenaient du fentanyl. La contamination était plus fréquente dans les échantillons d'héroïne et de crystal meth (83 % et 82 % respectivement) et moins fréquente dans les échantillons de cocaïne (40 %) et d'autres drogues (48 %).

Seulement 10 % des personnes dont les drogues contenaient du fentanyl ont jeté leurs drogues. Cela n'a rien de surprenant parce que ces clients avaient une dépendance aux opioïdes et seraient tombés malades sans drogues; ils savaient aussi qu'ils seraient plus en sécurité s'ils s'injectaient sous supervision avec de la naloxone à portée de main. Il reste que 64 % de ces personnes ont réduit la dose de leur drogue en apprenant qu'elle contenait du fentanyl.

Ce programme « a réduit les risques de surdose en aidant les clients à identifier les drogues contaminées et à être plus prudents lorsqu'ils s'injectaient », ont conclu les chercheurs. (aidsmap.com, mai 2017, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Vivre avec le virus de l'hépatite C : Revue systématique et synthèse narrative de la littérature qualitative, Canadian Journal of Gastroenterology and Hepatology, avril 2017, en anglais