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Actualités infohépatiteC 8.12  

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 8.12 de CATIE du 27 mai au 9 juin 2017. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C

À la une

Six questions permettent d'identifier les hommes séropositifs ayant besoin de se faire tester pour l'hépatite C aiguë

Selon des chercheurs publiés dans Eurosurveillance, on peut poser six questions pour identifier les hommes gais séropositifs qui courent le risque d'avoir contracté récemment l'hépatite C (infection aiguë) et qui pourraient bénéficier de tests de dépistage additionnels.

Les six questions permettent d'établir une cote de risque fondée sur les comportements autodéclarés suivants :

  • rapport sexuel anal réceptif sans condom au cours des six derniers mois (une réponse affirmative reçoit une cote de 1,1)
  • partage de jouets sexuels au cours des six derniers mois (cote de 1,2)
  • fisting sans gant au cours des six derniers mois (cote de 0,9)
  • usage de drogues injectables au cours des 12 derniers mois (cote de 1,4)
  • partage de pailles pour sniffer de la drogue au cours des 12 derniers mois (cote de 1,0)
  • infection transmissible sexuellement ulcérative, telle la syphilis, au cours des 12 derniers mois (cote de 1,4)

On recommanderait à tout homme recevant une cote cumulative de 2,0 ou plus de se faire tester pour l'hépatite C aiguë.

Cette cote de risque a été déterminée en fonction d'une analyse de données recueillies auprès de 213 participants à l'étude néerlandaise MOSAIC. Il s'agit d'une étude de cohorte par observation pour laquelle on a recruté des hommes gais séropositifs atteints d'hépatite C aiguë, ainsi que des hommes gais séropositifs n'ayant aucun antécédent d'hépatite C servant de groupe témoin.

La cote de risque a été validée par les données de trois autres essais, dont une étude belge (142 hommes), une étude anglaise (190 hommes) et une autre étude néerlandaise (248 hommes).

En utilisant cette cote de risque, on peut identifier les hommes séropositifs ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes qui courent le risque de contracter l'hépatite C aiguë, ont conclu les chercheurs. (aidsmap.com, juin 2017, en anglais)

Une combinaison triple guérit la plupart des personnes dont un traitement antérieur par AAD n'a pas réussi

Presque toutes les personnes atteintes du génotype 1 du virus de l'hépatite C qui avaient été traitées auparavant sans succès par des antiviraux à action directe (AAD) ont guéri sous l'effet d'une combinaison triple expérimentale, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie.

À l'heure actuelle, il existe peu d'options de traitement pour les personnes qui ont déjà suivi un traitement par AAD sans avoir guéri de l'hépatite C.

La combinaison triple incluait les médicaments grazoprévir (inhibiteur de la protéase), uprifosbuvir (inhibiteur de la polymérase NS5B) et ruzasvir (inhibiteur de la NS5A). Les participants ont pris cette combinaison une fois par jour pendant 16 semaines avec de la ribavirine ou encore pendant 24 semaines sans ribavirine.

L'étude a porté sur 94 participants. La plupart étaient des hommes (80 %) et l'âge médian était de 60 ans. Plus de 40 % des participants souffraient de cirrhose. Le virus de l'hépatite C dont la plupart des participants étaient porteurs avait acquis au moins un genre de résistance aux AAD.

Les taux de guérison ont été de 98 % dans le volet 16 semaines et de 100 % dans le volet 24 semaines. La présence de cirrhose et de résistances aux AAD n'a pas eu d'impact sur les taux de guérison.

Les effets secondaires les plus courants ont été la fatigue, les maux de tête, les diarrhées, les éruptions cutanées et les démangeaisons. Ces effets secondaires ont généralement été d'intensité légère à modérée.

La combinaison grazoprévir/ruzasvir/uprifosbuvir avec ou sans ribavirine « a été hautement efficace chez les participants atteints du génotype 1 dont un régime antérieur d'antiviraux à action directe incluant un inhibiteur de la NS5A a échoué », ont conclu les chercheurs. (infohep.org, mai 2017, en anglais)

Une combinaison expérimentale guérit  97 % des personnes porteuses du génotype viral 3

Une combinaison expérimentale de deux médicaments a guéri 97 % des participants ayant le génotype 3 du virus de l'hépatite C, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie.

Historiquement, les personnes atteintes du génotype 3 ont disposé de  beaucoup moins d'options de traitement que les personnes ayant le génotype viral 1.

La combinaison consistait en les médicaments glécaprévir (inhibiteur de la protéase) et pibrentasvir (inhibiteur de la NS5A). Les participants ont pris cette combinaison pendant huit ou 12 semaines. L'étude a aussi inclus un volet de comparaison où les participants ont pris du daclatasvir et du sofosbuvir pendant 12 semaines.

Le traitement de 12 semaines par glécaprévir et pibrentasvir (G/P) s'est révélé non inférieur au traitement de 12 semaines par daclatasvir et sofosbuvir (taux de guérison respectifs de 95 % et 97 %). Le traitement de huit semaines par G/P s'est également montré non inférieur au traitement de 12 semaines par daclatasvir et sofosbuvir; les chercheurs ont toutefois constaté un taux de rebond viral légèrement plus élevé après la fin du traitement.

Les essais cliniques conçus pour établir la non-infériorité cherchent à déterminer si un nouveau traitement est aussi efficace qu'un traitement existant. Pour être qualifié de non inférieur, le nouveau traitement doit agir aussi bien que l'autre, en deçà d'une faible marge de différence établie avant l'essai.

Dans l'ensemble, 97 % des participants recevant le glécaprévir et le pibrentasvir dans les deux volets de l'étude ont guéri.

Les effets secondaires les plus courants ont été les nausées, la fatigue et les maux de tête, mais ils ont tous été légers. (infohep.org, avril 2017, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Facteurs socio-structuraux influençant les périodes de cessation de l'injection parmi les jeunes qui s'injectent des drogues à Vancouver, Canada : une étude ethno-épidémiologique, Harm Reduction Journal, juin 2017, en anglais