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Actualités infohépatiteC 8.11  

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 8.11 de CATIE du 13 mai au 26 mai 2017. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Un nouveau traitement guérit l'hépatite C chez 99 % des personnes atteintes de cirrhose

Un traitement expérimental de l'hépatite C reposant sur 12 semaines d'administration du glécaprévir et de pibrentasvir a guéri 99 % des participants traités, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie.

Le glécaprévir est un inhibiteur de la protéase du VHC, et le pibrentasvir est un inhibiteur de la NS5A. Ils sont combinés en un seul comprimé que l'on prend une fois par jour.

Sur les 146 personnes inscrites à l'étude, la majorité (59,6 %) avait le génotype 1 du virus, 23 % avaient le génotype 2, 11 % avaient le génotype 4, 1,4 % avaient le génotype 5 et 5 % avaient le génotype 6. Le traitement a été testé chez des personnes porteuses du génotype 3 dans le cadre d'une autre étude.

Les trois quarts des participants n'avaient jamais reçu de traitement auparavant. La majorité des participants étaient des hommes (62 %) et de race blanche (82 %) et avaient un âge médian de 60 ans.

Le traitement s'est révélé sûr et bien toléré. Les effets secondaires les plus courants ont été les maux de tête (14 %), la fatigue (19 %) et les démangeaisons (10 %). Dans la plupart des cas, ces effets secondaires étaient légers. (HIVandhepatitis.com, avril 2017, en anglais)

La réinfection par l'hépatite C est peu courante parmi les personnes sous TSO après la guérison par AAD

Seul un faible nombre de personnes qui s'injectent des drogues et qui se sont inscrites à un programme de traitement de substitution aux opioïdes (TSO) ont été réinfectées par l'hépatite C après en avoir guéri grâce à un traitement par Zepatier, ont rapporté des chercheurs lors de la 25e Conférence internationale sur la réduction des méfaits.

Pour un essai de phase avancée sur Zepatier, un médicament contenant les deux antiviraux à action directe (AAD) le grazoprévir et l’elbasvir, on a recruté des personnes qui recevaient un TSO depuis au moins trois mois. Les participants étaient testés régulièrement pour déterminer s'ils consommaient de la drogue mais n'étaient pas disqualifiés pour un tel usage.

L'étude a porté sur 301 participants porteurs du génotype 1, 4 ou 6 du virus de l'hépatite C qui n'avaient jamais été traités auparavant. Plus de la moitié des participants ont utilisé des drogues au cours de l'étude.

Durant la première phase de l'étude, les participants ont reçu  Zepatier pendant 12 semaines, et 91 % d'entre eux ont guéri.

Durant la deuxième phase, les deux tiers des participants (199 personnes) ont accepté d'être suivis pendant trois ans. Ils avaient des rendez-vous à la clinique tous les six mois pour se faire tester pour l'hépatite C. Si le test s'avérait positif, on analysait le matériel génétique du virus pour déterminer s'il s'agissait d'un virus différent de celui de l'infection antérieure.

Les taux de réinfection ont été faibles. Cinq participants ont été réinfectés avant la 12e semaine du suivi, un autre avant la 24e semaine et six autres avant le 6e mois du suivi, pour un total de huit réinfections (4,0 par 100 années-personnes).

La consommation de drogues a suivi plus ou moins la même tendance au cours de la période de suivi de trois ans. À propos de l'utilisation de drogues injectables, 21 % des participants ont dit qu'ils s'étaient injecté au cours du mois précédent, tandis que 25 % s'étaient injecté au cours des six mois précédents.

Selon les chercheurs, « ces résultats soutiennent les efforts des groupes de défense des droits qui réclament l'extension du traitement de l'hépatite C pour les personnes qui s'injectent des drogues ». (hivandhepatitis.com, mai 2017, en anglais)

L'usage d'albumine réduit les complications de la cirrhose décompensée

L'administration à long terme de l'albumine humaine, une protéine qui aide à maintenir l'équilibre des liquides dans le corps, a été associée à moins de complications graves et d'hospitalisations, ainsi qu'à une survie plus longue, chez des personnes souffrant d'insuffisance hépatique décompensée, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie.

La cirrhose décompensée se produit lorsque le foie ne peut plus accomplir ses fonctions à cause de l'accumulation de tissu cicatriciel et du blocage du flux sanguin dans l'organe. Les complications de la décompensation incluent l'ascite (accumulation de fluide dans la cavité abdominale), les hémorragies veineuses dans l'œsophage et l'encéphalopathie hépatique (confusion, trous de mémoire et autres changements dans les fonctions cérébrales).

L'étude a inscrit 440 participants atteints de cirrhose avancée dans 30 centres d'Italie.

Les participants ont été répartis au hasard pour recevoir soit le traitement médical standard (diurétiques), soit le traitement standard plus l'albumine humaine (40 grammes deux fois par semaine pendant deux semaines, puis une fois par semaine par la suite). Le suivi a duré 18 mois.

Les participants qui ont pris de l'albumine avaient un taux de survie plus élevé que les participants qui n'en ont pas pris. Au bout de 18 mois, 78 % des personnes qui avaient reçu de l'albumine étaient encore vivantes, comparativement à 66 % des personnes ayant reçu seulement le traitement standard.

Les personnes qui ont pris de l'albumine étaient également moins susceptibles d'avoir besoin de paracentèse (extraction de fluide de l'abdomen à l'aide d'une aiguille). Après 18 mois, 38 % des participants du volet albumine de l'étude avaient subi une paracentèse au moins une fois, comparativement à 66 % des personnes traitées selon les normes médicales.

Après 18 mois, seulement 25 % des participants du volet albumine souffraient d'ascite, comparativement à 48 % des participants du groupe ayant reçu le traitement standard.

Le nombre d'hospitalisations a également baissé parmi les participants traités par albumine, soit 35 % moins d'hospitalisations et 45 % moins de jours passés à l'hôpital par rapport au volet de traitement standard.

Les personnes du volet albumine étaient également moins sujettes aux autres complications de la cirrhose, comme les infections bactériennes, l'encéphalopathie hépatique, les hémorragies veineuses de l'œsophage et les problèmes rénaux, y compris l'insuffisance rénale. (HIVandhepatitis.com, mai 2017, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Continuum des soins pour le virus de l'hépatite C parmi les patients diagnostiqués dans le contexte d'un service des urgences, Clinical Infectious Diseases, février 2017, en anglais

Éducation et matériel pour les personnes qui fument du crack-cocaïne au Canada : progrès et limites, Harm Reduction Journal, mai 2017