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Actualités infohépatiteC 8.10 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 8.10 de CATIE du 29 avril au 12 mai 2017. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Les nouveaux traitements par AAD ne sont pas liés à un risque accru de cancer du foie, comparativement au traitement par interféron

Les personnes qui sont traitées pour l'hépatite C avec les nouveaux antiviraux à action directe (AAD) ne semblent pas courir de risque accru de cancer du foie comparativement aux personnes traitées par interféron, un médicament anti-hépatite C plus ancien, selon les auteurs d'une revue systématique et méta-analyse présentée lors du Congrès international sur le foie organisé par l'Association européenne pour l'étude du foie (EASL).

Trois études antérieures avaient laissé soupçonner l'existence d'un lien entre les AAD et le cancer du foie.

Cette analyse a porté sur près de 14 000 participants à 41 études sur l'apparition initiale ou la récurrence du cancer du foie (carcinome hépatocellulaire ou CHC).

Les participants traités par AAD différaient de quelques façons importantes des personnes traitées à l'époque de l'interféron. Comparativement à celles-ci, les personnes traitées par AAD étaient en moyenne plus âgées lors de l'apparition d'un premier cancer du foie (60 ans contre 52 ans). De plus, les cas d'insuffisance hépatique avancée étaient plus nombreux chez les personnes traitées par AAD. Tous les participants aux études sur l'apparition initiale du cancer du foie qui ont été traités par interféron avaient un degré de cirrhose plus léger (score de Child-Pugh A), alors que 30 % des personnes traitées par AAD souffraient d'une cirrhose ou d'une décompensation plus grave (Child-Pugh B ou C).

Notons que le cancer du foie est plus susceptible de toucher les personnes âgées et les personnes atteintes de lésions hépatiques avancées.

Après avoir tenu compte de tous ces facteurs, les chercheurs n'ont constaté aucun risque accru de cancer du foie associé aux AAD (risque relatif ajusté de 0,75 pour les AAD contre l'interféron pour l'apparition initiale du CHC et de 0,62 pour la récurrence du CHC). (infohep.org, avril 2017, en anglais)

Le traitement de l'hépatite C permet à une personne sur quatre de quitter la liste d'attente pour une greffe de foie

Environ une personne sur quatre qui avait l'hépatite C et la cirrhose décompensée a été enlevée de la liste d'attente européenne pour une greffe de foie après avoir guéri de l'hépatite C grâce à un traitement par AAD, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie.

La recherche a été entreprise sous forme d'étude de cohorte multicentrique par l'European Liver and Intestine Transplant Association (ELITA), qui compte des cliniques de transplantation du foie en Italie, en Allemagne, en Autriche, en France et en Espagne.

Avant cette étude, il n'était pas clair si la guérison des personnes atteintes de lésions hépatiques graves (décompensation) améliorait considérablement leur santé ou encore si l'amélioration ne suffisait qu'à les disqualifier pour une greffe de foie et à les faire enlever de la liste d'attente, alors qu'elles étaient encore très malades.

L'étude a porté sur 142 personnes figurant sur la liste d'attente qui avaient l'hépatite C et la cirrhose décompensée et qui avaient suivi un traitement par antiviraux à action directe entre février 2014 et juin 2015. Les participants avaient reçu un traitement par sofosbuvir et ribavirine, sofosbuvir et daclatasvir ou Harvoni.

Un peu moins du quart des personnes (34) ont été enlevées de la liste d'attente. Ces participants ont été suivis pour une période médiane de 58 semaines.

Une minorité de participants ont connu des résultats défavorables, y compris deux personnes dont l'état s'est amélioré initialement mais qui s'est aggravé ensuite (décompensation), une personne qui a subi une greffe de foie, une personne qui a dû être traitée pour une accumulation de liquide abdominal (ascite, un symptôme de décompensation) et une personne qui est morte d'un cancer du foie.

La plupart des personnes qui ont été enlevées de la liste d'attente pour une greffe de foie ont connu des améliorations considérables de leurs résultats liés au foie. Les scores MELD, qui sont utilisés pour évaluer la gravité des lésions hépatiques – plus le chiffre est élevé, plus les dommages sont graves –, ont baissé d'une médiane de 14 au début jusqu'à neuf. Le pourcentage de personnes souffrant d'ascite a baissé de 81,6 % au début jusqu'à 23,7 % lors de la dernière consultation de suivi. Le taux d'encéphalopathie hépatique, un symptôme de décompensation affectant la fonction cérébrale, a également diminué (de 29 % à 2,9 %). (infohep.org, avril 2017, en anglais)

Taux de guérison élevé grâce à Harvoni chez les personnes atteintes des hépatites B et C

Tous les participants à un essai clinique sur Harvoni chez les personnes co-infectées par l'hépatite B (VHB) et l'hépatite C (VHC) ont guéri, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie.

Cette étude marque la première fois qu'une combinaison d'antiviraux à action directe (AAD) a été éprouvée chez des personnes co-infectées par l'hépatite B et l'hépatite C.

Tous les 111 participants à cette étude menée à Taïwan ont guéri de l'hépatite C grâce à un traitement de 12 semaines par Harvoni. Harvoni est une combinaison de deux AAD, soit le sofosbuvir et le lédipasvir. Les participants avaient le génotype 1, 2 ou 3 du VHC.

Plus de la moitié des participants ont éprouvé des effets secondaires mais ils étaient principalement d'intensité légère. Les plus courants ont été la fatigue, les infections du tractus respiratoire supérieur et les maux de tête.

La réactivation de l'ADN de l'hépatite B a eu lieu chez la majorité des participants soit 63 %, mais dans la plupart des cas ceci n’était pas significatif d’un point de vue clinique. Deux participants chez qui la réactivation de l’ADN VHB a eu lieu ont commencé le traitement contre le VHB selon les lignes directrices de Taïwan.

La réactivation de l'ADN VHB a été associée à un taux d'ADN VHB de base élevé et à la présence dans le sang d'une grande quantité d'un marqueur indiquant des problèmes de foie (ALT). (Healio.com, mai 2017, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Les programmes de seringues et d’aiguilles pour la prévention du virus de l’hépatite C chez les personnes qui s’injectent des drogues; une étude systématique avec méta-analyse, Harm Reduction Journal, mai 2017, en anglais