HepCInfo Updates

Actualités infohépatiteC 8.9  

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 8.9 de CATIE du 15 avril au 28 avril 2017. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Les premières lignes directrices canadiennes sur le dépistage de l'hépatite C déconseillent le dépistage à l'échelle de la population

Le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP) a récemment publié les premières recommandations de ce pays sur le dépistage de l'hépatite C. Les lignes directrices, qui s'appliquent à la population générale adulte, ne recommandent pas le dépistage à l'échelle de la population pour les adultes plus âgés; elles recommandent plutôt que l'on continue à tester les personnes courant un risque élevé d'infection, comme les personnes ayant des antécédents d'utilisation de drogues injectables.

Dans une entrevue pour le Globe & Mail, le Dr Roland Grad, qui a dirigé le groupe d'étude responsable des lignes directrices, a affirmé que la décision de ne pas inclure de recommandation sur le dépistage de cette cohorte de naissance a été prise pour deux raisons :

  • le manque de données probantes de haute qualité à l'appui du dépistage par cohorte de naissance
  • la perspective que le dépistage provoquerait une grande demande coûteuse pour le traitement

La Fondation canadienne du foie (FCF) et plusieurs experts canadiens en hépatologie ont critiqué les recommandations. La FCF encourage les personnes nées entre 1945 et 1975 à se faire tester pour l'hépatite C. Les Centres for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis ont formulé une recommandation semblable.

Le GECSSP a affirmé qu'il envisagerait peut-être de modifier ses recommandations si d'autres provinces et territoires acceptaient d'élargir l'accès aux médicaments anti-hépatite C. (canadiantaskforce.ca, avril 2017, en anglais)

La Nouvelle-Écosse élargit l'accès aux médicaments anti-hépatite C

Le 1er mai 2017, la Nouvelle-Écosse a élargi l'accès à six médicaments contre l'hépatite C. Les nouveaux agents anti-hépatite C qui figurent sur la liste de médicaments assurés de la province sont l'asunaprévir, le daclatasvir, Epclusa et Zepatier. De plus, la couverture sera élargie pour Harvoni et le sofosbuvir. En revanche, Holkira Pak ne sera plus couvert par la liste de médicaments assurés, sauf pour les personnes qui ont commencé à le prendre avant le 1er mai 2017.

En février 2017, l’Alliance pancanadienne pharmaceutique (APP), l’organisme qui représente les provinces et territoires dans les négociations sur le prix des médicaments, a conclu une entente avec plusieurs compagnies pharmaceutiques afin de faire réduire le prix de six médicaments anti-hépatite C.

Après que l’APP négocie une entente, chaque province ou territoire décide ensuite comment il veut modifier sa liste de médicaments assurés en conséquence.

Jusqu'à présent, la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, l'Ontario et le Québec ont apporté des modifications semblables à leurs listes de médicaments assurés afin d'élargir l'accès aux traitements de l'hépatite C. (novascotia.ca, mai 2017)

Les couples hétérosexuels qui s'injectent des drogues ensemble tentent de prévenir les méfaits de s'injecter par la négociation de la sûreté

Selon une étude récente, les couples hétérosexuels qui utilisaient des drogues ensemble essayaient de ne pas partager leur matériel, mais quand ils le faisaient, ils adoptaient des stratégies pour minimiser le risque de transmission de l'hépatite C, ont rapporté des chercheurs dans les revues Health et Social Science & Medicine.

Tous les participants ont été recrutés dans des services pour utilisateurs de drogues de deux villes d'Australie. Les participants incluaient 34 couples et 12 personnes seules.

Vingt-neuf couples ont avoué qu'ils partageaient parfois leur matériel d'injection au sein de leur couple.

Les participants ont décrit leur relation comme un refuge contre le monde extérieur. En parlant de consommer des drogues avec leur partenaire, plusieurs participants ont souligné les notions de confiance, d'honnêteté, de sûreté et de sécurité. Presque tous les participants ont décrit des codes de conduite qu'ils avaient négociés avec leur partenaire au sujet de l'utilisation de drogues avec d'autres personnes. Le respect de ces règles était essentiel pour maintenir la confiance et l'intimité dans la relation.

Presque tous les participants ont affirmé que, même s'ils avaient partagé des aiguilles avec leur partenaire, ils ne le feraient pas avec d'autres personnes. De cette manière, de nombreux participants essayaient de réduire le risque de transmettre des virus, en se fondant sur leur connaissance mutuelle du statut hépatite C de l'autre.

« De temps en temps, quand on est pris à court et qu'on a une seule aiguille pour nous deux… [Il] s'assure que je m'en sers... puis il la rince et s'en sert après… parce qu'il a [l'hépatite C] et moi non… Et il veut qu'on reste comme ça. »

Les chercheurs ont décrit ces stratégies comme la négociation de la sûreté. « En échouant à reconnaître les enjeux particuliers auxquels les couples qui s'injectent des drogues font face, et en faisant peu de cas de leur couple, on manque des occasions de comprendre la prise de décisions concernant l'usage de drogues injectables et la prévention de l'hépatite C », ont affirmé les chercheurs. Ces derniers ont évoqué la possibilité de créer des programmes orientés sur les couples pour la désintoxication, le traitement de substitution aux opioïdes et le traitement de l'hépatite C. (infohep.org, avril 2017, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Recommandations sur le dépistage de l'hépatite C chez les adultes, Canadian Medical Association Journal, avril 2017, en anglais

Risque de complications liées à la cirrhose chez les patients atteints de fibrose avancée à la suite de l'éradication du virus de l'hépatite C, Journal of Hepatology, mars 2017, en anglais