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Actualités infohépatiteC 8.3 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 8.3 de CATIE du 21 janvier 2017 au 3 février 2017. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Le counseling et le traitement de substitution aux opiacés sont associés à un moindre risque de réinfection par l’hépatite C

Le counseling en matière de santé mentale et le traitement de substitution aux opiacés (TSO) ont été associés à une réduction du risque de réinfection par l’hépatite C chez des personnes qui s’injectaient des drogues, ont rapporté des chercheurs dans The Lancet Gastroenterology and Hepatology.

Les chercheurs ont analysé les données de la British Columbia Hepatitis Testers Cohort. Cette cohorte inclut toutes les personnes qui ont été testées pour l’hépatite C ou le VIH au Laboratoire de santé publique du Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique entre 1990 et 2013. Aux fins de cette étude, les chercheurs ont utilisé des données recueillies auprès de 5 915 personnes qui avaient guéri de l’hépatite C, que ce soit spontanément ou sous l’effet d’un traitement. La durée médiane du suivi a été de cinq ans et demi environ.

Dans ce groupe, 8 % (462 personnes) des personnes ont été réinfectées par l’hépatite C. Parmi les 1 604 participants qui s’injectaient encore des drogues, ceux qui recevaient un TSO ont vu leur risque de réinfection diminuer de 27 %, et ceux qui recevaient un counseling en matière de santé mentale ont vu leur risque baisser de 29 %.

Selon les chercheurs, « ces résultats viennent appuyer des politiques qui encouragent le suivi des personnes qui s’injectent des drogues, ainsi que la prestation de services de réduction des méfaits pour minimiser la transmission de l’hépatite C et la réinfection ». (bccdc.ca, janvier 2017, en anglais)

La guérison de l’hépatite C réduit le risque de diabète chez les personnes co-infectées par l’hépatite C et le VIH

La guérison de l’hépatite C réduit considérablement le risque de diabète chez les personnes atteintes à la fois d’hépatite C et du VIH, ont rapporté des chercheurs dans Hepatology.

On a déjà montré que la guérison de l’hépatite C réduisait le risque de diabète, de maladies rénales, d’insuffisance rénale et de maladies cardiaques chez les personnes ayant seulement l’hépatite C, mais il n’était pas clair si la guérison de l’hépatite C chez les personnes co-infectées faisait diminuer ces risques.

Cette étude a porté sur 1 625 personnes atteintes d’hépatite C et du VIH qui étaient suivies dans 19 cliniques d’Espagne. Les participants avaient pris de l’interféron et de la ribavirine entre 2000 et 2008. Le VIH était bien contrôlé chez tous les participants. Trente-huit pour cent des participants ont guéri sous l’effet de leur premier traitement, et 2,5 % ont guéri à la suite d’un deuxième traitement (retraitement). Après la fin du traitement, les participants ont été suivis pendant une période médiane de 5,4 ans.

Le diabète de type 2 s’est déclaré plus souvent chez les personnes qui n’avaient pas guéri de l’hépatite C (7,5 %) que chez les personnes guéries (3,7 %). Les résultats n’ont pas révélé d’amélioration définitive des problèmes rénaux. Ils ont également révélé un taux plus élevé de maladies cardiaques chez les personnes guéries de l’hépatite C.

Les participants qui ont guéri de l’hépatite C couraient des risques réduits de mortalité, de mortalité liée au foie et d’événements liés au sida que les personnes qui n’ont pas guéri.

Selon les chercheurs, leurs résultats confirment la pertinence d’offrir un traitement à toute personne ayant la co-infection au VIH et à l’hépatite C qui souffre d’insulinorésistance ou de diabète de type 2, peu importe le stade de fibrose. (aidsmap.com, février 2017, en anglais)

Les jeunes qui consomment des drogues et qui ne peuvent avoir accès à un traitement pour la toxicomanie sont deux fois plus susceptibles de commencer à s’injecter

Lors d’une étude, les jeunes qui utilisaient des drogues mais qui ne s’en étaient jamais injecté ont été deux fois plus susceptibles de commencer à s’injecter après avoir été incapables de recevoir un traitement pour la toxicomanie, ont rapporté des chercheurs de la Colombie-Britannique dans Substance Abuse Treatment, Prevention and Policy.

L’Étude sur les jeunes à risque (At Risk Youth Study) a porté sur 462 jeunes de la rue (14 à 26 ans) vivant à Vancouver. Chaque participant avait consommé de la drogue au cours des 30 jours précédents. Pour être inclus dans l’étude, il fallait que les jeunes ne se soient jamais injecté de drogue avant le début de l’étude, et ils devaient revenir pour au moins une visite de suivi entre septembre 2005 et mai 2014.

Durant la période de l’étude :

  • 28 % des jeunes ont essayé d’avoir accès à un traitement pour la toxicomanie mais n’ont pas réussi à se faire traiter
  • 21 % des jeunes se sont injecté de la drogue pour la première fois

Les participants ont essayé d’avoir accès à un traitement pour la toxicomanie dans des services de désintoxication (41 %), des centres de traitement (35 %), des maisons de rétablissement (10 %) et auprès de conseillers (4 %).

Les jeunes n’ont pas réussi à avoir accès au traitement pour les raisons suivantes :

  • listes d’attente (66 %)
  • barrières logistiques, y compris l’emplacement des centres, les heures de service et la documentation requise (18 %)
  • problèmes de comportement (6 %)
  • raison non spécifiée (9 %)

Les résultats de cette étude portent à croire que l’accès à un traitement pour la toxicomanie pourrait empêcher les jeunes utilisateurs de drogues non injectables de commencer à s’injecter de la drogue. La réduction des barrières au traitement de la toxicomanie chez les jeunes pourrait prévenir leur passage à l’injection et aider à réduire les méfaits liés aux drogues, tels que les nouvelles infections par l’hépatite C et le VIH. (catie.ca, janvier 2017)

Branchez-vous au monde scientifique

Effet à long terme d’une réponse virologique soutenue sur le carcinome hépatocellulaire chez les patients atteints d’hépatite C au Canada, Journal of Hepatology, 2016, en anglais