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ActualitésinfohépatiteC 7.22 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 7.22 de CATIE du 12 novembre au 25 novembre 2016. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Un traitement de huit semaines par trois médicaments a guéri la plupart des participants, mais le taux de guérison a été plus faible qu’avec Epclusa pendant 12 semaines

Lors d’une étude, la prise de la combinaison des trois médicaments sofosbuvir, velpatasvir et voxilaprévir pendant huit semaines a guéri 95 % des participants atteints des génotypes 1 à 6, mais n’a pas égalé le taux de guérison d’Epclusa pendant 12 semaines lors d’une étude en face à face, ont rapporté des chercheurs lors de l’assemblée 2016 de l’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD).

L’étude a porté sur 941 participants d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

Les participants appartenaient à deux catégories : ceux qui n’avaient jamais été traités auparavant (75 %) et ceux qui avaient reçu un traitement fondé sur l’interféron (25 %). Environ 19 % des participants avaient la cirrhose, mais les personnes ayant le génotype 3 et la cirrhose ont été inscrites à une étude différente.

Les participants atteints des génotypes 1 à 4 ont reçu soit la triple combinaison pendant huit semaines, soit Epclusa pendant 12 semaines. Tous les participants atteints des génotypes 5 et 6 du virus ont reçu la triple combinaison. Epclusa est approuvé au Canada.

Dans l’ensemble, le taux de guérison a été de 95 % pour tous les génotypes grâce à la triple combinaison pendant huit semaines, comparativement à 98 % pour la double combinaison pendant 12 semaines. Le taux de guérison plus faible obtenu avec la triple combinaison était principalement attribuable à 14 rechutes survenues parmi les personnes atteintes du génotype 1a du virus.

De plus, les participants souffrant de cirrhose ont connu un taux de guérison plus faible sous l’effet de la triple combinaison pendant huit semaines (91 %), comparativement à la double combinaison pendant 12 semaines (98 %).

La comparaison des deux combinaisons a révélé un taux de rechute plus élevé pour les infections au génotype 1a; on n’avait pas remarqué ce phénomène lors des essais cliniques de phase moyenne. Selon les chercheurs, « cela démontre la valeur des grands essais contrôlés pour comparer les régimes hautement efficaces ». (HIVandhepatitis.com, novembre 2016, en anglais)

Harvoni est efficace chez les personnes atteintes du VIH et de l’hépatite C dans les études du monde réel

Lors d’études du monde réel sur Harvoni menées auprès de personnes co-infectées par le VIH et l’hépatite C, ce traitement a donné lieu à des taux de guérison semblables à ceux des essais cliniques, ont rapporté des chercheurs lors de l’assemblée 2016 de l’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD).

Grâce aux traitements fondés sur les nouveaux antiviraux à action directe (AAD), les taux de guérison chez les personnes co-infectées par l’hépatite C et le VIH sont semblables à ceux obtenus auprès des personnes atteintes seulement d’hépatite C. Cependant, les taux de guérison obtenus dans la pratique clinique de la vraie vie n’égalent pas toujours ceux des essais cliniques.

L’analyse en question a comparé les résultats de trois essais cliniques (l’essai ION-4 de Gilead Sciences, l’essai ERADICATE du National Institute of Health et l’essai français ANRS HC31 SOFTRIH) à quatre études du monde réel (la cohorte TRIO, la cohorte ASCENT de l’Institute of Human Virology, une cohorte du Portugal et une cohorte des Veterans Affairs (VA) des États-Unis).

Tous les participants avaient le génotype 1 du virus de l’hépatite C, et leur infection au VIH était bien maîtrisée. La majorité se composait d’hommes, et la plupart d’entre eux n’avaient pas la cirrhose.

Les participants aux essais cliniques ont reçu Harvoni avec ou sans ribavirine pendant 12 semaines, alors que les participants aux études du monde réel ont reçu Harvoni pendant huit, 12 ou 24 semaines.

Dans l’ensemble, les taux de guérison ont été de 97 % dans les essais cliniques et de 94 % dans les études du monde réel.

Ces résultats révèlent que les patients atteints de la co-infection VIH/hépatite C qui ont le génotype 1 du VHC peuvent connaître des bienfaits comparables dans la pratique clinique du monde réel et les essais cliniques. (HIVandhepatitis.com, novembre 2016, en anglais)

La notification par courrier fait doubler le taux de dépistage du cancer du foie chez les personnes atteintes de cirrhose

Les stratégies de notification par courrier se sont révélées efficaces pour augmenter le taux de dépistage du cancer du foie chez les personnes atteintes de cirrhose, ont rapporté des chercheurs dans Gastroenterology.

Les personnes souffrant de cirrhose sont plus à risque de développer un cancer du foie même si elles ont guéri de l’hépatite C. Il est donc nécessaire qu’elles passent régulièrement des dépistages du cancer du foie par échographie.

Dans un hôpital de Dallas, au Texas, on a réparti au hasard les patients atteints d’une cirrhose prouvée ou soupçonnée pour recevoir l’une des trois interventions suivantes :

  1. Invitation par courrier à passer un dépistage par échographie (600 personnes)
  2. Invitation par courrier à passer un dépistage par échographie et à recevoir du soutien à la navigation du système de santé (600 personnes)
  3. Soins habituels : dépistage lors d’un rendez-vous de routine (600 personnes)

En ce qui concerne la navigation du système de santé, les patients recevaient des coups de fil du personnel de recherche pour explorer les obstacles au dépistage et de l’éducation motivationnelle pour les encourager à se faire dépister.

Les participants qui n’ont pas répondu à l’invitation ont reçu jusqu’à trois coups de fil en guise de rappel.

Le taux de dépistage par échographie a été plus élevé chez les personnes qui ont reçu la première ou la deuxième intervention ci-dessus (47 % et 44,5 % respectivement), comparativement aux personnes qui ont reçu les soins habituels (24 %). Aucune différence statistique n’a été trouvée entre la première et la deuxième intervention.

Même si les stratégies de notification par courrier ont été efficaces, le taux de dépistage du cancer du foie est demeuré inférieur à 50 %. Selon les chercheurs, « cela souligne la nécessité d’interventions plus intensives ». (Healio.com, novembre 2016, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

L’usage de l’élastométrie impulsionnelle chez les patients atteints de la co-infection VIH–VHC : Une revue systématique et méta-analyse, Journal of Gastroenterology and Hepatology, octobre 2016, en anglais