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ActualitésinfohépatiteC 7.21  

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 7.21 de CATIE du 31 octobre au 11 novembre 2016. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Un nouveau traitement donne lieu à des taux de guérison élevés du génotype 3 du virus de l’hépatite C

Lors d’un essai clinique de phase avancée, la plupart des participants atteints du génotype 3 ont guéri grâce aux nouveaux médicaments anti-hépatite C glécaprévir et pibrentasvir, ont rapporté des chercheurs lors de l’assemblée 2016 de l’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD).

Les personnes atteintes du génotype 3 du virus sont plus à risque de subir des lésions hépatiques avancées et de développer un cancer du foie que les personnes infectées par d’autres génotypes viraux.

Le glécaprévir est un inhibiteur de la protéase et le pibrentasvir est un inhibiteur de la NS5A. Ils sont combinés en un seul comprimé que l’on prend une fois par jour. Cette combinaison n’est pas utilisée en association avec la ribavirine.

Les participants ont pris le glécaprévir et le pibrentasvir pendant une période de 12 ou 16 semaines.

Les participants ont été répartis en quatre volets de traitement :

  1. Les personnes traitées antérieurement (personnes déjà traitées) et sans cirrhose qui ont suivi le traitement pendant 12 semaines.
  2. Les personnes déjà traitées sans cirrhose qui ont suivi le traitement pendant 16 semaines.
  3. Les personnes jamais traitées auparavant et atteintes de cirrhose qui ont suivi le traitement pendant 12 semaines.
  4. Les personnes déjà traitées et atteintes de cirrhose qui ont suivi le traitement pendant 16 semaines.

Chez les participants déjà traités sans cirrhose, le traitement de 16 semaines a été plus efficace que celui de 12 semaines, avec des taux de guérison de 96 % et de 91 %, respectivement. Dans les volets de traitement 3 et 4 où se trouvaient les personnes atteintes de cirrhose, le groupe qui n’avait jamais été traité antérieurement a connu un taux de guérison de 98 %, comparativement à 96 % chez le groupe de personnes déjà traitées dans le passé.

Selon les chercheurs, « le glécaprévir et le pibrentasvir se sont avérés très efficaces et bien tolérés chez des populations de patients qui sont peut-être les plus difficiles à traiter, soit les personnes déjà traitées et les personnes atteintes de cirrhose infectées par le génotype 3 qui, jusqu’à maintenant, avaient des options très limitées en ce qui concerne la guérison de l’hépatite C ».

Ce traitement a été également testé chez des personnes atteintes du génotype 1, 2, 4, 5 ou 6 du virus, et les taux de guérison ont été élevés.

(aidsmap.com, novembre 2016, en anglais)

Une étude britanno-colombienne trouve que le risque de cancer du foie diminue chez les personnes traitées pour l’hépatite C qui en guérissent

Lors d’une étude de grande envergure qui incluait toutes les personnes traitées pour l’hépatite C en Colombie-Britannique, le risque de cancer du foie a été réduit de 80 % chez les personnes qui ont guéri de l’infection (par rapport aux personnes non guéries par le traitement), ont rapporté des chercheurs lors de l’assemblée 2016 de l’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD).

L’étude a porté sur 8 147 personnes qui ont reçu un traitement à base d’interféron entre 1990 et 2013. De ce nombre, 57 % ont guéri. Tous les participants ont été suivis pendant une période médiane de 5,6 ans.

Comparativement aux participants sans cirrhose qui ont guéri grâce au traitement :

  • Les personnes atteintes de cirrhose que le traitement n’a pas guéries de l’hépatite C étaient 19 fois plus susceptibles d’avoir un cancer du foie.
  • Les personnes sans cirrhose que le traitement n’a pas guéries de l’hépatite C étaient 6,5 fois plus susceptibles d’avoir un cancer du foie.
  • Les personnes atteintes de cirrhose que le traitement a guéries de l’hépatite C étaient six fois plus susceptibles d’avoir un cancer du foie.

La présence de cancer a été associée à plusieurs facteurs, dont la cirrhose, l’âge supérieur à 50 ans, la présence du génotype 3 plutôt que le génotype 1, la consommation d’alcool et le sexe masculin. Parmi les personnes guéries, seuls l’âge supérieur à 50 ans et le sexe masculin ont été associés au cancer du foie.

Selon les chercheurs, bien que la guérison de l’hépatite C réduise considérablement le risque de cancer du foie, elle ne peut éliminer complètement le risque, ce qui souligne l’importance du diagnostic et du traitement précoces. (HIVandhepatitis.com, novembre 2016, en anglais)

L’insuffisance hépatique en phase terminale n’est pas réduite chez les personnes co-infectées par l’hépatite C et le VIH malgré l’amélioration des traitements contre le VIH

Malgré les améliorations réalisées dans les soins et le traitement du VIH, l’incidence de l’insuffisance hépatique en phase terminale (IHPT) n’a pas changé entre 1996 et 2010 parmi les personnes atteintes d’hépatite C et du VIH, ont rapporté des chercheurs dans Clinical Infectious Diseases

Même si le traitement du VIH a amélioré l’espérance de vie et la santé des personnes vivant avec ce virus, il n’est pas clair si ces améliorations ont entraîné une baisse de l’IHPT chez les personnes atteintes à la fois d’hépatite C et du VIH.

Utilisant les données de la North American AIDS Cohort Collaboration on Research and Design (NA-ACCORD), les chercheurs, dont plusieurs Canadiens, ont comparé l’incidence de l’IHPT pendant trois périodes différentes de l’évolution du traitement du VIH : la période précoce (1996 à 2000), la période moyenne (2001 à 2005) et la période moderne (2006 à 2010). Les chercheurs ont évalué l’incidence de l’IHPT en fonction du statut des participants par rapport à la co-infection à l’hépatite.

Les données portaient sur un total de 34 119 personnes, dont 19 % ayant la co-infection à l’hépatite C, 5 % ayant la co-infection à l’hépatite B et 2 % ayant la triple infection (VIH, hépatite C et hépatite B).

Durant cette même période, il s’est produit 380 événements en lien avec l’IHPT. L’incidence la plus élevée de l’IHPT a été observée chez les personnes ayant la triple infection (11,57 par 1 000 années-personnes), suivies de celles atteintes de la co-infection VIH/hépatite B (9,72 par 1 000 années-personnes), puis de celles aux prises avec la co-infection VIH/hépatite C (6,10 par 1 000 années-personnes) et finalement de celles ayant la mono-infection au VIH (1,27 par 1 000 années-personnes). Comme la proportion de personnes souffrant d’IHPT n’a pas varié selon la période à l’étude, les chercheurs ont conclu que l’amélioration du traitement du VIH n’avait pas réduit l’incidence de l’IHPT.

Selon les chercheurs, « L’incidence élevée persistante de l’IHPT, malgré [le traitement du VIH] moderne, souligne le besoin urgent de contrer spécifiquement les infections à l’hépatite C et à l’hépatite B chez les adultes atteints du VIH. Il faut prioriser l’amélioration de la détection, de la stadification, du suivi et du traitement des personnes co-infectées ». (HIVandhepatitis.com, octobre 2016, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Survol de la réduction des méfaits dans les prisons de sept pays européens, Harm Reduction Journal, octobre 2016, en anglais