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Actualitésinfohépatite C 7.20 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 7.20 de CATIE du 15 octobre au 30 octobre 2016. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Un traitement aux AAD guidé par la réponse pourrait guérir l’hépatite C en trois semaines

Lors d’un petit essai clinique de phase moyenne mené auprès de personnes atteintes du génotype 1b du virus de l’hépatite C (VHC), la majorité des participants ont guéri grâce à une triple combinaison d’antiviraux à action directe (AAD), ont rapporté des chercheurs dans The Lancet Gastroenterology and Hepatology.

Cet essai mené à Hong Kong a porté sur 26 participants qui n’avaient subi aucune lésion hépatique ou que des lésions minimes.

Les participants ont été traités par une combinaison de trois AAD figurant dans la liste suivante :

Les participants qui ont connu une réponse ultrarapide, définie comme une réduction de l’ARN VHC jusqu’à moins de 500 UI/ml dès le deuxième jour du traitement, ont cessé de prendre le traitement après trois semaines. Chez les participants qui n’ont pas eu de réponse ultrarapide après deux jours, on a remplacé le traitement par Harvoni (sofosbuvir et lédipasvir) pour une durée de huit à 12 semaines.

Soixante-neuf pour cent (69 %) des participants ont connu une réponse ultrarapide dès le deuxième jour du traitement. Tous ces participants ont suivi le traitement pendant trois semaines et ont guéri. Notons que les personnes qui ont eu une réponse ultrarapide avaient en moyenne une charge virale moins élevée au début du traitement.

En général, le traitement s’est révélé sûr et bien toléré, les effets secondaires les plus courants étant la fatigue et les maux de tête.

Ces résultats portent à croire qu’un traitement écourté de trois semaines pourrait être adéquat chez certaines personnes faciles à traiter. Les chercheurs recommandent la tenue d’autres essais cliniques auprès de groupes plus nombreux. (HIVandhepatitis.com, octobre 2016, en anglais)

Les médicaments anti-hépatite C génériques achetés en ligne donnent lieu à des taux de guérison élevés

Les versions génériques d’antiviraux à action directe achetées en ligne ont donné lieu à des taux de guérison élevés chez des personnes atteintes d’hépatite C qui avaient obtenu les médicaments auprès de trois clubs d’achat, ont rapporté des chercheurs à l’occasion du Congrès international sur le traitement médicamenteux de l’infection au VIH (International Congress on Drug Therapy in HIV Infection).

Certaines personnes choisissent d’acheter des médicaments anti-hépatite C génériques fabriqués dans d’autres pays lorsqu’ils sont incapables de s’en procurer dans leur propre pays. D’ordinaire, ces médicaments sont produits en Inde ou au Bangladesh et sont offerts à coût réduit.  Dans certains pays, il est illégal d’importer des médicaments pour un usage personnel en les achetant en ligne ou en voyageant aux pays producteurs afin de les ramener chez soi.

L’étude a porté sur 438 personnes qui avaient acheté des médicaments anti-hépatite C auprès du club d’achat FixHepC. Pendant l’étude, on a analysé les médicaments pour vérifier qu’ils contenaient les ingrédients actifs, et les participants ont fait l’objet d’un suivi.

Les participants ont pris l’un des trois traitements suivants : sofosbuvir et ribavirine; sofosbuvir et daclatasvir; ou sofosbuvir et lédipasvir.  

La majorité des participants n’avaient subi aucune lésion hépatique ou que des lésions modérées (59 %); 11 % d’entre eux avaient des lésions hépatiques avancées, et 27 % avaient des lésions hépatiques graves (cirrhose).

Dans l’ensemble, 90 % des personnes qui ont acheté des médicaments auprès du club d’achat FixHepC et qui ont fait l’objet d’un suivi post-traitement de 12 semaines ont guéri. Les participants atteints du génotype 3 du virus avaient moins de chances de guérir sous l’effet du traitement (taux de guérison de 80 %).

Les chercheurs ont également examiné les résultats de traitements obtenus auprès de clubs d’achat en Asie du Sud-Est, en Russie et en Europe de l’Est. Ils ont constaté des taux de guérison allant de 81 % à 100 %.

Les chercheurs recommandent la continuation du suivi de ces participants afin de pouvoir produire des estimations plus solides des taux de guérison obtenus grâce aux traitements et pour détecter toute différence entre les génotypes viraux. (HIVandhepatitis.com, octobre 2016, en anglais)

Le taux de réinfection par l’hépatite C est élevé parmi les hommes gais et bisexuels européens atteints du VIH

Lors d’une grande étude rétrospective européenne menée auprès d’hommes gais et bisexuels vivant avec le VIH, on a constaté un taux de réinfection annuel par l’hépatite C d’un peu plus de 7 %, ont rapporté des chercheurs dans le Journal of Hepatology.

Les participants étaient suivis dans huit centres cliniques faisant partie du Réseau européen du traitement du sida (European AIDS Treatment Network ou NEAT). Les données ont été recueillies entre 2002 et 2014.  

Sur 606 participants qui avaient guéri antérieurement de l’hépatite C, que ce soit spontanément ou grâce à un traitement, 149 (24,6 %) ont subséquemment été réinfectés par l’hépatite C.

Sur ces 149 participants, 30 sur les 70 (43 %) qui ont de nouveau guéri spontanément ou grâce à un traitement ont connu une deuxième réinfection. On a constaté une troisième réinfection chez cinq de ces personnes, et une quatrième réinfection chez une personne. 

La période médiane précédant la réinfection a été de deux ans.

Les chercheurs recommandent que « les hommes séropositifs qui ont des relations sexuelles avec des hommes et qui ont déjà eu l’hépatite C soient testés tous les trois à six mois pour détecter une éventuelle réinfection, [et] que ceux qui ont déjà vécu une réinfection [soient testés] tous les trois mois. » (Healio.com, octobre 2016, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Facilitateurs de l’observance du traitement du VHC parmi les personnes qui s’injectent des drogues : revue qualitative systématique et implications pour l’usage accru des antiviraux à action directe, BMC Public Health, septembre 2016, en anglais

Les intervenants en réduction des méfaits et le défi d’impliquer les couples qui s’injectent des drogues dans la prévention de l’hépatite C, Drug and Alcohol Dependence, 2016, en anglais