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Actualitésinfohépatite C 7.19 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 7.19 de CATIE du 1er octobre au 14 octobre 2016. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

L’accès aux AAD est limité dans la majorité des provinces et territoires canadiens

La plupart des provinces et territoires du Canada (85 % à 92 %) limitent la couverture des antiviraux à action directe aux personnes présentant des lésions hépatiques modérées (F2) ou plus graves, ont rapporté des chercheurs dans le CMAJ Open.

Les critères se rapportant au remboursement des quatre antiviraux à action directe (AAD) ou combinaisons (siméprévir, sofosbuvir, Harvoni et Holkira Pak) dans les 10 provinces et les trois territoires canadiens ont été passés en revue entre avril et juin 2016.

Les chercheurs ont examiné les éléments suivants :

  • stade de fibrose minimal exigé
  • restrictions relatives à la consommation de drogues et d’alcool
  • restrictions relatives à la co-infection au VIH
  • restrictions relatives aux prescripteurs

L’Île-du-Prince-Édouard est la seule province qui ne limite pas l’accès au remboursement des AAD (pour Holkira Pak seulement) en fonction du stade de fibrose. Le Québec suit une approche par paliers en vertu de laquelle les personnes présentant le plus de lésions hépatiques sont traitées en premier, suivies graduellement des personnes atteintes de lésions hépatiques plus légères.

Aucun des territoires ou provinces n’impose de restrictions concernant la consommation de drogues ou d’alcool; le choix de traiter ou non les personnes qui s’injectent des drogues est laissé aux médecins.

Aucune restriction n’est imposée en ce qui concerne le traitement de l’hépatite C chez les personnes co-infectées par le VIH dans l’ensemble des provinces et territoires, à l’exception du Québec, qui ne rembourse pas le siméprévir ou le sofosbuvir pour ce groupe.

Dans jusqu’à 42 % (cinq sur 13) des provinces et territoires, il faut que le traitement soit recommandé par un spécialiste afin que les patients soient admissibles au remboursement.

Selon l’un des chercheurs, « Le traitement est efficace, sécuritaire et économiquement rentable. On devrait traiter toutes les personnes infectées par l’hépatite C ». (crchum.chumontreal.qc.ca, octobre 2016, en français)

Holkira Pak pendant huit semaines guérit presque toutes les personnes atteintes du génotype 1b du virus

Lors d’un essai clinique de phase avancée, la prise d’Holkira Pak sans ribavirine pendant huit semaines a guéri 98 % des participants, ont rapporté des chercheurs lors de la conférence spéciale de l’Association européenne pour l’étude du foie intitulée New Perspectives in Hepatitis C Virus Infection - The Roadmap for Cure.

Holkira Pak consiste en deux pilules :

  • paritaprévir/ritonavir/ombitasvir
  • dasabuvir

On prend la pilule combinée une fois par jour et le dasabuvir deux fois par jour.

L’essai a porté sur 166 participants dont la majorité avait le génotype 1b du virus. Presque tous les participants étaient blancs et plus de la moitié d’entre eux (57 %) étaient des femmes. Chez la plupart, le degré de fibrose allait de nul à modéré.

Le taux de guérison a été de 99 % pour les personnes atteintes de fibrose légère ou modérée (F0 à F2), mais a chuté à 87 % chez les personnes présentant des lésions hépatiques avancées (F3). Le terme guérison est synonyme de réponse virologique soutenue (RVS).

En général, le traitement s’est révélé sûr et bien toléré, les effets secondaires les plus courants étant les maux de tête et la fatigue.

Selon les chercheurs, « Le taux de RVS de 98 % démontre qu’il est possible de traiter efficacement le génotype 1b avec [Holkira Pak] pendant huit semaines chez les patients sans cirrhose n’ayant jamais suivi de traitement auparavant ». (HIVandhepatitis.com, septembre 2016, en anglais)

Un nouveau traitement guérit tous les participants atteints du génotype 1 du virus en six ou huit semaines

Une nouvelle combinaison d’antiviraux à action directe (AAD) incluant les médicaments siméprévir, odalasvir et AL-335 a guéri 100 % des participants sur une période de six ou huit semaines lors d’un essai clinique de phase moyenne, ont rapporté des chercheurs lors de la conférence spéciale de l’Association européenne pour l’étude du foie intitulée New Perspectives in Hepatitis C Virus Infection - The Roadmap for Cure.

Le siméprévir est un inhibiteur de la protéase qui est déjà approuvé au Canada. L’oladasvir est un inhibiteur de la NS5A. AL-335 est un inhibiteur de la polymérase.

L’essai a porté sur 80 participants atteints du génotype 1 du virus qui n’avaient jamais suivi de traitement auparavant. La plupart des participants étaient blancs et les deux tiers étaient des hommes. Environ 80 % des participants avaient le génotype 1a, et le reste avait le génotype 1b. Aucun participant n’avait subi de lésions hépatiques graves (cirrhose).

Les participants ont reçu AL-335 à raison de 400 ou 800 mg une fois par jour, l’odalasvir à raison de 50 mg une fois par jour ou tous les deux jours (QOD) et le siméprévir à raison de 75 ou 100 mg une fois par jour.

Le traitement s’est généralement révélé sûr et bien toléré, les effets secondaires principaux étant les maux de tête et la fatigue.

On a signalé un effet indésirable qui était probablement attribuable aux médicaments à l’étude, soit un bloc atrio-ventriculaire (genre d’anomalie du rythme cardiaque).

Des études futures examineront cette combinaison d’AAD auprès de groupes plus nombreux infectés par une gamme plus large de génotypes. (HIVandhepatitis.com, septembre 2016, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

La prophylaxie post-exposition du VHC chez le travailleur de la santé : Pourquoi les AAD ne changent rien, Clinical Infectious Diseases, septembre 2016, en anglais