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Actualités infohépatiteC numéro 7.1 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 7.1 de CATIE du 12 décembre 2015 au 8 janvier 2016. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Nouvelles CATIE : Vers la réduction de l’épidémie de l’hépatite C en Colombie-Britannique

L’élargissement considérable de l’accès aux nouveaux traitements de l’hépatite C en Colombie-Britannique pourrait donner lieu à une baisse annuelle de 15 % du nombre de personnes qui s’injectent des drogues atteintes d’hépatite C, ont rapporté les chercheurs responsables d’une étude de modélisation mathématique dans PLoS One.

En Colombie-Britannique, un peu plus de 18 000 personnes s’injectent des drogues, et 65 % d’entre elles auraient l’hépatite C, selon les estimations.

Les chercheurs ont créé un modèle représentant l’accès aux nouveaux antiviraux à action directe (AAD) en utilisant des groupes petits, moyens et grands de personnes afin de déterminer l’impact du traitement sur l’épidémie. Voici quelques-uns de leurs résultats :

  • Si le traitement était administré à raison de 8 personnes qui s’injectent des drogues sur 1 000 chaque année, on constaterait une baisse annuelle de 2 % de la population atteinte d’hépatite C.
  • Si le traitement était administré à raison de 80 personnes qui s’injectent des drogues sur 1 000 chaque année, on constaterait une baisse annuelle de 15 % de la population atteinte d’hépatite C.

Si l’on souhaite qu’une augmentation de l’accès au traitement ait un impact sur le nombre de personnes vivant avec l’hépatite C en Colombie-Britannique, les chercheurs ont souligné plusieurs stratégies qui devraient être mises en œuvre, dont les suivantes :

  • augmenter les efforts pour trouver et tester les personnes qui ont l’hépatite C sans le savoir
  • éliminer les restrictions au traitement fondées sur l’ampleur des dommages hépatiques
  • augmenter le nombre de médecins qui acceptent de fournir un traitement de l’hépatite C aux personnes qui s’injectent des drogues
  • améliorer l’accès aux programmes de réduction des méfaits afin de prévenir la réinfection par l’hépatite C

Les résultats de cette étude portent à croire que les interventions à grande échelle contre l’épidémie de l’hépatite C ont le potentiel de réduire le fardeau de la maladie et de la mort liées à l’hépatite C en Colombie-Britannique. (catie.ca, décembre 2015, en français et en anglais)

Nouvelles CATIE : Des chercheurs américains créent des modèles informatiques permettant d’évaluer la possibilité d’éradiquer l’hépatite C

Si l’on multipliait par quatre le nombre de personnes traitées pour l’hépatite C aux États-Unis, on pourrait prévenir un demi-million de cas de lésions hépatiques graves (cirrhose) et 250 000 décès attribuables aux complications de l’hépatite C, ont rapporté les chercheurs responsables d’une étude de modélisation mathématique dans Clinical Infectious Diseases.

Les chercheurs ont inclus dans leur modèle un grand nombre de données provenant d’études importantes sur le dépistage et le traitement de l’hépatite C menées entre 1992 et 2014. En supposant que le traitement par AAD donnerait lieu à des taux de guérison de 95 %, les chercheurs ont calculé le nombre de personnes qu’il faudrait traiter chaque année pour réussir à obtenir à la longue une baisse de 80 % de la population infectée par le VHC. Si l’on traitait chaque année 100 000 personnes (comme à l’heure actuelle), on constaterait une baisse de 80 % du nombre de personnes infectées par le VHC en 2040. Selon le scénario le plus ambitieux, cependant, il serait possible de réduire de 80 % le nombre de personnes infectées par le VHC dès 2025 si l’on en traitait 400 000 par année.

Selon les chercheurs, plusieurs mesures sont nécessaires pour réduire le nombre de cas d’infection, dont les suivantes :

  • augmenter le dépistage pour trouver les personnes qui ont l’hépatite C sans le savoir
  • rendre le dépistage, les soins et le traitement plus accessibles aux personnes qui s’injectent des drogues
  • offrir un soutien psychosocial aux personnes ayant des problèmes de consommation de drogues/d’alcool et de santé mentale qui ont suivi un traitement de l’hépatite C jusqu’au bout
  • aborder le problème du coût élevé du traitement
  • contrer le refus de certains médecins de traiter les personnes qui s’injectent des drogues

On a obtenu des résultats semblables lors d’une étude récente menée en Colombie-Britannique (voir l’article ci-dessus).

Les chercheurs ont fait le commentaire suivant en ce qui concerne la possibilité d’une réduction du prix du traitement de l’hépatite C : « Les forces du marché ou politiques pourraient donner lieu à des réductions considérables des coûts des médicaments au cours des prochaines années, de sorte qu’un sous-groupe de patients, vu la lente progression du VHC, pourraient être traités à moindre coût sans courir un risque de progression clinique grave ». (catie.ca, décembre 2015, en français et en anglais)

On découvre un lien entre l’hépatite C et un risque accru de maladie de Parkinson

Il est possible que les personnes atteintes d’hépatite C soient plus vulnérables à la maladie de Parkinson, surtout lorsque d’autres facteurs de risque sont présents, mais la raison de cette association n’a pas été complètement élucidée, selon une équipe de Taïwan dont les résultats ont été publiés dans Neurology.

La maladie de Parkinson est une affection médicale où des régions du cerveau meurent lentement, ce qui nuit aux processus mentaux et à la mobilité de la personne touchée.

Cette étude de cohorte représentative de la population menée à la grandeur du pays a été fondée sur les données de la Base de données de recherche de l’assurance maladie nationale de Taïwan portant sur les années 2000 à 2010. L’analyse a porté sur un total de 49 967 patients atteints d’hépatite virale, ainsi que sur un peu moins de 200 000 personnes servant à des fins de comparaison. Après avoir tenu compte de facteurs variés comme l’âge, le sexe et les affections médicales, la présence de l’hépatite C a été associée à une augmentation approximative de 30 % du risque de maladie de Parkinson. On n’a pas trouvé de lien entre l’hépatite B et un risque accru de cette maladie cérébrale, et l’augmentation du risque associée à la co-infection hépatite B/hépatite C se situait entre 0 et 30 %.

D’autres recherches seront nécessaires pour évaluer l’association entre l’hépatite C et la maladie de Parkinson.

Branchez-vous au monde scientifique

Dans quelle mesure peut-on généraliser à propos des personnes co-infectées par le VIH et l’hépatite C dans le vrai monde en se fondant sur les résultats d’essais cliniques sur les antiviraux à action directe? Clinical Infectious Diseases, janvier 2016 [en anglais seulement]