HepCInfo Updates

Actualités infohépatiteC numéro 6.25 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 6.25 de CATIE du 28 novembre au 11 décembre 2015. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

L’hépatite C peut se transmettre en l’absence de sang lors des relations sexuelles anales

Le virus de l’hépatite C (VHC) est présent en quantité suffisante dans le liquide rectal des hommes atteints du VIH et de la co-infection à l’hépatite C pour permettre la transmission du VHC en l’absence de sang, ont rapporté des chercheurs lors de l’assemblée 2015 de l’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD) tenue à San Francisco.

Jusqu’à maintenant, on supposait que la transmission sexuelle de l’hépatite C se produisait à cause de la présence de sang, par exemple lorsqu’une main tachée de sang s’insérait dans le rectum lors du fisting ou qu’une quantité de sang entrait en contact avec la muqueuse du pénis lors d’une relation sexuelle anale.

Les participants à l’étude en question incluaient 45 hommes gais ou bisexuels ayant la co-infection au VIH et au VHC. L’âge médian des participants était de 43 ans, et la majorité était de race blanche.

Les participants avaient un compte de cellules CD4 élevé, mais l’ampleur de la suppression de la charge virale en VIH n’a pas été précisée. Les participants avaient une charge virale modérément élevée en VHC.

L’équipe a prélevé des échantillons de liquide rectal auprès de chaque participant. Elle a détecté le VHC dans 20 spécimens de liquide sur 45 (47 %). La quantité de VHC dans le liquide rectal correspondait étroitement à la quantité de virus dans le sang. La probabilité de détecter le VHC dans le rectum était beaucoup plus élevée chez les participants ayant une charge virale élevée en VHC dans le sang.

Les chercheurs ont conclu que les quantités détectables de VHC dans le liquide rectal étaient suffisantes pour que la transmission du virus ait lieu lors des relations sexuelles anales, même en l’absence de sang. Les chercheurs recommandent que les hommes atteints du VIH utilisent un condom pour les relations sexuelles anales. (aidsmap.com, novembre 2015, en anglais)

L’établissement de sites d’injection sécuritaires en Ontario serait rentable

Une nouvelle étude a révélé que l’établissement de cinq sites d’injection sécuritaires à Toronto serait plus rentable que ce que les recherches précédentes avaient laissé croire, ont rapporté des chercheurs dans la revue Addiction.

Les sites d’injection sécuritaires sont des endroits où les gens peuvent aller pour s’injecter des drogues et où ils ont accès à des soins médicaux et à du matériel d’injection neuf.

Cette étude renforce les résultats d’un rapport publié en 2012 qui indiquait qu’il serait rentable d’ouvrir trois sites d’injection supervisés à Toronto et deux autres à Ottawa. Ces sites réduiraient l’usage de drogues en public et préviendraient de nouvelles infections par l’hépatite C et le VIH, précisaient alors les auteurs.

La nouvelle étude révèle qu’un site d’injection sécuritaire à Toronto serait de deux tiers plus rentable que les estimations de l’étude de 2012 indiquaient. À cause du coût élevé du traitement de l’hépatite C fondé sur les antiviraux à action directe (AAD), l’argument économique en faveur de la prévention de la transmission de l’hépatite C entre les personnes qui partagent des aiguilles est encore plus solide, ont conclu les chercheurs.

La nouvelle analyse indique que les chances que l’un ou plusieurs sites d’injection supervisés soient rentables à Toronto s’élèvent à 86 %. L’analyse tient compte du nombre de personnes qui utilisent des drogues, de la fréquence éventuelle de leur fréquentation du site d’injection, du coût des installations et du coût et de l’accessibilité des traitements anti-hépatite C.

Selon les chercheurs, ces résultats sont conservateurs et les coûts seraient bien moins élevés si les services étaient incorporés dans les centres de santé existants. (thestar.com, novembre 2015, en anglais)

Taux de guérison élevé chez les personnes traitées à nouveau après l’échec d’un traitement écourté

Les patients atteints d’hépatite C qui ne guérissent pas grâce à un traitement par AAD de courte durée ont de fortes chances de guérir s’ils sont traités de nouveau par Harvoni, selon des résultats présentés la semaine dernière à San Francisco lors de l’assemblée 2015 de l’AASLD (American Association for the Study of Liver Diseases).

Peu d’études ont réalisé des expériences sur les traitements écourtés à quatre ou six semaines. Certaines personnes guérissent après six semaines de traitement, mais la plupart des patients traités pendant quatre semaines ne guérissent pas. Lors de l’étude originale, les participants ont pris deux, trois ou quatre antiviraux à action directe (AAD) pendant quatre, six ou 12 semaines. Lors de la présente étude, les personnes qui n’ont pas guéri sous l’effet de leur traitement original ont été traitées à nouveau par Harvoni pendant 12 semaines.

La plupart des 34 participants étaient des hommes afro-américains et la moyenne d’âge était de 59 ans. La majorité des participants avaient subi peu de dommages au foie. Le taux de guérison a été de 91 %, et le traitement s’est généralement révélé sûr et tolérable.

Selon les chercheurs, cette étude marque la première fois que l’on démontre un taux de guérison élevé grâce au retraitement de patients n’ayant pas guéri précédemment sous l’effet d’un traitement constitué uniquement d’AAD. (HIVandhepatitis.com, novembre 2015, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Les lacunes dans le continuum des soins de l’hépatite C chez les travailleuses du sexe de Vancouver, en Colombie-Britannique : les conséquences sur les tests volontaires de dépistage, le traitement et les soins de l'hépatite C, Journal canadien de gastroentérologie et hépatologie, décembre 2015