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Actualités infohépatiteC numéro 5.18 

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 5.18 de CATIE du 30 août au 12 septembre 2014. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

À la une

Les Canadiens co-infectés par l’hépatite C et le VIH ont un taux de mortalité 12 fois plus élevé que la population générale canadienne

Les personnes co-infectées par l’hépatite C et le VIH vivant au Canada affichent un taux de mortalité 12 fois plus élevé que la population générale, ont rapporté des chercheurs dans AIDS.

Plusieurs études ont révélé que certaines personnes infectées par le VIH seulement vivent de nos jours aussi longtemps que les personnes séronégatives du même âge et du même sexe de la population générale. Des chercheurs affiliés à l’Étude de cohorte canadienne sur la co-infection ont voulu déterminer si les personnes co-infectées par l’hépatite C et le VIH vivaient également aussi longtemps.

Les chercheurs ont documenté les décès survenus entre 2003 et 2013. Sur les 1 150 personnes co-infectées par l’hépatite C et le VIH faisant partie de la cohorte, 133 sont mortes. Cela se traduit en quatre décès par tranche de 100 personnes pendant chaque année de l’étude, ce qui est 12 fois plus élevé que dans la population générale.

Les personnes qui se sont débarrassées spontanément du virus de l’hépatite C et celles qui en ont guéri grâce à un traitement étaient moins susceptibles de mourir.

« Les personnes co-infectées par le VIH et le VHC continuent de courir un risque considérablement accru de décès, malgré la thérapie antirétrovirale », ont conclu les chercheurs. Ces derniers laissent entendre que « les interventions ciblant les facteurs de risque modifiables comme la consommation de drogues et d’alcool, le tabagisme, l’observance de la thérapie antirétrovirale et l’amorce rapide d’un traitement contre le VHC pourraient réduire considérablement les taux de mortalité ». (www.iasociety.org, septembre 2014, en anglais)

Les jeunes utilisateurs d’opioïdes sur ordonnance manquent de connaissances sur la prévention des surdoses

Les jeunes qui utilisent des opioïdes ont une expérience considérable des surdoses, qu’elles soient prises par eux-mêmes ou des membres de leur réseau, mais ils en savent peu sur la prévention des surdoses, ont rapporté des chercheurs dans l’International Journal of Drug Policy.

Les chercheurs ont interrogé 46 jeunes personnes (âgées de 18 à 32 ans) vivant à New York qui avaient utilisé des opioïdes sur ordonnance (OSO) pour des raisons non médicales au cours des 30 jours précédents.

Les chercheurs ont constaté ce qui suit :

  • Les opioïdes sur ordonnance  (p. ex., OxyContin, Percocet) étaient perçus comme moins dangereux que l’héroïne et non sujets aux surdoses.
  • Les jeunes ignoraient les dangers associés aux combinaisons de drogues. Parmi les combinaisons courantes ayant conduit à des surdoses, mentionnons les opioïdes sur ordonnance, les  benzodiazépines (p. ex., Xanax, Ativan) et/ou l’alcool.
  • La majorité des jeunes ignorait l’existence de la naloxone, un médicament servant au traitement des surdoses d’opioïdes.
  • La majorité des participants n’avait aucun contact avec les services de prévention des surdoses offerts couramment dans les centres d’échange de seringues parce que les jeunes associaient ce genre de service à l’injection de l’héroïne et non à l’utilisation d’opioïdes sur ordonnance.

Selon les chercheurs, « de plus grands efforts sont nécessaires pour adapter l’éducation sur la prévention et la réponse aux surdoses aux jeunes utilisant les OSO à des fins non médicales et aux jeunes injecteurs pour qui les OSO servent d’initiation aux opioïdes ». (medicalexpress.com, septembre 2014, en anglais)

La combinaison de trois AAD d’AbbVie obtient un taux de guérison élevé chez des personnes co-infectées par l’hépatite C et le VIH

Lors d’un essai de phase avancée sur un traitement de 12 semaines associant trois antiviraux à action directe (AAD) et la ribavirine, 94 % des participants ont guéri du virus de l’hépatite C, ont rapporté des chercheurs lors de la 54e Conférence interscience sur les agents antimicrobiens et la chimiothérapie, qui s’est tenue à Washington, D.C.

Les résultats se rapportaient à la première partie d’un essai clinique de phase III mené auprès de 63 participants. La deuxième partie de l’essai mettra cette combinaison à l’épreuve chez des personnes recevant le médicament anti-VIH darunavir (Prezista).

Les participants ont pris les médicaments suivants :

  • ABT-450 avec ritonavir et ombitasavir en coformulation, une fois par jour
  • dasabuvir, deux fois par jour
  • ribavirine, dose choisie en fonction du poids corporel

Les participants ont été choisis au hasard pour recevoir cette combinaison pendant 12 ou 24 semaines. Tous les participants suivaient également un traitement anti-VIH et avaient une charge virale indétectable.

En ce qui concerne les participants affectés au volet de traitement de 24 semaines, les chercheurs ont fait état d’un taux de réponse virologique soutenue (RVS) de 97 % quatre semaines après la fin du traitement. Une telle réponse après cette période de temps s’écrit également RVS4. L’obtention d’une RVS4 n’est pas considérée comme une guérison de l’hépatite C parce que le patient risque encore de rechuter. Une RVS qui se maintient jusqu’à la 12e semaine suivant la fin du traitement est considérée comme une guérison.

La combinaison de médicaments a été bien tolérée, les effets secondaires les plus courants étant majoritairement d’intensité légère ou modérée. Les effets secondaires les plus fréquents étaient la fatigue, l’insomnie, les nausées et les maux de tête.

Selon les chercheurs, le taux de guérison obtenu grâce à cette combinaison chez des personnes co-infectées par l’hépatite C et le VIH est comparable au taux de guérison chez les personnes ayant seulement l’hépatite C. Voilà un résultat qui devient de plus en plus courant grâce aux nouveaux traitements sans interféron. (HIVandhepatitis.com, septembre 2014, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Médicaments anti-hépatite C : La fin de l’ère de l’interféron pégylé et l’émergence d’une posologie antivirale entièrement orale et sans interféron : une analyse concise, Journal canadien de gastroentérologie et hépatologie, septembre 2014, en anglais et en français.

Pratiques de dépistage actuelles de l’infection incidente au virus de l’hépatite C parmi les personnes infectées par le VIH et non infectées par le VHC en soins primaires, Clinical Infectious Diseases, septembre 2014, en anglais.