Journée mondiale du sida : Les clients sont capables d’entendre la vérité

Cette année, aux quatre coins du monde, des milliers d’organismes VIH joignent un message nouveau à leurs campagnes entourant la Journée mondiale du sida. Un message qui met sens dessus dessous des décennies de messages sur la prévention du VIH. Nous pouvons à présent affirmer de manière définitive qu’une personne vivant avec le VIH qui prend son traitement et qui maintient sa charge virale à un niveau indétectable ne transmet pas le virus à ses partenaires sexuels.

Les données probantes ont été consolidées l’an dernier par les résultats finaux de deux grandes études, PARTNER et HPTN 052, confirmant l’absence de cas de transmission du VIH dans leurs groupes de couples sérodifférents dont le partenaire séropositif avait une charge virale indétectable. « Indétectable égale intransmissible », ou I=I, un mouvement populaire initié par des personnes vivant avec le VIH ainsi que des alliés, nous incite tous à communiquer ces conclusions de façon claire et directe.

Lorsque CATIE a appuyé la déclaration de consensus I=I plus tôt cette année, plusieurs nous ont applaudis de contribuer à passer le message à travers le pays. Mais nous avons également fait face à la résistance de ceux qui considéraient le message comme étant dangereux.

Nous avons entendu des préoccupations quant à l’idée de communiquer la nouvelle aux clients. Les personnes vivant avec le VIH et leurs partenaires allaient-ils abandonner le condom? Verrions-nous la résurgence d’autres infections transmissibles sexuellement comme la gonorrhée? Les gens allaient-ils cesser de prendre au sérieux le risque de transmission du VIH?

Ces arguments ne sont pas nouveaux. CATIE a été fondé en 1990 pour partager de l’information sur les traitements émergents pour les personnes vivant avec le VIH, à une époque où cette information était inexistante, inaccessible ou soigneusement gardée par des professionnels qui croyaient ne pas pouvoir donner en toute confiance ces renseignements à leurs clients.

Ce paternalisme est maintes fois réapparu au cours de l’épidémie du VIH. Lorsque la prophylaxie pré-exposition (PrEP) a été démontrée comme étant une stratégie de prévention du VIH très efficace, certains ont soutenu qu’offrir une méthode de prévention du VIH autre que le condom inciterait les individus à prendre de plus grands risques, ce qui les exposerait à des souches du VIH résistantes aux médicaments et à d’autres infections transmissibles sexuellement. Nous avons même reçu des plaintes pour le simple fait d’avoir fourni de l’information sur l’efficacité de la PrEP.

De la même façon, on note une vive opposition à l’approbation de trousses de dépistage du VIH à domicile, au Canada – un outil qui est facilement accessible aux États-Unis et qui conduit à une augmentation démontrée de l’utilisation et de la fréquence du dépistage du VIH dans des populations clés. Certains fournisseurs de services ont même affirmé que leurs clients ne devraient pas avoir accès au dépistage du VIH sans qu’un conseiller gère le processus.

Nous avons affronté ces attitudes paternalistes dans le passé et nous continuerons d’y résister. Qu’il soit question du consensus I=I, de la PrEP ou de l’autodépistage du VIH, nous devons présenter toute l’information et toutes les options à nos clients et avoir confiance qu’ils prendront les meilleures décisions pour leur santé.