Cinq choses que les fournisseurs de services devraient savoir au sujet de l’hépatite C

La recherche sur l’hépatite C progresse à un rythme tel qu’il est parfois difficile de se tenir à jour. Au cours de la dernière année uniquement, il y a eu la publication de nouvelles lignes directrices canadiennes sur le dépistage et le traitement, de même qu’une expansion de l’accès à de nouveaux traitements qui guérissent la plupart des gens de l’infection.

Afin d’aider les intervenants à se préparer pour la Journée mondiale contre l’hépatite (le 28 juillet), nous avons dressé une liste des cinq choses les plus importantes que nous devrions tous savoir et partager avec les utilisateurs de services vivant avec l’hépatite C ou à risque de la contracter.

Les nouveaux traitements guérissent pratiquement tout le monde de l’hépatite C

Les personnes qui ont été diagnostiquées d’une hépatite C dans le passé se souviennent peut-être des médicaments contre l’hépatite C de l’ancienne génération, dont les effets secondaires étaient souvent sévères et qui n’avaient qu’un taux moyen de réussite. Or les plus récents traitements antiviraux à action directe guérissent presque tout le monde de l’hépatite C et ont peu d’effets secondaires. Et grâce à des négociations entre les gouvernements provinciaux et les sociétés pharmaceutiques, le prix de ces médicaments a considérablement diminué. Par conséquent, la plupart des régimes d’assurance médicaments ont assoupli les critères d’admissibilité relatifs à ces médicaments et nous nous rapprochons d’une couverture universelle d’un traitement pour l’hépatite C en un seul cycle, d’un bout à l’autre du pays.

L’hépatite C est plus répandue parmi les immigrants au Canada

On estime que 35 % des personnes qui sont diagnostiquées d’une hépatite C au Canada sont nées hors du pays. Certains immigrants croient à tort que le dépistage de l’hépatite C fait partie du processus d’immigration, et il peut arriver qu’ils vivent plusieurs années avec l’infection sans être diagnostiqués. De plus, les immigrants rencontrent des obstacles additionnels au dépistage et au traitement, lorsqu’ils arrivent au Canada, et il est possible que des fournisseurs de soins de santé ne portent pas attention aux facteurs de risque particuliers pour l’infection à hépatite C dans cette population, qui diffèrent de ceux de la population née au Canada.

Deux tiers des personnes qui s’injectent des drogues ont contracté l’hépatite C

On estime que 68 % des personnes qui s’injectent des drogues recevront un résultat positif au test de dépistage des anticorps à l’hépatite C, démontrant qu’elles sont infectées par ce virus ou l’ont été antérieurement. Le partage de matériel d’injection est le mode de transmission de l’hépatite C le plus fréquent au Canada et le nettoyage d’une aiguille à l’aide d’eau de Javel n’est pas suffisant pour tuer le virus. Seuls des services de réduction des méfaits offrant du matériel neuf pour l’injection de drogues, comme les programmes de seringues et d’aiguilles et les sites d’injection supervisée, sont appuyés par des données scientifiques démontrant qu’ils réduisent le risque de transmission de l’hépatite C entre personnes qui s’injectent des drogues.

Le dépistage fondé sur le risque ne joint pas toutes les personnes à risque

Les anciennes lignes directrices canadiennes sur le dépistage de l’hépatite C se concentraient sur les populations considérées comme étant à risque élevé pour l’infection. Le problème de cette approche est qu’une personne peut vivre pendant 20 ou 30 ans avec l’hépatite C sans aucun symptôme, ce qui signifie que l’exposition peut avoir eu lieu des décennies plus tôt. Les Canadiens plus âgés peuvent ignorer ou avoir oublié des expositions potentielles, de leur passé; et il se peut que des fournisseurs de soins présument que leurs patients n’ont jamais été à risque. Les nouvelles lignes directrices, publiées en 2018, recommandent que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes né(e)s entre 1945 et 1975 se voient offrir un dépistage de l’hépatite C, ce qui contribuera à joindre les Canadiens vivant avec une hépatite C non diagnostiquée (soit 44 % des personnes ayant cette infection).

Toute personne qui vit avec l’hépatite C devrait recevoir l’offre de se faire traiter

Les nouvelles lignes directrices publiées cette année recommandent que les fournisseurs de soins de santé canadiens offrent le traitement à toute personne qui vit avec une infection chronique à hépatite C, quel que soit l’état des dommages à son foie et sans égard au fait qu’elle consomme des drogues. Compte tenu des nouvelles données, qui démontrent l’efficacité clinique du traitement universel ainsi que sa rentabilité, il n’y a plus de raison pour justifier qu’une personne se voie refuser l’accès au traitement et aux soins pour l’hépatite C ou que celui-ci soit retardé.

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