Votre guide sur le traitement du VIH

Les différentes classes de médicaments

Deux médicaments que l’on utilise dans de nombreuses combinaisons de traitement contre le VIH appartiennent à une classe de médicaments appelés analogues nucléosidiques (inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse, ou INTI). Comme il faut habituellement prendre les deux analogues nucléosidiques d’une combinaison en même temps, les fabricants de médicaments ont créé plusieurs coformulations, c’est-à-dire des comprimés uniques contenant à la fois deux analogues nucléosidiques ou davantage, tels que Truvada (ténofovir + FTC) et Kivexa (abacavir + 3TC).

On ajoute à ces deux analogues nucléosidiques un troisième médicament provenant d’une classe différente afin de créer une combinaison efficace qui s’attaque au VIH à différentes étapes de son processus de réplication.

Les inhibiteurs de l’intégrase sont une autre classe de médicaments antirétroviraux qui offrent plusieurs avantages : lorsqu’on les prend dans le cadre d’un traitement combiné, ces médicaments réduisent rapidement la quantité de VIH dans le sang. Ils causent habituellement relativement peu d’effets secondaires et sont moins susceptibles d’interagir avec d’autres médicaments.

Les combinaisons à base d’inhibiteurs de la protéase (IP) ont tendance à nécessiter la prise d’un plus grand nombre de pilules que les autres combinaisons et doivent être prises avec de la nourriture dans certains cas. Les IP ont un avantage important : si votre VIH devient résistant à un IP particulier, les autres IP peuvent encore être efficaces, ce qui vous laissera des options de traitement futures.

On ajoute presque toujours une faible dose d’un autre médicament, soit le ritonavir (Norvir) ou le cobicistat, aux combinaisons à base d’IP. On appelle cette technique la « potentialisation » parce qu’elle fait augmenter la concentration des IP dans le sang et permet généralement une posologie uniquotidienne (une seule prise par jour). Il faut souligner que les « agents de potentialisation » peuvent interagir avec les drogues récréatives comme l’ecstasy, le crystal meth, la kétamine et les benzodiazépines, ainsi qu’avec les médicaments contre la dysfonction érectile comme Viagra.

Les analogues non nucléosidiques (inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse, ou INNTI) sont une autre classe de médicaments antirétroviraux. Parfois, la résistance aux analogues non nucléosidiques se développe plus facilement que la résistance aux médicaments des autres classes. De plus, lorsque le VIH devient résistant à un analogue non nucléosidique, il devient parfois résistant aux autres médicaments de la classe aussi.

Le seul inhibiteur de fusion disponible à l’heure actuelle s’appelle T-20 (enfuvirtide, Fuzeon). Ce médicament puissant, qu’il faut prendre deux fois par jour par injection, n’est utilisé que rarement de nos jours, notamment par des personnes ayant acquis une résistance à de nombreux autres médicaments anti-VIH.

Comme le T-20, les inhibiteurs du CCR5 sont principalement utilisés par des personnes qui ont essayé antérieurement d’autres combinaisons de traitements. Un simple test de dépistage permet de déterminer si quelqu’un a la souche du VIH contre laquelle cette classe de médicaments est efficace. Si c’est le cas, les inhibiteurs du CCR5 pourraient être une option.

Ressource

Médicaments anti-VIH disponibles au Canada