7. La fatigue

Un guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH

7. La fatigue

La fatigue peut être occasionnée par plusieurs combinaisons antirétrovirales. La prise d’un si grand nombre de médicaments épuise l’organisme de plusieurs personnes. Dans certains cas, l’énergie perdue revient après une certaine période de traitement, alors vous voudrez peut-être attendre que la fatigue s’estompe. Si le traitement est arrêté, la fatigue disparaîtra rapidement dans bien des cas. La réponse semble différer d’une personne à l’autre — certains médicaments provoquent la fatigue chez une personne mais pas chez une autre.

Parfois, la fatigue est le symptôme d’un problème sous-jacent plus grave tel que l’anémie. L’anémie est un problème sanguin qui se caractérise par une baisse du taux d’hémoglobine et du taux d’hématocrite ainsi que du nombre de globules rouges. Lorsque les médicaments provoquent une suppression de la moelle osseuse (centre de production des cellules sanguines) susceptible d’entraîner l’anémie, le risque de fatigue est grand. Les médicaments qui risquent de causer ce problème sont nombreux et comprennent les suivants :

  • AZT (seul dans Rétrovir et dans les combinaisons Combivir et Trizivir);
  • abacavir (seul dans Ziagen et dans les combinaisons Kivexa et Trizivir);
  • valganciclovir (valgan, Valcyte);
  • sulfamides antibiotiques (Septra/Bactrim, Dapsone);
  • interféron-alpha (Intron-a, Peg-intron, Pegasys);
  • hydroxyurée (Hydrea);
  • pyriméthamine;
  • pentamidine;
  • plusieurs anticancéreux (chimiothérapie).

Toute personne qui souffre de fatigue devrait faire vérifier ses taux de cellules sanguines. L’anémie touche plus des trois quarts des personnes qui présentent des PVVIH symptomatiques et à peu près le quart des personnes qui en sont à un stade moins avancé de la maladie. Il faut traiter l’anémie. Dans le cadre d’une étude de grande envergure (plus de 3 200 sujets), le risque de décès était sensiblement plus élevé chez les personnes anémiques et ce, peu importe leur numération des cellules CD4+. Cette même étude a révélé que le fait de traiter efficacement l’anémie, par quelque moyen que ce soit, réduisait de façon considérable ce risque. Trop souvent, cependant, les personnes atteintes d’anémie ne subissent aucun traitement et demeurent sujettes aux problèmes suivants en conséquence :

  • fatigue et faiblesse évitables;
  • essoufflement;
  • palpitations;
  • vulnérabilité accrue aux infections;
  • qualité de vie réduite.

Il faut signaler que les médicaments ne sont pas seuls à provoquer l’anémie. D’autres causes possibles comprennent les suivantes :

  • MAC, MAI (complexe Mycobacterium avium);
  • tuberculose;
  • colite à CMV (cytomégalovirus);
  • méningite cryptococcique et autres infections fongiques;
  • parvovirus B19;
  • lymphome;
  • SK (sarcome de Kaposi);
  • carences en folate (acide folique) ou en vitamine B12 (carences courantes chez les PVVIH);
  • carence en fer (peu courante chez les hommes mais relativement répandue chez les femmes).

Le VIH lui-même est également susceptible de provoquer l’anémie, ce qui soulève un problème de taille — les médicaments risquent de causer une anémie, mais si aucun traitement anti-VIH n’est amorcé, le virus entravera la production de globules rouges, ce qui augmentera le risque d’anémie.

Conseils pour composer avec la fatigue

Pour plusieurs personnes souffrant de fatigue, la solution réside dans les injections de l’hormone régulatrice d’érythropoïèse, également appelée époétine alfa (noms commerciaux : Procrit, Epogen ou Eprex). Le plus souvent, les injections sont données trois fois par semaine afin d’accroître la production des globules rouges. Dans bien des cas, le traitement corrige rapidement l’anémie (entre quatre et six semaines, le temps nécessaire à la création de nouveaux globules rouges) et permet au patient de récupérer beaucoup d’énergie.

Puisque plusieurs facteurs risquent de vous priver de votre énergie, il est important d’envisager les causes possibles suivantes :

  • infections — faites-vous soigner;
  • nutrition inadéquate — mangez sainement et souvent et prenez des suppléments alimentaires;
  • carences hormonales — faites-vous tester et remplacez toute hormone déficitaire;
  • dépression — envisagez une psychothérapie et/ou une médication;
  • repos insuffisant — prenez des siestes et prenez en charge vos insomnies;
  • stress — trouvez moyen de vous détendre (ou consultez un professionnel);
  • consommation excessive de drogues récréatives ou d’alcool — demandez de l’aide;
  • consommation excessive de caféine et de sucre — réduisez-en votre consommation.

L’une des causes les plus courantes de l’anémie est une carence en vitamine B12. Les tests sanguins usuels risquent de ne pas suffire à déceler ce problème parce qu’ils ne permettent pas de connaître les concentrations de cette vitamine dans les tissus, là où sa présence est essentielle. Ainsi, la meilleure démarche pourrait consister à prendre des suppléments de vitamine B12 pendant au moins six à huit semaines en guise d’essai. Pour de nombreuses personnes, cette approche s’est avérée miraculeuse contre la fatigue liée au VIH.