Pré-fix : Un guide à l'intention des personnes vivant avec l'hépatite C ou le VIH qui s'injectent des drogues

Consommer de façon plus sécuritaire

La consommation plus sécuritaire de drogues : la prise en charge de soi

Il y a plein de choses que vous pouvez faire pour prendre soin de vous lorsque vous consommez des drogues.

Trouver un endroit sécuritaire pour consommer

Trouvez un endroit chaud et bien éclairé où vous ne serez pas pressé, afin de ne pas abîmer vos veines. Restez près d'un ami qui pourra prendre soin de vous si vous en avez besoin.

Apprendre à s'injecter

Si vous ne savez pas comment vous injecter, demandez à une personne en qui vous avez confiance (par exemple, un infirmier de rue ou un ou une pair-aidant) de vous montrer comment faire. Si vous êtes incapable de vous injecter, vous dépendrez d’autres personnes pour vous donner votre dose. Dans un tel cas, vous pourriez être obligé de partager le matériel de consommation, ce qui augmente le risque de contracter l’hépatite C ou le VIH. Il se pourrait aussi que vous soyez la dernière personne à utiliser la seringue et que votre dose soit diluée ou diminuée. Dépendre de quelqu’un d’autre pour vous piquer donne à cette personne un pouvoir sur vous, et vous risquez de faire des choses que vous ne voulez pas faire afin d’obtenir son aide.

Consultez S'injecter de façon plus sécuritaire pour en savoir plus sur la consommation plus sécuritaire de drogues injectables.

« J'ai eu de la chance quand j'ai commencé à me piquer. Un gars m'a injectée la première fois mais il m'a fait regarder tout ce qu'il faisait en me disant : "Il faut que tu saches faire ça; c'est la première et la dernière fois que je fais ça pour toi". » Jennifer

Se procurer ses propres drogues

Si quelqu’un d’autre achète les drogues pour vous, essayez d’établir une relation avec le pusher vous-même. De cette façon, vous ne dépendrez pas d’une autre personne pour vous en acheter si vous êtes en manque, situation dans laquelle vous seriez plus susceptible de partager une seringue ou d’autre matériel pour consommer. Si vous achetez vos drogues auprès d’un nouveau pusher, essayez-en une dose plus petite qu’habituellement pour vous assurer qu’elle agit correctement dans votre corps.

Commencer lentement

Si vous n’avez pas consommé depuis longtemps ou si vous venez de débuter un traitement pour l’hépatite C ou le VIH, c’est une bonne idée de commencer par une faible dose de drogue ou une injection d’essai. Si vous n’avez pas consommé depuis un bout parce que vous étiez en prison, sous traitement, hospitalisé ou pour une autre raison, vous serez plus sensible à la drogue. La prise d’une dose trop forte pour votre corps pourrait causer une surdose.

Se limiter à une seule drogue

Parfois, les gens consomment plus d’une drogue en même temps ou encore ils prennent des drogues de rue pendant qu’ils boivent de l’alcool. Selon les drogues utilisées, cela peut être dangereux, car certaines drogues et l’alcool provoquent une interaction qui nuit au corps et qui peut provoquer une surdose. Il est plus sécuritaire de prendre davantage de votre drogue de choix que de mélanger des drogues différentes.

Le fait de prendre en même temps plus d’une drogue aux effets dépresseurs (comme l’alcool, les benzodiazépines, l’héroïne et d’autres opiacés) augmente le risque de surdose parce que ces drogues ralentissent la respiration et les battements du cœur. Le fait de mélanger une drogue aux effets dépresseurs et un stimulant (comme le crack, la cocaïne ou le crystal meth) peut causer l’insuffisance hépatique (le foie cesse de fonctionner comme il faut).

Pour en savoir plus sur les effets causés par la consommation de différentes drogues dans le corps et comment éviter les surdoses, consultez en ligne l'Information sur les drogues.

Ne pas se juger pour sa consommation

Essayez de ne pas vous juger ni vous dénigrer par rapport à votre consommation de drogues, même si les autres vous jugent. Certaines personnes trouvent qu’il est plus facile de consommer en sécurité lorsqu’elles s’acceptent telles quelles et qu’elles accep
tent leur consommation de drogues.

Consommer de façon plus sécuritaire : la prise en charge des autres

Le partage, le prêt ou l’emprunt de matériel de consommation de drogues peuvent faciliter la propagation de l’hépatite C et du VIH. Cela est le cas parce que ces instruments peuvent être contaminés par du sang, et même les quantités invisibles à l’œil nu de sang contenant de l’hépatite C ou du VIH suffisent à transmettre ces virus lorsqu’ils entrent dans le système sanguin d’une autre personne. Il y des choses à faire pour réduire le risque de transmettre l’hépatite C et le VIH lorsqu’on utilise des drogues :

  • Envisagez, si possible, d'utiliser des drogues que vous pouvez avaler, manger ou sniffer au lieu d’injecter afin d’éviter le partage de matériel d’injection;
  • Si vous vous injectez, vous pouvez réduire les risques en utilisant, le plus souvent possible, des aiguilles, des seringues, des stéricups (cuillères), des filtres, de l’eau, des cotons et des garrots (tourniquets) neufs.  Dans la mesure du possible, ayez votre propre matériel et évitez de partager;
  • Après vous être piqué, remettez le couvercle sur la seringue et mettez celle-ci dans un contenant scellé comme une bouteille à boisson gazeuse, afin que personne ne s’en serve de nouveau. Déposez la bouteille dans un programme de réduction des méfaits ou donnez-la à un travailleur de proximité. Ne la jetez pas dans un endroit où quelqu’un pourrait la trouver et se blesser;
  • Si vous fumez des drogues, vous pouvez réduire les risques en utilisant votre propre pipe ou tige, embout et grilles et en essayant de ne pas les partager avec d’autres personnes. Les pipes en pyrex sont les plus sécuritaires parce qu’elles ne se brisent pas aussi facilement et ne se chauffent pas autant que d’autres matériaux. Utilisez un embout, comme une bande élastique ou un morceau de tuyau de caoutchouc pour prévenir les brûlures de lèvres;
  • Si vous sniffez des drogues, vous pouvez réduire les risques en utilisant votre propre matériel et en évitant de le partager avec d’autres personnes. Envisagez d’utiliser des articles jetables, comme un Post-it enroulé ou une paille;
  • Il n’est pas clair si l’inhalation de la colle, de l’essence ou d’autres solvants est liée à la transmission de l’hépatite C 
ou du VIH, mais il est toujours possible de consommer de manière plus sécuritaire. Si vous sniffez ou inhalez de la colle, de l’essence ou d’autres solvants, utilisez des sacs de papier et non de plastique, car les sacs de plastique peuvent fondre et être inhalés. Utilisez votre propre sac et évitez de le partager. Utilisez un chiffon au lieu de la manche de votre manteau ou chemise. Changez de chiffon le plus souvent possible. Apportez un sac à sandwich pour votre chiffon et mettez celui-ci dans le sac lorsque vous entrez dans un immeuble. Ainsi, le chiffon restera humide et l’odeur du solvant sera moins forte. Évitez de fumer la cigarette lorsque vous inhalez des solvants;
  • Renseignez-vous sur les signes de surdose et comment venir en aide à quelqu'un qui fait une surdose. Pour en savoir plus, consultez La consommation plus sécuritaire des drogues.

« Assure-toi que tout ton matériel t'appartient et ne sert à personne d'autre. Tu veux partager tes drogues? Sépare les portions avant de consommer. Ne le fais pas sur ta cuillère parce que même les cuillères peuvent transmettre [des choses]. » Rose

S'injecter les hormones de façon sécuritaire

Certaines personnes ont besoin d’aiguilles ou de seringues pour des raisons autres que l’injection de drogues de rue, notamment les personnes trans qui s’injectent de 
l’estrogène ou de la testostérone. L’hépatite C 
et le VIH peuvent se transmettre par le partage d’aiguilles utilisées pour l’injection de ces hormones, alors faites votre possible pour utiliser vos propres aiguilles seulement. Certains programmes de 
réduction des méfaits ou pharmacies distribuent le format d’aiguille convenant à l’injection d’hormones. Si vous êtes obligé de partager une aiguille, consultez la section « Que faire lorsqu'il est impossible de se procurer des seringues ou d'autre matériel d'injection neufs? » dans ce guide.

Faire face à l’influence de ceux qui vous incitent à partager les seringues et autre matériel d'injection

Les personnes qui s’injectent des drogues ont élaboré plein de stratégies pour faire face à la pression de partager les seringues et autre matériel d’injection. Voici quelques suggestions, mais vous avez sans doute vos propres idées déjà :

  • Injectez les drogues avec une personne qui n’insistera pas pour parta
ger les seringues ou d’autre matériel d’injection;
  • Évitez les situations où les gens voudront que vous partagiez vos drogues;
  • Apportez amplement de seringues et de matériel neufs pour les autres si vous consommez en groupe;
  • Montrez aux autres personnes comment s’injecter de façon sécuritaire;
  • Encouragez vos partenaires et amis à apporter suffisamment de drogues afin d’éviter qu’ils vous demandent de partager les vôtres le lendemain matin;
  • Songez à établir un budget pour votre loyer, votre bouffe et vos drogues afin de savoir combien vous pourrez dépenser sur les drogues. Cela vous aidera à éviter les sevrages, car c’est souvent dans cette situation que les gens se sentent désespérés et risquent de partager des seringues pour avoir leur drogue.
« Avant je fumais. J'ai ma propre [pipe] et deux ou trois autres aussi, alors je peux en donner une à quelqu'un s'il n'en a pas. » Nancy

Que faire quand il est impossible de se procurer des seringues ou d'autre matériel d'injection neufs?

Si vous vivez en région rurale ou dans un endroit où il n’y a pas de programme de réduction des méfaits, il peut être difficile d’obtenir des seringues ou d’autre matériel d’injection neufs et, ainsi, de ne pas par
tager le matériel ayant déjà été utilisé par quelqu’un d’autre, mais il y a des choses à faire pour consommer de façon plus sécuritaire, même si vous n’avez pas de matériel d’injection neuf :

  • Changez votre façon de consommer des drogues ou essayez de choisir une drogue que vous pouvez avaler, manger, fumer ou sniffer en attendant d’avoir des instruments d’injection neufs. Lorsque vous avez accès à un programme de réduction des méfaits, prenez des réserves de seringues, de stéricups, de filtres, d’eau, de cotons et de garrots. Si vous inhalez des drogues, prenez des réserves de pipes ou de tiges, d’embouts et de grilles.
  • Gardez votre propre seringue pour vous en servir à nouveau, mais ne laissez personne d’autre l’utiliser. Marquez-la avec du ruban, un marqueur ou un vernis à ongles pour l’identifier. Rincez la seringue avec de l’eau froide après l’usage pour empêcher que le sang sèche et bloque la seringue. (Cela ne tue pas le VIH ou l’hépatite C.) Essayez de ne pas partager votre stéricup (cuillère), coton, garrot, eau, pipes ou tiges ou tout autre matériel parce que le sang présent sur ces articles peut transmettre les infections.
  • Si vous réutilisez une aiguille, l’affûtage réduira le nombre de barbelures susceptibles de déchirer vos veines et de causer des cicatrices. Pour affûter une aiguille, cherchez de l’eau et une pochette d’allumettes. Traînez le côté biseauté de l’aiguille le long du frottoir de la pochette deux ou trois fois. Retournez l’aiguille et traînez la pointe le long du frottoir une fois. Enfoncez le piston pour faire sortir l’eau de l’aiguille. Nettoyez celle-ci avec un tampon d’alcool. Avant de vous injecter, mouillez l’aiguille avec de l’eau stérilisée pour la lubrifier.

Le partage, le prêt ou l’emprunt de matériel d’injection de drogues peuvent faciliter la propagation de l’hépatite C ou du VIH.