Une fois en traitement | CATIE - La source canadienne de renseignements sur le VIH et l'hépatite C

Pré-fix : Un guide à l'intention des personnes vivant avec l'hépatite C ou le VIH qui s'injectent des drogues

Une fois en traitement

 

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Suivre fidèlement son traitement

Le traitement de l’hépatite C ou du VIH exige la prise de pilules tous les jours. Il peut être difficile de se rappeler de prendre ses médicaments tout le temps, que l’on utilise des drogues ou pas. Les doses manquées sont un problème quant à l’efficacité du traitement. Si vous avez le VIH, les doses manquées peuvent permettre au virus de devenir résistant au traitement. Aussitôt qu’un virus acquiert une résistance à un médicament particulier, celui-ci cesse d’agir et il faut le remplacer. Si cela vous arrive, vous diminuez vos options de traitement à l’avenir. Si vous avez l’hépatite C, les doses manquées réduisent la probabilité d’éliminer le virus. Cela peut également provoquer une résistance si vous prenez les nouveaux médicaments anti-hépatite C connus sous le nom d’antiviraux à action directe.

Si vous avez de la difficulté à prendre vos médicaments tous les jours, voici une liste de suggestions qui pourrait vous aider :

  • Renseignez-vous sur vos médicaments. Essayez d’en apprendre le plus possible sur le fonctionnement de vos médicaments contre l’hépatite C ou le VIH et pourquoi il est important de les prendre. Plus vous en saurez sur votre traitement, plus vous serez enclin à le suivre rigoureusement;
  • Renseignez-vous sur le mode d'emploi de vos médicaments. Apprenez à quelle heure il faut prendre vos médicaments et s’il y a des directives spécifiques à suivre (on doit prendre certains médicaments avec de la nourriture, par exemple). Déterminez aussi si des conditions d’entreposage particulières s’imposent, comme, par exemple, les conserver au frigo. Demandez à votre médecin, infirmier ou pharmacien d’écrire tous ces renseignements pour vous;
  • Ayez des pilules supplémentaires à portée de la main. Si possible, apportez des doses supplémentaires avec vous lorsque vous sortez ou gardez-en dans les endroits que vous fréquentez régulièrement dans la journée en cas de besoin, comme les locaux d’un programme de réduction des méfaits ou une clinique de méthadone;
  • Présentez-vous tous les jours à votre pharmacie afin de prendre vos médicaments. Certaines pharmacies permettent à leurs clients de venir chercher leurs médicaments tous les jours. C’est une bonne idée pour les personnes qui n’ont pas d’endroit pour garder leurs pilules;
  • Procurez-vous un pilulier compartimenté. Utilisez des gadgets qui servent de rappel, dont les piluliers ou dosettes, afin que vous puissiez organiser votre prise de médicament pour la journée ou la semaine. Utilisez un vernis à ongles ou du ruban adhésif pour indiquer sur le pilulier l’heure où il faut prendre les médicaments;
  • Réglez une alarme pour qu'elle sonne à l'heure où vous devez prendre vos médicaments. Réglez votre cellulaire, téléavertisseur ou montre pour sonner à l’heure où vous devez prendre vos médicaments. Dans certains cas, il est possible de se faire envoyer un texto par sa clinique ou pharmacie en guise de rappel. Vous pouvez également demander à un ami de vous rappeler de prendre vos médicaments;
  • Parlez des problèmes que vous éprouvez. Votre médecin, pharmacien, infirmier ou pair-conseiller pourrait vous aider. Certaines personnes ont l’impression de faire quelque chose de mal si elles manquent une dose, mais il est normal d’avoir besoin d’aide pour suivre rigoureusement son traitement;
  • Renseignez-vous sur les programmes de soutien au traitement. Vous pourriez peut-être trouver du soutien pour vous aider à respecter votre horaire de prise de médicaments (on parle parfois de programmes de soutien à l’observance thérapeutique).

Comment savoir si le traitement fait son travail?

On vérifie l’efficacité des traitements contre l’hépatite C et le VIH à l’aide de tests sanguins qui mesurent la quantité d’hépatite C ou de VIH dans le sang. On appelle ces épreuves le test de la charge virale en VHC (virus de l’hépatite C) et le test de la charge virale en VIH.

Pendant un traitement contre 
l’hépatite C, on mesure l’hépatite C à différents moments. Idéalement, la charge virale chutera tellement qu’elle ne sera plus détectable à la fin du traitement, mais cela n’est pas toujours le cas. Avec certains médicaments, si votre charge virale diminue considérablement durant les phases précoces du traitement, vous aurez plus de chances d’éliminer le virus. Si votre charge virale en VHC est encore indétectable trois ou six mois après la fin du traitement, on présume que vous avez éliminé le virus et que vous êtes guéri de l’hépatite C. Dans un tel cas, on parle parfois de réponse virologique soutenue (RVS).

Pendant un traitement contre le VIH, la charge virale devrait diminuer et demeurer faible. Chez la majorité des personnes, la charge virale devient indétectable dans les trois ou quatre premiers mois du traitement. Toutefois, dans le cas du VIH, il faut souligner que le mot indétectable ne veut pas dire que vous êtes guéri. Le VIH est toujours présent dans votre corps, et il est encore possible de le transmettre à d’autres personnes.

Une fois que le VIH est bien maîtrisé, le système immunitaire peut se renforcer et le compte de CD4 se met habituellement à augmenter. Dans bien des cas, le compte de CD4 ne change pas aussi rapidement que la charge virale en VIH. Si votre charge virale ne devient jamais indétectable ou si elle commence à augmenter, vous aurez peut-être besoin de modifier votre combinaison de médicaments.

La consommation de drogues de rue pendant le traitement

Les médicaments contre l’hépatite C et le VIH sont susceptibles de changer les effets des drogues dans votre corps. Certains d’entre eux rehaussent les effets des drogues de rue, alors si vous comptez en prendre après avoir commencé votre traitement, songez à réduire votre consommation. Essayez la moitié de votre dose de drogue habituelle et attendez de sentir les effets.

Certaines drogues peuvent vous nuire considérablement si vous prenez des médicaments contre le VIH. Mentionnons, par exemple, que la kétamine, également appelée K (prononciation anglaise), peut endommager le foie. Songez à arrêter d’en prendre ou à changer de drogues lorsque vous aurez commencé votre traitement contre le VIH.

Si vous prenez de la méthadone, il est important de savoir que certains médicaments anti-VIH réduisent l’efficacité de celle-ci, ce qui veut dire que vous risquez d’éprouver des symptômes de sevrage. Les médicaments anti-VIH peuvent aussi modifier la quantité de buprénorphine dans votre corps. Votre médecin décidera si votre dose doit être ajustée.

Lorsqu’on prend des drogues, il peut être plus difficile de se rappeler de prendre ses médicaments, mais il y a plein de trucs à essayer pour suivre son horaire de prise de médicaments. Les drogues peuvent modifier l’effet des médicaments contre l’hépatite C ou le VIH. Soyez aussi honnête que possible avec votre médecin quant à votre consommation de drogues.

Si vous prenez certaines drogues en 
même temps que vos médicaments contre l’hépatite C, ces derniers risquent de ne pas agir aussi efficacement, et la probabilité d’éliminer le virus diminuera. Si vous prenez certaines drogues en même temps que vos médicaments contre le VIH, le virus risque d’acquérir une résistance à ceux-ci et vous aurez besoin de changer de combinaison. Parlez ouvertement à votre médecin afin de savoir quelles drogues sont sans danger et la façon de favoriser l’efficacité de votre traitement contre l’hépatite C ou le VIH.

Bien qu’il n’existe pas beaucoup de données sur les interactions entre les médicaments contre l’hépatite C et le VIH et les différentes drogues de rue et l’alcool, il est toujours prudent de parler à votre médecin, infirmier ou pharmacien de toutes les drogues que vous prenez. Même si nous ne connaissons pas toutes les interactions potentielles, votre médecin sera peut-être en mesure de vous renseigner sur les interactions connues. Songez aussi à parler à d’autres personnes qui consomment des drogues et qui suivent un traitement contre l’hépatite C ou le VIH afin de connaître leurs expériences.

Faire en sorte que tous les médicaments travaillent efficacement

Parfois, lorsqu’une personne vit avec plus d’un problème de santé, les médicaments qu’elle prend risquent d’interagir les uns avec les autres. Ici, il est question d’interactions médicamenteuses. Cela veut dire qu’un médicament peut modifier l’efficacité ou les effets secondaires d’un autre.

Parlez à votre médecin ou pharmacien de tous les produits thérapeutiques que vous prenez, y compris les plantes médicinales, les vitamines et suppléments et les médicaments en vente libre, afin qu’il puisse rester à l’affût des interactions médicamenteuses potentielles. Le fait de toujours obtenir  ses médicaments dans la même pharmacie peut aussi contribuer à prévenir les interactions médicamenteuses.

Gérer les effets secondaires du traitement de l'hépatite C ou du VIH

Tous les médicaments peuvent causer des effets secondaires, mais cela n’arrive pas à toutes les personnes qui les prennent. Certains des effets secondaires du traitement de l’hépatite C ou du VIH ressemblent aux symptômes de sevrage de drogues, alors il faudra que vous soyez plus à l’écoute de votre corps lorsque vous débutez le traitement. Les effets secondaires les plus fréquents des médicaments contre l’hépatite C et du VIH comprennent la fatigue, la diarrhée et la nausée. Certains effets secondaires se manifestent plus fréquemment lorsque des médicaments particuliers sont utilisés, tels les diarrhées associées au ritonavir (Norvir). La bonne nouvelle est que l’intensité des effets secondaires diminue avec le temps. Dans le cas des traitements par AAD, les effets secondaires sont généralement temporaires et leur intensité est légère ou modérée.

Si vous avez de la difficulté à vivre avec les effets secondaires, n’arrêtez pas de prendre vos médicaments. Parlez plutôt à votre médecin, infirmier ou pharmacien. Vous pouvez faire plein de choses pour alléger les effets secondaires tout en poursui
vant votre traitement. Certaines thérapies complémentaires, dont les plantes médicinales et les médecines traditionnelles autochtones, peuvent aussi aider à atténuer les effets secondaires. Si vous envisagez ce genre de thérapie, parlez-en à votre médecin avant de commencer afin de vous assurer qu’il n’y aura pas d’interaction avec vos médicaments contre l’hépatite C ou le VIH.

Voici une liste d’effets secondaires 
courants des médicaments contre 
l’hépatite C et le VIH et de stratégies susceptibles de vous aider à les gérer.

Effet secondaire d’un médicament contre le VIH ou l’hépatite C

Description

Ce que vous pouvez faire

Nausées

Ceci est une sensation très désagréable dans l'estomac qui vous donne envie de vomir.

Ne sautez pas les repas, mais prenez plusieurs petites collations. Essayez de manger des bananes, des rôties sèches, des pommes, du riz, des nouilles ou de la soupe. Évitez les aliments gras et les produits laitiers.

Prenez plusieurs gorgées d’eau. Essayez de boire environ deux litres d’eau par jour en la sirotant.

Renseignez-vous sur les médicaments contre la nausée auprès de votre médecin.

Diarrhées

Vous avez les selles molles ou liquides. La perte excessive d'eau peut causer la déshydratation.

Buvez beaucoup d’eau et évitez les breuvages caféinés comme le café, le thé et les colas.

Mangez des bananes, du riz ordinaire, des rôties sèches et de la compote de pommes.

Parlez à votre médecin des médicaments contre la diarrhée.

Maux de tête

Ceci est une douleur dans la tête. La douleur peut être sourde, aiguë ou pulsatile et elle peut durer peu de temps ou longtemps.

Si vous faites des maux de tête graves ou qui durent plus de quelques heures ou qui reviennent souvent, parlez-en à votre médecin et consultez un spécialiste.

Vérifiez auprès de votre médecin quels médicaments contre la douleur vous pouvez prendre sans danger.

Les maux de tête se produisent parfois lorsque vous ne buvez pas assez d’eau ou que vous ne mangez pas assez souvent. Assurez-vous de boire suffisamment de liquides.

Traitements anti-
VIH seulement :

 

 

Éruptions cutanées

Vous risquez d'avoir une éruption cutanée ou des démangeaisons de la peau durant les premières semaines de votre traitement contre le VIH.

Le plus souvent, l’éruption cutanée ou les démangeaisons disparaissent toutes seules. Il reste qu’une éruption cutanée peut être le signe d’une réaction allergique à un médicament. Signalez immédiatement toute éruption cutanée à votre médecin.

« Les médicaments me rendaient un peu malade de temps en temps. J'ai perdu un peu de poids et j'éprouvais quelques effets secondaires, notamment des courbatures et des douleurs qui me ralentissaient un peu. Mais quand j'y pense, il y avait plus de hauts que de bas. » Rob

Pour en savoir plus sur les autres effets secondaires des médicaments contre l'hépatite C et les stratégies pour les gérer, consultez Comment gérer les effets secondaires du traitement de l'hépatite C.

Pour plus d'information sur les autres effets secondaires des médicaments contre le VIH et les et les moyens d'y faire face, consultez en ligne ou commandez Un guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH.

Que faire si vous voulez changer de traitement contre le VIH?

Si vous trouvez que vos médicaments anti-VIH ne réduisent pas votre charge virale, si les effets secondaires sont trop difficiles à supporter ou si vous avez de la difficulté à respecter l’horaire de votre prise de médicament, vous voudrez peut-être modifier votre traitement. Travaillez de près avec votre médecin pour déterminer les médicaments qui vous convien
draient mieux.

Consultez en ligne Changer de traitement dans Un guide pratique du traitement antirétroviral ou commandez un exemplaire du guide.

Après le traitement de l'hépatite C

Lorsque vous aurez terminé votre traitement contre l’hépatite C, vous passerez un dernier test de dépistage après trois ou six mois afin de déterminer si le traitement a réussi. Ce test est important parce qu’il permet de confirmer que le virus a été éliminé. Quel que soit le résultat, il y a des choses que vous pouvez faire pour bien vivre après le traitement de l’hépatite C.

Si le traitement a réussi à éliminer le virus : Si votre foie a subi beaucoup de dommages (cirrhose), votre médecin voudra peut-être vous faire passer un dépistage du cancer du foie de façon régulière. Si vous avez des dommages au foie, il est possible que vous en éprouviez les effets, comme la fatigue ou les problèmes de concentration. Chez un grand nombre de personnes, le foie guérit tout seul. Pour en savoir plus sur les soins du foie dans les cas de cirrhose, consultez Comprendre la cirrhose du foie : Premières étapes après un nouveau diagnostic.

Même si vous avez guéri de l’hépatite C, vous pourriez contracter le virus à nouveau. Le fait d’avoir suivi un traitement contre l’hépatite C ne vous protégera pas à l’avenir. En sachant comment l’hépatite C se transmet d’une personne à l’autre, vous pourrez prendre les mesures nécessaires afin de vous protéger et protéger les autres. Lisez les sections sur la consommation plus sécuritaire de drogues et les relations sexuelles plus sécuritaires dans ce guide pour en savoir plus.

« J'ai suivi le traitement avec succès, mais ça ne veut pas dire que je n'aurai plus jamais l'hépatite C, loin de là. Si je ne fais pas attention comme tout le monde, je contracterai de nouveau l'hépatite C. » Bill

Si le traitement n'a pas réussi à éliminer le virus : Si le traitement a échoué, vous risquez d’éprouver beaucoup d’émotion comme la colère, la frustration ou la 
tristesse. Vous voudrez peut-être 
discuter avec un proche, un pair-aidant ou un conseiller de ce que vous ressentez. Concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire pour réduire les dommages au foie et mieux vivre. Consultez la section 
« Comment vivre en le plus possible en santé avec l’hépatite C ou le VIH ». Vous voudrez peut-être tenter le 
traitement à nouveau à l’avenir.

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