Pré-fix : Un guide à l'intention des personnes vivant avec l'hépatite C ou le VIH qui s'injectent des drogues

Comment vivre en santé le plus possible avec l'hépatite C ou le VIH

Bâtir une équipe pour se faire soigner

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les gens veulent créer des liens avec d’autres personnes et services. Le soutien émotionnel, l’aide pratique et l’appui spirituel de sa famille et de ses proches, des conseillers et des leaders spirituels comme les aînés autochtones ou les ministres peuvent rendre la vie avec l’hépatite C ou le VIH plus facile. Pour leur part, les autres personnes ayant l’hépatite C et le VIH peuvent partager avec vous comment elles vivent avec ces virus au quotidien.

Vous devriez consulter régulièrement un médecin ou un autre intervenant de la santé. L’hépatite C et le VIH sont des affections médicales graves qui nécessitent des soins médicaux réguliers. L’hépatite C endommage le foie, un organe sans lequel la vie est impossible. On appelle les dommages graves au foie la cirrhose, et celle-ci peut causer l’insuffisance hépatique ou le cancer du foie. Le VIH affaiblit le système immunitaire, de sorte que le corps a plus de difficulté à combattre les infections, dont certaines peuvent vous tuer.

Il est possible de vivre pendant plusieurs années avec l’hépatite C ou le VIH sans se sentir malade, mais sachez que le virus est en train d’endommager votre corps. Le fait d’avoir l’hépatite C ou le VIH vous  met à risque d’autres problèmes de santé aussi, dont les maladies cardiaques, le diabète, les problèmes de thyroïde et les troubles osseux.

La bonne nouvelle est qu’il est possible de guérir l’hépatite C chez plusieurs personnes, et il existe des médicaments qui aident à contrôler le VIH. En consultant régulièrement un médecin ou autre travailleur de la santé, vous pourrez vivre longtemps et en bonne santé.

Si vous voulez plus de renseignements sur les services dans votre région, visitez 
www.vhc411.ca ou www.vih411.ca ou le site Web de CATIE au www.catie.ca ou communiquez avec nous au 1-800-263-1638 (nous acceptons les appels à frais virés en provenance des prisons canadiennes).

Manger sainement

Une saine alimentation est un moyen essentiel de favoriser une bonne santé. Cela peut être difficile si vous n’avez pas beaucoup d’argent ou de logement sécuritaire, mais il y a des moyens bon marché d’obtenir la nourriture qu’il vous faut.

  • Essayez de manger quelques fruits ou légumes tous les jours. Les fruits et légumes coûtent moins cher quand ils sont de saison. Par exemple, les pommes et les carottes sont de saison à l'automne, alors que les épinards et les prunes sont meilleurs à l'été. Pour certaines personnes, la cueillette de petits fruits fait partie de leur culture, et c'est un excellent moyen de manger plus de fruits;
  • Essayez de manger de la protéine tous les jours. Les variétés abordables comprennent le beurre d'arachide, les fèves, les œufs, le tofu et les poissons en conserve, dont le thon. Si la chasse et la pêche sont des activités qui vous plaisent ou qui font partie de votre culture, cela peut être un bon moyen d'obtenir de la protéine;
  • Le pain et les pâtes ne coûtent pas cher et donnent une bonne dose d'énergie; privilégiez les produits à base de grains entiers, tels que les pains bruns ou les pâtes de blé entier ou de riz;
  • Vous n'avez pas de frigo ou de cuisinière? Il y a un grand choix d'aliments nutritifs qui se conservent bien et qui n'ont pas besoin d'être cuits, comme les pains et les bagels, le beurre d'arachide ou les noix, les barres de céréales, le lait en poudre, le thon ou le saumon en conserve, les fèves en conserve, les raisins secs, les bananes et les pommes;
  • Quand vous consommez des drogues, buvez des boissons riches en calories, comme les laits frappés, le lait au chocolat ou la boisson de soya. Mangez le plus sainement possible;
  • Planifiez à l'avance. Avant de dépenser de l'argent sur les drogues, essayez d'acheter des aliments qui se conservent longtemps comme le gruau d'avoine, le beurre d'arachide et les soupes et les ragoûts en boîte;
  • Demandez à vos amis, intervenants de la santé et conseillers de vous proposer des ressources alimentaires — il est possible qu'ils connaissent des soupes populaires, des banques alimentaires ou des services de partage de nourriture gratuits.

Si vous éprouvez des problèmes de santé comme la perte de poids, la nausée, les vomissements ou la diarrhée, consultez Un guide pratique de la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH pour obtenir des conseils pratiques. Consultez aussi la section du guide intitulée « La dépendance et le rétablissement ».

« Je mange très bien, je dors, je ne sors pas pour consommer tous les jours. J'ai vu beaucoup d'amis mourir; ils avaient le sida avéré mais ils sortaient et consommaient tous les soirs. Tous mes copains de l'époque sont morts. T'arrives donc à la conclusion que manger, dormir et s'abstenir de consommer te permettront de vivre plus longtemps. » Silke

L'eau potable

Essayez de boire beaucoup d’eau tous les jours, surtout si vous buvez de l’alcool ou que vous prenez de l’ecstasy, de la cocaïne ou des amphétamines. Cela risque d’être difficile si vous n’avez pas accès à de l’eau potable. Si  tel est le cas, les jus nutritifs et le lait sont de bonnes options. L’eau peut aider le corps à métaboliser les nutriments et fait en sorte que le foie travaille moins fort pour éliminer les déchets. Le manque d’eau (déshydratation) peut causer la fatigue. L’alcool, le café et les autres boissons contenant de la caféine (comme certaines liqueurs) ne sont pas de bons substituts parce qu’ils font en sorte que le corps perd de l’eau.

Les multivitamines

Les multivitamines peuvent donner plus de vitamines à votre corps lorsque vous n’êtes pas en mesure de bien manger tout le temps. Consultez votre médecin avant de commencer à en prendre. Pour écono
miser de l’argent, achetez une marque générique bon marché ou renseignez-vous auprès d’un organisme local de santé communautaire, une clinique ou une pharmacie quant à la possibilité d’en obtenir gratuitement. Dans certains cas, les vitamines sont subventionnées par les régimes d’assurance maladie publics ou privés.

Faire de l'exercice

L’exercice augmente l’énergie et réduit le stress. Commencez par une activité simple qui vous plaît, comme marcher, danser ou nager dans une piscine publique.

Parfois, les personnes qui sont en traitement contre l’hépatite C ou le VIH se sentent très fatiguées. Si cela vous arrive, faites des étirements faciles, en position assise, ou marchez pendant quelques minutes. Rappelez-vous que chaque petit effort compte.

Certaines personnes font déjà beaucoup d’exercice tous les jours. C’est souvent le cas des personnes itinérantes qui doivent se déplacer beaucoup à pied.

Dormir

Le sommeil aide le corps à guérir et à combattre les infections. Certaines drogues, dont le crack, la cocaïne, les amphétamines et le crystal meth, procurent une certaine vivacité d’esprit et estime de soi pendant un bout de temps, mais elles risquent aussi de compromettre le sommeil. Certains médicaments contre l’hépatite C ou le VIH sont susceptibles de causer des problèmes de sommeil, tout comme le stress de vivre avec ces infections. Enfin, les personnes vivant avec l’hépatite C qui ont des lésions hépatiques importantes sont portées à avoir de la difficulté à dormir. Voici quelques conseils pour favoriser un meilleur sommeil :

  • Si vous êtes sur le party, songez à cesser votre consommation de drogues quelques heures avant la fin de la soirée afin de pouvoir mieux dormir;
  • Si vous consommez pendant une période prolongée, essayez de limiter le nombre de jours que vous passez sans dormir;
  • Essayez de vous coucher à la même heure tous les soirs; cela aide le corps à s'habituer à un rythme de sommeil particulier;
  • Essayez de créer un rituel avant de vous coucher, tel que boire un verre de lait, écouter de la musique douce ou lire; cela signalera à votre corps qu'il est temps de dormir;
  • Si vous avez de la difficulté à dormir longtemps, faites des siestes;
  • Si vous dormez à l'extérieur, essayez de rester chaud, sec et à l'abri du vent; essayez de garder la tête, les pieds et les mains couverts;
  • Si vous dormez dans un refuge, essayez d'y arriver assez tôt pour trouver un coin tranquille pour dormir.

« Même si tu choisis de consommer, tu dois aussi prendre le temps de manger, de dormir et de te laver, non? Occupe-toi des responsabilités de la vie aussi. » Nancy

Les drogues, l'alcool et le tabac

Les drogues, l’alcool et le tabac nuisent au corps. Ils peuvent endommager le foie et affaiblir le système immunitaire. Si vous vivez avec l’hépatite C ou le VIH, votre corps est déjà stressé par l’infection, alors il est particulièrement important de prendre soin de votre foie et de votre système immunitaire. Lorsqu’elles découvrent qu’elles ont l’hépatite C ou le VIH, certaines personnes choisissent de modifier leur consommation de drogues, de boire ou de fumer moins ou encore d’arrêter une fois pour toutes.

Apprendre que vous avez l’hépatite C ou le VIH pourrait vous inciter à modifier vos habitudes de consommation de drogues. Vous choisirez peut-être d’en consommer moins ou de remplacer des drogues dures par des options moins nocives comme la marijuana. Vous voudrez peut-être parler à votre médecin de la possibilité de suivre un traitement de substitution comme la méthadone ou la buprénorphine. Vous pourriez même décider d’arrêter. Quel que soit votre choix, sachez qu’il y a des gens qui pourront vous aider.

Boire moins d’alcool est l’un des meilleurs choix que vous puissiez faire pour votre santé, surtout si vous avez l’hépatite C. L’abstinence améliore aussi les chances de bien réussir le traitement de cette infection. Si vous voulez faire ce changement dans votre vie, essayez différentes stratégies pour découvrir celles qui vous conviennent. Voici quelques suggestions :

  • Fixez une limite de consommation d’alcool que vous croyez réaliste et respectez-la;
  • Alternez vos consommations alcoolisées par des boissons sans alcool comme de l’eau;
  • Changez pour des formats plus petits ou des boissons à plus faible teneur en alcool (une bière à trois pour cent au lieu de cinq, par exemple);
  • Diluez les alcools forts avec du jus, des boissons gazeuses ou de l’eau;
  • Cherchez du soutien auprès d’un groupe de soutien, d’un programme de traitement des dépendances ou d’un conseiller.
« Il faut commencer par réduire sa consommation d'alcool. Ça tue le foie. J'ai failli mourir à cause de la boisson. » Nancy

Le tabagisme nuit beaucoup au corps. Il peut être difficile d'arrêter ou de réduire parce que la nicotine dans les cigarettes crée une forte dépendance, mais c'est une mesure importante à prendre pour améliorer sa santé. Si vous voulez de l'aide pour arrêter de fumer ou diminuer, composez le 1-877-513-5333 pour contacter le service Téléassistance pour fumeurs.

Les thérapies complémentaires

L’acupuncture, le massage, la méditation et les méthodes de guérison traditionnelles autochtones (sueries et plantes médicinales, par exemple) sont quelques exemples de thérapies complémentaires. Les thérapies complémentaires telles la médecine douce ou alternative ne guérissent pas l’hépatite C ou le VIH, mais elles peuvent être utiles à votre foie et à votre système immunitaire, en plus de réduire le stress et de vous aider à alléger les effets secondaires et les symptômes de l’infection.

Certaines thérapies complémentaires peuvent être offertes gratuitement dans les organismes locaux de santé communautaire, les réseaux de personnes qui consomment des drogues et les programmes de réduction des méfaits.

Si vous souhaitez utiliser des plantes médicinales ou d’autres suppléments, parlez-en d’abord à votre médecin ou pharmacien parce que certains d’entre eux risquent d’interagir avec les médicaments contre l’hépatite C ou le VIH. Si cela se produit, vos médicaments pourraient cesser d’agir ou les effets secondaires pourraient s’aggraver.

Pour en savoir davantage, consultez en ligne Thérapies complémentaires et hépatite C ou commandez Un guide pratique des thérapies complémentaires pour les personnes vivant avec le VIH.

Prendre soin de sa santé émotionnelle

La consommation de drogues peut causer des hauts et des bas émotionnels. Vous risquez aussi de faire face à de nombreux évènements dans la vie qui perturbent votre santé émotionnelle. La dépression et l’anxiété touchent plusieurs personnes. De plus, les effets secondaires des médicaments contre l’hépatite C et le VIH peuvent parfois provoquer la déprime ou l’anxiété. Il existe des moyens d’alléger l’impact de l’usage de drogues ainsi que des traitements pour la dépression et l’anxiété. Le plus important est de savoir que vous n’êtes pas seul. Vous pouvez trouver de l’aide. Parlez à quelqu’un en qui vous avez confiance.

Comment rendre les bas moins durs à vivre. Certaines personnes qui consomment des drogues encouragent fortement de se préparer en vue des moments éprouvants ou « downs » afin d’avoir à 
sa disposition l’essentiel pour se prendre en charge lorsque la dépression ou 
l’anxiété se manifeste. À part votre 
trousse de drogues, songez à créer une 
« trousse pour les moments difficiles » qui contient des éléments qui vous aident à vous détendre, tels que la musique douce, un film comique, un exercice de méditation enregistré ou un objet spécial qui vous donne de la force. Pour certaines personnes, se promener dans la nature les aide à se détendre. Dormir suffisamment, manger sainement, passer du temps avec des proches et faire de l’exercice régulièrement sont autant de stratégies qui aident à faire face aux « downs ». Un pair-aidant ou un intervenant en réduction de méfaits pourrait vous suggérer des stratégies pour composer avec les bas. Un pair-aidant ou un intervenant en réduction des méfaits pourrait également vous suggérer des stratégies pour composer avec les bas.

Parfois, les « downs » peuvent être particulièrement difficiles. Si vous êtes très déprimé ou avez envie de vous faire mal ou vous tuer, parlez de ce que vous ressentez avec une personne en qui vous avez confiance. Communiquez avec un médecin, un organisme local de santé communautaire, un programme de réduction des méfaits, un service d’urgences, un travailleur social ou un autre endroit où vous vous sentez en sécurité pour partager vos pensées et de vos sentiments. Cela prend du courage, mais un peu de soutien vous aidera à mieux gérer ces sentiments. Vous pouvez aussi appeler le numéro d’urgence dans votre localité (souvent le 911).

Vivre avec les effets du traitement sur la santé mentale. Certains médicaments anti-VIH peuvent avoir un impact sur votre humeur.

Si vous avez l’impression que votre traitement anti-VIH a un impact sur vos émotions et votre santé mentale, parlez-en à votre médecin. Il est possible que vous puissiez remplacer vos médicaments par d’autres qui ne causent pas les mêmes effets secondaires. Certaines personnes trouvent que les discussions régulières avec un conseiller ou un travailleur social (thérapie par la parole) peuvent être utiles pour traiter la dépression et l’anxiété.

La dépression est un effet secondaire potentiel des traitements anti-hépatite C comportant le peg-interféron. Les traitements qui n’incluent que des antiviraux à action directe (AAD) ne causent pas la dépression ou l’anxiété. Si vous comptez suivre un traitement anti-hépatite C incluant le peg-interféron et que vous avez déjà souffert de dépression, parlez-en à votre médecin. Les lignes directrices sur le traitement de l’hépatite C recommandent de prendre des antidépresseurs avant de commencer un traitement anti-hépatite C comportant le peg-interféron.

Vivre avec la douleur

Les personnes vivant avec l’hépatite C ou le VIH sont nombreuses à éprouver de la douleur à un moment donné. Il peut être difficile de traiter la douleur chez les personnes qui consomment des drogues parce qu’ils ont souvent une tolérance élevée à la douleur ou encore parce que certains médecins ne veulent pas leur prescrire d’antidouleurs.

Les personnes qui prennent de l’héroïne ou qui suivent un traitement de méthadone ou buprénorphine risquent d’avoir une tolérance plus élevée que la normale à la douleur et pourraient avoir besoin de prendre une dose plus élevée des médicaments contre la douleur. Si vous prenez de la méthadone ou de la buprénorphine, certains médecins estimeront que vous n’éprouvez pas de douleur et, par conséquent, ne vous prescriront pas suf
fisamment d’antidouleurs. Si un médecin considère que votre douleur est liée à la drogue ou que vous cherchez simplement à vous défoncer, il risque de ne pas vouloir vous traiter.

Si vous avez de la difficulté à travailler avec votre médecin pour maîtriser votre douleur, essayez de lui parler clairement 
et ouvertement de votre douleur et de votre consommation de drogues. Vous voudrez peut-être vous faire accompagner par un ami, un pair-aidant ou un travailleur de la santé afin d’avoir du soutien. Prenez note des caractéristiques de la douleur suivantes :

  • Où se situe la douleur?
  • Quelle est l'intensité de la douleur, sur une échelle de 1 à 10?
  • À quels moments la douleur se manifeste?
  • À quels moments éprouvez-vous un soulagement de la douleur?
  • La douleur vous empêche-t-elle de faire vos tâches quotidiennes — s'habiller, cuisiner, travailler, par exemple?

Si vous avez l'hépatite C, faites attention à votre utilisation d'acétaminophène (Tylénol). Ce médicament peut nuire au foie, et les doses élevées pourraient être un problème si vous avez plusieurs lésions hépatiques. Discutez avec votre médecin afin de connaître les antidouleurs qui vous conviennent le mieux.