Hépatite C : Un guide détaillé

L’usage plus sécuritaire de drogues et d’alcool pendant le traitement contre l’hépatite C

La question revient souvent : « Puis-je prendre de la drogue ou boire de l’alcool pendant mon traitement contre l’hépatite C? » La réponse n’est pas simple; elle dépend en partie de la façon dont chaque personne consomme ces substances.

Certaines personnes peuvent réussir à suivre leur traitement contre l’hépatite C tout en consommant des drogues ou de l’alcool. Dans d’autres cas, le choix d’arrêter d’en consommer ou de réduire leur consommation aide les personnes à se préparer au traitement et à le suivre jusqu’à la fin.

Chaque personne est dans une situation différente; le traitement peut être possible même si la personne consomme des drogues ou de l’alcool.

Collaborer avec un médecin

Certains médecins n’acceptent pas de traiter des personnes qui ont l’hépatite C si elles sont consommatrices de drogues. Dans le document intitulé « La prise en charge de l’hépatite C chronique : Des lignes directrices consensuelles », la consommation actuelle de drogue n’est toutefois pas considérée comme une raison valable de refuser de prescrire un traitement à une personne.

Une des raisons du refus de certains médecins de traiter une personne qui consomme des drogues est la crainte que cette personne contracte l’infection à nouveau ou qu’elle trouve difficile de se conformer au régime thérapeutique. Une autre raison peut être la crainte d’une interaction entre certaines drogues récréatives et des médicaments contre l’hépatite C.

Les drogues et le traitement de l’hépatite C

Il n’existe pas beaucoup d’information au sujet des répercussions possibles des drogues (comme l’héroïne, le crack, la méthamphétamine en cristaux [crystal meth] ou le speed) sur le foie, ni au sujet de l’interaction entre les médicaments contre l’hépatite C et les drogues.

La prévention des surdoses

Certains médicaments contre l’hépatite C peuvent intensifier l’effet des drogues. Pour réduire le risque de surdose, il est recommandé, si l’on consomme des drogues, de le faire en plus petite quantité pendant les premières semaines ou les premiers mois du traitement contre l’hépatite C, pour voir l’effet produit. Une dose plus faible de drogue, pendant le traitement, pourrait avoir le même effet qu’une dose complète avant le début du traitement.

Deux autres moyens peuvent contribuer à éviter les surdoses : suivre une formation concernant le naloxone (Narcan), s’il vous est possible d’en obtenir, et être en compagnie d’une personne de confiance lorsque l’on consomme de la drogue.

Le traitement contre l’hépatite C lorsqu’on ne s’injecte plus de drogues

Un des médicaments contre l’hépatite C – le peginterféron – se prend par injection. Or certaines personnes qui ont arrêté de consommer des drogues par injection (ou qui essaient d’abandonner cette pratique, ou de réduire leur consommation) se sentent mal à l’aise à cause des aiguilles qui servent à s’injecter ce médicament, ou y voient un déclencheur.

Une stratégie pour répondre à cette situation consiste à demander que l’injection de peginterféron soit faite par un médecin ou une infirmière.

Par ailleurs, certains des effets secondaires de médicaments contre l’hépatite C peuvent ressembler grandement à des symptômes de sevrage. Il peut être utile de s’informer auprès d’un fournisseur de soins de santé pour apprendre à composer avec les effets secondaires.

Les traitements de substitution aux opiacés (méthadone, buprénorphine) et le traitement contre l’hépatite C

La méthadone et la buprénorphine sont généralement sans danger pour le foie. Les personnes en traitement de substitution aux opiacés arrivent souvent à suivre le traitement complet contre l’hépatite C.

Pour certaines personnes, les médicaments contre l’hépatite C donnent la sensation d’être en sevrage; leur dose de méthadone peut alors être ajustée, pour qu’elles se sentent mieux.

Pour d’autres personnes, les médicaments contre l’hépatite C augmentent la sensibilité à la méthadone; dans ce cas, la dose de méthadone est à réduire.

Puisque les médicaments contre l’hépatite C peuvent aussi causer une augmentation ou une diminution de la quantité de buprénorphine présente dans le corps, une personne peut avoir besoin d’un ajustement à sa dose de buprénorphine après le début du traitement contre l’hépatite C.

La marijuana (pot)

Fumer de la marijuana peut comporter des risques et des bienfaits, pour les personnes qui vivent avec l’hépatite C.

Certaines personnes veulent éviter la marijuana parce qu’elle peut endommager le foie. D’autres personnes observent que la consommation de marijuana les aide à gérer leurs effets secondaires et à continuer leur traitement contre l’hépatite C. Pour plus d’information, consultez l’article intitulé Quel effet la marijuana a-t-elle sur l’hépatite C?

L’alcool

Le traitement contre l’hépatite C a de meilleures chances d’être efficace si la personne peut réduire ou cesser sa consommation d’alcool. L’alcool rend les médicaments contre l’hépatite C moins efficaces dans l’élimination du virus. Il peut aussi rendre plus difficile le respect du régime de traitement. Voici certaines stratégies de réduction des méfaits qui peuvent être utiles :

  • Se fixer un but pour ce qui concerne l’alcool, et essayer de respecter cette décision.
  • Espacer les consommations alcoolisées par des breuvages sans alcool (eau, jus, boisson gazeuse).
  • Opter pour de plus petites consommations d’alcool ou pour des boissons contenant moins d’alcool (une bière à 3 % d’alcool plutôt que 5 %, par exemple).
  • Diluer les alcools forts en y ajoutant du jus, une boisson gazeuse ou de l’eau.
  • Trouver du soutien auprès d’un groupe d’entraide; suivre un traitement de la toxicomanie ou des séances de counseling.

Révisé en 2014.