Hépatite C : Un guide détaillé

Information relative au counseling pré-test et post-test en rapport avec le dépistage de l’hépatite C

À l’heure actuelle au Canada, il n’existe pas de lignes directrices formelles concernant le counseling pré-test et post-test à offrir en lien avec le dépistage de l’hépatite C (VHC). Cet article présente des renseignements que les intervenants de la santé pourraient trouver utiles lorsqu’ils conseillent les gens tout au long du processus de dépistage.

Pourquoi le counseling et l’éducation en matière d’hépatite C sont-ils importants?

L’objectif principal du counseling en matière d’hépatite C consiste à offrir un soutien aux personnes à mesure qu’elles passent par les étapes du processus de dépistage, peu importe les résultats de leurs tests. Par le counseling et l’éducation, les intervenants de première ligne peuvent fournir :

  • un processus de consentement éclairé
  • des renseignements sur l’hépatite C, notamment en ce qui concerne la prévention, le traitement et les soins du foie
  • un soutien émotionnel pour préparer les clients à recevoir les résultats des tests
  • de l’encouragement afin que le client revienne chercher ses résultats
  • une orientation vers des services de soins et d’autres services dans la communauté

Les résultats des tests de dépistage de l’hépatite C sont-ils déclarés aux autorités de la santé publique?

L’hépatite C est une maladie à déclaration obligatoire partout au Canada. Autrement dit, la loi exige que chaque diagnostic d’hépatite C soit signalé aux autorités locales de la santé publique. Les renseignements personnels de base que l’on doit déclarer peuvent varier d’une province ou d’un territoire à l’autre, mais il faut généralement inclure la nature du diagnostic et le nom de la personne, ainsi que sa date de naissance et ses coordonnées. La déclaration des maladies permet de surveiller la prévalence des infections dans la collectivité et à orienter les stratégies de prévention.

Les définitions de cas utilisées pour la déclaration des maladies diffèrent d’une province à l’autre. La définition de cas est fondée sur les critères établis par les autorités de la santé publique pour décrire une maladie. Dans la plupart des provinces, la définition de cas pour l’hépatite C est un résultat positif au test de dépistage des anticorps anti-hépatite C. Les bureaux locaux de la santé publique contactent les personnes qui reçoivent un résultat positif pour leur offrir plus d’information, les diriger vers des soins de santé et leur conseiller de passer d’autres tests. Ils pourraient aussi demander les noms et coordonnées d’autres personnes qui auraient pu être exposées à l’hépatite C afin de pouvoir les contacter et les encourager à se faire tester. Il existe des options différentes pour aviser ces autres personnes, et il est possible de le faire sans dévoiler le statut de la personne diagnostiquée.

L’information fournie aux autorités de la santé publique est confidentielle, comme tous les renseignements médicaux.

Le dépistage anonyme de l’hépatite C n’existe pas au Canada.

Que veut dire « processus de consentement éclairé »?

Le processus de consentement éclairé est un élément important du dépistage. Les objectifs du processus de consentement éclairé consistent à s’assurer que la personne :

  • accepte volontairement de se faire tester
  • comprend les étapes et les conséquences du dépistage, y compris la déclaration des résultats aux autorités de la santé publique
  • reçoit un counseling avant et après les tests afin de pouvoir se préparer à les passer et à recevoir les résultats

Quelles sortes de tests sont utilisées?

Le dépistage de l’hépatite C repose sur deux tests différents :

  1. Test de dépistage des anticorps anti-hépatite C
  2. Test de recherche de l’ARN VHC ou test de dépistage de l’antigène capsidique

Pour en savoir plus sur les types de tests utilisés pour le dépistage de l’hépatite C, visitez Tests diagnostiques.

Combien de consultations sont nécessaires pour compléter le processus de dépistage?

Lorsque le processus de dépistage de l’hépatite C consiste en un test de dépistage des anticorps suivi d’un test de recherche de l’ARN, jusqu’à trois consultations peuvent être nécessaires, comme suit :

  1. Séance de counseling avant le test des anticorps et un prélèvement de sang aux fins de ce test.
  2. Séance de counseling concernant le résultat du test des anticorps et, s’il est positif, un deuxième prélèvement de sang aux fins du test de recherche de l’ARN VHC.
  3. Séance de counseling au sujet du résultat du test de recherche de l’ARN.

Lorsque le processus de dépistage de l’hépatite C repose sur un test des anticorps suivi d’un test de dépistage de l’antigène capsidique, deux consultations sont souvent suffisantes :

  1. Séance de counseling avant le test, suivie d’un prélèvement de sang pour effectuer le test des anticorps et, si nécessaire, le test de dépistage de l’antigène capsidique aussi (notons qu’il est possible d’effectuer les deux tests en utilisant le même échantillon de sang).
  2. Séance de counseling au sujet du résultat du test de dépistage de l’antigène capsidique.

Il est important d’encourager les gens à revenir chercher les résultats de leurs tests lors de chaque étape du processus de dépistage. 

Comment peut-on adapter l’information fournie lors du counseling à l’individu?

Certaines personnes trouvent qu’il est difficile ou éprouvant de passer par le processus de dépistage, d’être ouvertes au counseling pré- et post-test et d’agir en réponse à l’information fournie lors du counseling. Franchir chacune de ces étapes peut nécessiter une mesure de stabilité, l’accès à des ressources, un soutien social et une bonne estime de soi.

Certaines personnes se font tester régulièrement pour l’hépatite C et en savent beaucoup sur le virus. Il est possible que ces personnes n’aient pas besoin de recevoir beaucoup d’information au cours du processus.

Il est important de personnaliser à la fois la quantité et le genre de renseignements que vous donnez, ainsi que la manière dont ils sont présentés à la personne.

Gardez les enjeux suivants à l’esprit :    

  • Est-ce que la personne se sent submergée par l’information?
  • Est-ce que la personne veut plus d’information ou moins?
  • Est-ce que la personne a besoin de soutien additionnel pour continuer jusqu’à l’étape suivante du processus de dépistage? Comment peut-elle entrer en contact avec les organismes qui fournissent un tel soutien? 
  • Est-ce que la personne a besoin de soutien additionnel pour mettre en œuvre les recommandations fournies lors des séances de counseling? Comment peut-elle entrer en contact avec les organismes qui fournissent un tel soutien?  

Lors de chaque étape du processus de dépistage, il est important de laisser à la personne le temps de poser des questions.

Pour obtenir plus d’information sur les organismes qui fournissent des services de soins de l’hépatite C, de counseling et d’aide pratique (comme l’aide au logement) dans une région particulière, visitez VHC411.ca.

Suggestions de sujets à discuter lors des différentes étapes du processus de dépistage

Counseling pré-test avant le test de dépistage des anticorps anti-hépatite C

  • Déterminez les antécédents de dépistage de l’hépatite C et de counseling de la personne, ainsi que l’ampleur de ses connaissances à l’égard de l’hépatite C et de son traitement.
  • Expliquez ce qu’est l’hépatite C, y compris les modes de transmission (contact de sang à sang).
  • Expliquez que la plupart des personnes atteintes d’hépatite C n’éprouvent aucun symptôme pendant de nombreuses années.
  • Expliquez le lien qui existe entre l’hépatite C et l’acquisition d’autres maladies, comme le VIH et d’autres infections transmissibles sexuellement (ITS). Il serait peut-être approprié de recommander un dépistage du VIH ou d’autres infections.
  • Expliquez que le dépistage est volontaire et confidentiel (le dépistage anonyme de l’hépatite C n’est pas possible au Canada).
  • Demandez à la personne comment elle réagirait si elle découvrait qu’elle avait l’hépatite C. Cela peut révéler de la fausse information que la personne a assimilée et vous permettre de mieux la préparer à recevoir le résultat du test.
  • Décrivez en détail le genre de dépistage qui sera effectué et la signification du résultat de tous les tests : dépistage des anticorps;  test de recherche de l’ARN VHC ou test de dépistage de l’antigène capsidique.
  • Expliquez que les résultats devraient être prêts dans deux à quatre semaines et que les retards ne signifient pas nécessairement un résultat positif.
  • Expliquez à la personne que, si elle apprend qu’elle a l’hépatite C, elle aura à sa disposition des options de traitement qui guérissent la plupart des gens.
  • Expliquez les façons de prévenir la transmission de l’hépatite C et d’autres maladies transmissibles par le sang (y compris le VIH et l’hépatite B).
  • Rassurez la personne et dirigez-la vers une source de soutien émotionnel pendant qu’elle attend le résultat.
  • Si approprié, discutez des vaccins contre les hépatites A et B et la pneumonie et expliquez les modalités d’accès. Expliquez à la personne qu’il n’existe aucun vaccin contre l’hépatite C.

Counseling post-test advenant un résultat négatif au test de dépistage des anticorps anti-hépatite C

Un résultat négatif au test des anticorps veut dire que la personne n’a pas l’hépatite C.

  • Expliquez que le corps humain met de deux à six semaines à produire des anticorps contre l’hépatite C (il s’agit de la période fenêtre). Si la personne a participé à des activités susceptibles d’avoir transmis l’hépatite C pendant la période fenêtre, recommandez qu’elle passe un autre test des anticorps six mois après les activités en question. Si la personne est vulnérable à l’hépatite C, il pourrait être pertinent de lui recommander de se faire tester régulièrement pour l’hépatite C.
  • Si le système immunitaire de la personne est affaibli, recommandez un test de recherche de l’ARN VHC afin d’écarter la possibilité d’un faux résultat négatif au test des anticorps. Le terme « faux négatif » veut dire que le résultat est négatif même si la personne a réellement des anticorps anti-hépatite C dans son corps.
  • Insistez sur le fait qu’un résultat négatif ne veut pas dire que la personne soit immunisée contre une éventuelle infection future par l’hépatite C.
  • Fournissez de l’information sur les façons de prévenir la transmission de l’hépatite C d’une personne à une autre.
  • Encouragez la personne à continuer de recevoir les soins et les autres soutiens dont elle a besoin, tels que les programmes d’aiguilles et de seringues.

Counseling post-test advenant un résultat positif au test de dépistage des anticorps de l’hépatite C (avant le test de recherche de l’ARN)

Si le résultat du test des anticorps est positif, il est possible que la personne soit atteinte d’une infection active à l’hépatite C.

  • Expliquez à la personne qu’elle a été exposée au virus de l’hépatite C dans le passé et qu’il est nécessaire de faire un test de recherche de l’ARN pour déterminer si le virus est encore actif dans son corps.
  • Explorez les options de soutien à la disposition de la personne, autant sur le plan personnel qu’auprès des organismes ou agences, pendant qu’elle attend le résultat et encore advenant un résultat positif au test de recherche de l’ARN.
  • Rappelez à la personne que, si elle apprend qu’elle a l’hépatite C,  elle aura à sa disposition des options de traitement qui guérissent la plupart des gens.
  • Expliquez à la personne que ses tests futurs détecteront des anticorps mais que ces anticorps ne lui donneront pas d’immunité contre l’infection par l’hépatite C à l’avenir; autrement dit, elle pourrait être infectée de nouveau.
  • Discutez des stratégies de réduction des méfaits.
  • Si cela n’a pas été fait lors des séances de counseling précédentes et que c’est pertinent, proposez un dépistage du VIH et d’autres ITS.

Counseling post-test advenant un résultat négatif au test de recherche de l’ARN ou au test de dépistage de l’antigène capsidique (les tests n’ont détecté ni l’ARN ni l’antigène capsidique du VHC)

Si le test de recherche de l’ARN ne révèle aucun virus détectable, expliquez à la personne qu’elle s’est débarrassée du virus et n’a pas l’hépatite C.

Si le test de dépistage de l’antigène capsidique est utilisé et qu’il ne révèle aucun virus détectable, certains algorithmes de dépistage nécessitent de faire un suivi avec un test de recherche de l’ARN. La raison est la suivante : si la personne a une faible charge virale en hépatite C, le test de l’antigène capsidique peut donner un résultat négatif indiquant que l’hépatite C n’est pas présente, alors que ce n’est pas le cas (on parle de faux négatif). Comme le test de recherche de l’ARN est capable de détecter une faible charge virale en hépatite C, il peut confirmer la présence d’une infection active.

  • Recommandez à la personne de se faire tester de nouveau dans six mois pour éliminer la possibilité d’une infection active.
  • Revoyez comment la personne peut réduire le risque d’infection par l’hépatite C, y compris la possibilité d’une ré-infection (rappelons que les anticorps anti-hépatite C ne confèrent aucune immunité contre le virus).
  • Rappelez à la personne que l’immunité contre l’hépatite C n’existe pas.
  • Encouragez la personne à continuer d’utiliser les services de santé.

Counseling post-test advenant un résultat positif au test de recherche de l’ARN ou au test de dépistage de l’antigène capsidique (les tests détectent l’ARN ou l’antigène capsidique)

Si le test de recherche de l’ARN ou le test de dépistage de l’antigène capsidique est positif, cela veut dire que la personne est atteinte d’une infection active à l’hépatite C. Cette séance de counseling devra durer plus longtemps afin que vous puissiez fournir plus de soutien et d’éducation.

  • Donnez à la personne le temps d’encaisser la nouvelle du résultat du test.
  • Discutez de l’impact du résultat positif.
  • Rassurez et soutenez la personne afin qu’elle comprenne que, même si l’hépatite C est une maladie grave, il est possible de la prendre en main et même de la guérir.
  • Expliquez qu’il existe de nombreux traitements contre l’hépatite C qui guérissent la plupart des gens, qui provoquent peu d’effets secondaires et qui durent peu de temps (12 semaines pour de nombreuses personnes); discutez des façons d’avoir accès au traitement et de se préparer à le suivre.
  • Expliquez à la personne que d’autres tests seront effectués pour suivre l’évolution de l’infection.
  • Revoyez les principes de réduction des méfaits et de prévention afin que la personne sache comment réduire au minimum le risque de transmettre l’hépatite C à d’autres personnes et le risque de contracter un génotype différent de l’hépatite C, ainsi que d’autres infections comme le VIH ou l’hépatite B.
  • Parlez des façons de maintenir la santé du foie et des autres options pour vivre en bonne santé, y compris le dévoilement de son statut comme personne vivant avec l’hépatite C.
  • Discutez et encouragez l’adoption d’un plan de suivi médical et d’un plan pour faire face aux réactions émotionnelles continues de la personne, et parlez de ses options en matière de soutien. Prévoyez des ressources, y compris des documents écrits, des services de soutien et une liste de médecins traitants dans la communauté de la personne vers lesquels vous pourrez la diriger, s’il y en a. Pour commander des ressources gratuites sur l’hépatite C, visitez le Centre de distribution de CATIE.

Révisé en 2016.