Un guide pratique pour un corps en santé pour les personnes vivant avec le VIH

Annexe B : La vitamine B12 et la vitamine D

Les personnes vivant avec le VIH ont souvent des taux de micronutriments inférieurs à la normale, et les médecins recommandent que toutes les personnes séropositives prennent un supplément de multivitamines et minéraux complet tous les jours pour en maintenir des taux optimaux. Deux vitamines spécifiques soulèvent des préoccupations particulières en raison des nombreux effets qu’elles exercent dans le corps. Il s’agit de la vitamine B12 et de la vitamine D.

Vitamine B12

Nombre d’études ont permis de constater une carence en vitamine B12 chez un pourcentage important de personnes vivant avec le VIH, et cette carence peut se déclarer dès un stade précoce de l’infection. La carence en vitamine B12 peut donner lieu à des symptômes neurologiques — engourdissement, picotements et perte de dextérité — et à la détérioration des fonctions mentales, comme le dénotent des symptômes tels la pensée floue, les trous de mémoire, la confusion, la désorientation, la dépression, la colère irrationnelle et la paranoïa. Une telle carence peut aussi entraîner l’anémie. La carence en vitamine B12 a également été associée à une production réduite de l’hormone mélatonine, ce qui peut perturber le cycle veille-sommeil.

Si vous éprouvez l’un des symptômes d’ordre émotionnel ou mental mentionnés ci-dessus, surtout s’ils s’accompagnent de fatigue chronique, il est possible que la carence en vitamine B12 y contribue. Cela est surtout vrai si vous avez d’autres symptômes associés à ce genre de carence, y compris la neuropathie, la faiblesse ou de la difficulté à maintenir l’équilibre ou à marcher. Il faut toutefois souligner que ces symptômes peuvent aussi être liés au VIH lui-même, à l’hypothyroïdie ou à un cas avancé de syphilis appelé neurosyphilis. Un bilan médical tenant compte de tous les diagnostics potentiels est essentiel pour déterminer la cause des symptômes.

Des études menées à l’Université Yale ont révélé que le test sanguin standard fixé pour déterminer la carence en vitamine B12 n’était pas toujours fiable. Certaines personnes qui semblent en avoir un taux sanguin « normal » sont en fait carencées en vitamine B12 et pourraient bénéficier de la prise de suppléments. La dose de vitamine B12 nécessaire varie d’une personne à l’autre, et il est recommandé de travailler avec un médecin ou un docteur en naturopathie pour déterminer la dose qui convient. On peut prendre la vitamine B12 par voie orale, sous forme de gel nasal ou par injection. La meilleure méthode dépend de la cause sous-jacente de la carence, alors il est important de se faire évaluer exhaustivement avant de commencer à prendre des suppléments. Pour la thérapie orale, la recommandation typique est de 1 000 à 2 000 mcg par jour.

Pour déterminer si la supplémentation peut vous aider, un moyen consiste à faire un essai de suppléments de vitamine B12 pendant au moins six à huit semaines. Si vous prenez des pilules ou des pastilles sublinguales, la forme la plus utile de la vitamine B12 est la méthylcobalamine.

Parlez à votre médecin avant de commencer à prendre n’importe quel supplément afin de vous assurer qu’il est sans danger pour vous. Certaines personnes constatent des améliorations quelques jours après leur première prise de vitamine B12 et connaissent de bons résultats avec les suppléments sous forme de comprimés ou de pastilles sublinguales. D’autres mettent plusieurs mois avant de remarquer des résultats et ont besoin de prendre la vitamine sous forme de gel nasal ou par injection pour connaître des améliorations importantes. Pour de nombreuses personnes, la supplémentation est un élément important d’une approche visant la résolution des problèmes émotionnels et mentaux.

Vitamine D

Certaines études révèlent que la carence en vitamine D — et assez souvent la carence grave — est un problème courant chez les personnes vivant avec le VIH. Il existe un lien étroit entre le taux de calcium et la vitamine D, et la carence en celle-ci est associée à plusieurs problèmes de santé, dont les maladies osseuses, la dépression, les problèmes de sommeil, la neuropathie périphérique, la douleur articulaire et musculaire et la faiblesse musculaire. Il vaut la peine de souligner que, dans plusieurs des cas en question, même s’il existe un lien entre la vitamine D et le problème de santé mentionné, il n’est pas certain qu’un manque de vitamine D en soit la cause.

Un test sanguin peut déterminer si vous souffrez d’une carence en vitamine D. Si vous prenez des suppléments de celle-ci, le test vous dira si vous prenez une dose propice tout en évitant un apport potentiellement toxique. (Notons que la recherche révèle que la toxicité est très improbable, même si des doses allant jusqu’à 10 000 UI par jour sont prises sous supervision médicale). Le coût du test risque de ne pas être couvert par tous les régimes d’assurance-maladie provinciaux et territoriaux ou d’être couvert dans certaines situations seulement. Renseignez-vous sur la couverture dans votre région auprès de votre médecin.

Le meilleur test pour déterminer le taux de vitamine D est le test sanguin 25-hydroxyvitamine D. Le taux optimal de vitamine D fait l’objet de débats, mais la majorité des experts estiment que la quantité minimale est de 50 à 75 nmol/l. De nombreuses personnes prennent des suppléments dans le but de faire grimper leur taux jusqu’à plus de 100 nmol/l.

Même si la lumière du soleil et les aliments enrichis sont deux sources possibles de vitamine D, la façon la plus sûre d’en obtenir des quantités adéquates consiste à prendre un supplément. La meilleure dose varie selon la personne. Une dose quotidienne de 1 000 à 2 000 UI est couramment utilisée, mais votre médecin pourrait recommander une dose plus faible ou plus élevée pour vous, selon le taux de vitamine D dans votre sang et la présence d’un problème de santé quelconque. Les doses de plus de 4 000 UI par jour sont à éviter, à moins de prévenir son médecin. La vitamine D3 est à privilégier, plutôt que la vitamine D2. La vitamine D3 est la forme active de la vitamine, et certaines données portent à croire que les personnes vivant avec le VIH ont de la difficulté à convertir la D2 en D3. Historiquement, les suppléments de vitamine D3 sont associés moins fréquemment à des cas de toxicité que les suppléments de vitamine D2.

Il vaut mieux effectuer un test de base afin de connaître votre taux initial de vitamine D. Ensuite, les tests de suivi réguliers pourront déterminer si la supplémentation vous a permis d’atteindre un niveau optimal ou si vous en prenez trop. Les tests réguliers sont le seul moyen d’être certain d’atteindre — et de maintenir ensuite — des taux optimaux.

Grâce à une supplémentation appropriée, il est habituellement possible de corriger efficacement les problèmes causés par la carence en vitamine D.