Le zinc et le cuivre
Que sont le zinc et le cuivre?
Le zinc et le cuivre sont des substances minérales essentielles à l’organisme humain, qui sont également des éléments nécessaires à de nombreuses enzymes. Les concentrations de zinc et de cuivre dans l’organisme sont régulées par une protéine appelée métallothionéine. Cette protéine agit de sorte que les taux de zinc augmentent lorsque les taux de cuivre baissent, et vice versa. On recommande aux personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH/sida) qui prennent des suppléments de zinc de prendre également des suppléments de cuivre.
À quelles fins utilise-t-on ce supplément?
Pour prévenir les effets néfastes d’une carence
On a observé des carences en zinc chez des personnes vivant avec le VIH/sida dans un certain nombre d’études. Chez les personnes non infectées par le VIH, une carence en zinc entraîne des dommages à la fonction immunitaire, une baisse des hormones sexuelles et, chez les enfants, elle peut compromettre la croissance. Une carence en zinc peut également porter atteinte au système immunitaire des personnes vivant avec le VIH/sida. De fait, plusieurs études ont permis d’établir un lien entre une faible concentration de zinc et une numération de CD4+ basse et un stade d’immunodéficience avancé chez des PVVIH/sida. Dans le cadre d’une étude menée auprès de PVVIH/sida asymptomatiques, les concentrations de zinc les plus faibles allaient de pair avec les numérations de CD4+ les moins élevées. D’autres études ont permis de relever un lien entre les carences en zinc et l’endommagement des cellules T et l’affaiblissement de la fonction des cellules tueuses naturelles (NK). Enfin, plusieurs études ont révélé que de faibles concentrations de zinc étaient associées à un risque plus élevé de décès chez les personnes vivant avec le VIH/sida.
L’emploi de suppléments pour corriger ces carences prête à controverse. Bien que certaines études donnent à penser que les suppléments de zinc sont bénéfiques pour les personnes vivant avec le VIH/sida, un groupe de chercheurs dirigé par la Dr Alice Tang n’est pas de cet avis. Son groupe a observé l’apport nutritif de 281 PVVIH/sida pendant dix à 15 ans. Ce groupe a conclu que le sida se développait plus rapidement chez les personnes séropositives qui prenaient des suppléments de zinc. Par contre, une étude similaire conduite sur 269 patients a révélé que les suppléments de zinc n’avaient aucun effet sur la santé des personnes vivant avec le VIH/sida. On ne sait trop que penser de ces différences parce que les études fondées sur l’observation du comportement des gens tiennent moins compte des facteurs extérieurs que les études conçues pour évaluer les effets des suppléments eux-mêmes. Les conséquences énéfastes éventuelles du zinc qui sont mentionnées ci-dessus pourraient être dues à une carence en cuivre ou à d’autres facteurs particuliers aux personnes suivies par la Dr Tang.
Malheureusement, pour parvenir à clarifier la question, il faudrait effectuer d’autres études exhaustives à long terme sur les suppléments de zinc. Une étude italienne effectuée auprès de 57 personnes vivant avec le VIH/sida incluait des personnes asymptomatiques et des personnes ayant le sida. L’étude a été effectuée vers le milieu des années 90 alors que seul l’AZT était disponible. Dans le cadre de cette étude, on a observé une élévation de la numération de CD4+ chez les personnes sans sympt_me et chez celles qui avaient le sida, après administration de l’équivalent de 45 mg de zinc pendant un mois. Les deux groupes ont également souffert d’un moins grand nombre d’infections opportunistes. L’administration de zinc a permis aux personnes ayant le sida de maintenir leur poids ou même d’en reprendre, alors que celles qui n’en avaient pas pris continuaient de maigrir. Après deux ans, aucune augmentation des taux de décès n’a été observée chez les personnes qui avaient pris du zinc.
Plus récemment, deux courtes études présentées lors de la Conférence mondiale du sida de 1998 ont révélé des améliorations au niveau des numérations CD4+ après usage de suppléments de zinc. On n’a pas semblé relever d’effet néfaste lié aux suppléments. Malheureusement, les deux études ont leurs limitations : dans la première, on a utilisé des concentrations très élevées de zinc (200 mg par jour) sur une courte période de temps (un mois); dans l’autre, on a eu recours à des doses plus faibles pendant une période d’un an et demi, auprès de cinq personnes seulement. Ces différences dans la posologie et la durée de traitement ne permettent guère d’établir la dose de zinc la plus efficace et la plus sûre à utiliser.
Pour soutenir et améliorer la fonction immunitaire
Le zinc est indispensable à la fonction immunitaire. Certaines études ont montré que les suppléments de zinc pouvaient contribuer à augmenter les numérations CD4+. Des études en éprouvettes ont également permis d’établir un lien entre les concentrations de zinc et une baisse du taux d’apoptose (suicide cellulaire) dans les cellules inféectées par le VIH. Il semblerait aussi que le zinc améliore l’aptitude des cellules immunitaires à lutter contre l’infection. Une
brève étude sur des PVVIH/sida sous traitement antirétroviral a montré que les sujets qui prenaient du zinc avaient moins d’infections. Cette conclusion vient soutenir celles des études préalables menées auprès de PVVIH/sida qui recevaient de l’AZT en monothérapie.
Pour prévenir le dépérissement et l’impuissance dues à de faibles concentrations de testostérone
On a constaté de faibles concentrations de testostérone autant chez des femmes que chez des hommes vivant avec le VIH. Bien que la plupart des études portent sur des hommes, les faibles concentrations de testostérone ont été liées à une perte musculaire aussi bien chez la femme que chez l’homme. De faibles concentrations de testostérone peuvent également entraîner fatigue et impuissance chez certains hommes. Le zinc est important dans le métabolisme hormonal et est indispensable à la production de testostérone et à la fonction sexuelle mâle. Le recours à des suppléments de zinc pour traiter les carences en testostérone liées au VIH n’a pas fait l’objet d’études. Toutefois, dans une étude sur les carences en zinc liées à l’anémie drépanocytaire, les suppléments de zinc ont contribué à une augmentation du poids corporel et à une amélioration de la fonction sexuelle. Les études menées sur des hommes ayant des carences en zinc liées à d’autres affections ont démontré des bienfaits similaires.
Pour améliorer la santé du foetus pendant la grossesse
On établit un lien entre les carences en zinc chez les femmes enceintes et un risque accru de naissances prématurées, d’insuffisance pondérale (faible poids) chez le nouveau-né et de retard de croissance chez l’enfant. Étant donné le risque de carence chez la femme séropositive, certaines femmes enceintes prennent du zinc pour protéger leur foetus. Cependant aucune étude n’a été conduite sur cet usage. Toutefois, dans le cadre d’une étude menée auprès de femmes séronégatives noires ayant de faibles concentrations de zinc, une dose quotidienne de 25 mg de zinc aurait contribué à améliorer de façon considérable le poids du bébé à la naissance.
Présentations et mode d’emploi
Les suppléments de zinc sont présentés sous diverses formes, la plus souvent recommandée étant le picolinate de zinc. Les études donnent à penser que cette présentation est la mieux absorbée de toutes. Les doses de zinc recommandées varient pour les adultes, mais les doses habituellement conseillées vont de 50 à 75 mg par jour pour les hommes et de 40 à 60 mg par jour pour les femmes. Des nutritionnistes éminents, spécialisés dans le VIH, tels que Lark Lands et Chester Myers, recommandent aux personnes vivant avec le VIH/sida de prendre du zinc en combinaison avec d’autres nutriments. Ils recommandent une multivitamine comportant des minéraux qui contient 2 à 4 mg de cuivre par jour. Le zinc devrait être pris avec un repas et le cuivre avec un autre repas parce que ces deux minéraux sont mal absorbés par l’organisme lorsqu’ils sont pris ensemble. Étant donné que la cystéine est utilisée pour faire de la métallothionéine, la protéine qui régule le zinc et le cuivre, de nombreux nutritionnistes recommandent des suppléments de NAC (N-acétylcystéine).
Avertissements et précautions
Comme nous l’avons mentionné, les débats se poursuivent en ce qui concerne l’innocuité des suppléments de zinc en général et des doses élevées en particulier. La concentration de zinc toxique fait également l’objet de controverse, mais les doses ne devraient pas excéder 100 mg. Pour éviter les nausées et les vomissements, on prendra le zinc avec les repas.
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Auteur(s) : Lyons L
Traduction : Devaud C
Publié : 2000


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