La vitamine E
Qu’est-ce que la vitamine E?
La vitamine E est un antioxydant. Les antioxydants aident à protéger l’organisme des dommages causés par des substances appelées radicaux libres. Les radicaux libres sont des produits de dégradation naturels qui sont créés lorsque l’organisme exerce ses nombreuses fonctions. Lorsque l’organisme subit un stress, lutte contre une infection ou travaille fort pour dégrader des médicaments, la production de radicaux libres s’accroît. Les antioxydants, dont la vitamine E, aident à protéger les cellules des radicaux libres. Pour en savoir plus, voir le feuillet de CATIE sur les antioxydants.
Pourquoi les personnes vivant avec le VIH/sida utilisent-elles la vitamine E?
Il semble que la vitamine E puisse atténuer certains des effets néfastes qu’exerce le VIH sur le système immunitaire en plus d’aider celui-ci à combattre des infections virales de façon plus efficace. Voici quelques autres raisons pour lesquelles les PVVIH/sida ont recours à la vitamine E :
- Pour répondre aux besoins accrus de l’organisme
Des études ont permis de constater des carences en vitamine E chez certaines personnes vivant avec le VIH (PVVIH/sida). Les recherches laissent entendre que la probabilité d’une carence s’accroît en fonction de la durée de l’infection au VIH. Selon les chercheurs, le stress que subit l’organisme en luttant contre le VIH et d’autres infections accroîtrait ses besoins en antioxydants, y compris la vitamine E.
- Pour accroître la résistance du système immunitaire contre les infections virales
Bien que plusieurs PVVIH/sida prennent des suppléments de vitamine E, la majorité des données au sujet de leur impact sur le système immunitaire proviennent d’études de laboratoire et d’études animales. Ces études laissent penser qu’un surplus de radicaux libres pourrait déclencher certaines des perturbations immunitaires néfastes que l’on observe chez les PVVIH/sida. Dans le cadre d’une étude menée sur des souris infectées par un virus qui cause une maladie analogue au sida, des suppléments de vitamine E ont semblé ralentir les dommages infligés par l’infection en question.
Les résultats de plusieurs autres études portent à croire que la vitamine E est utile contre certaines infections virales :
- Dans une étude, la prise de suppléments de vitamine E et de vitamine C semble avoir donné lieu à une baisse de la charge virale chez des PVVIH/sida, mais aucun effet clair n’a pu être confirmé;
- La vitamine E a été mise à l’essai dans le cadre d’une autre étude menée chez des gens atteints du virus de l’hépatite B (VHB), lequel nuit au foie. L’étude a permis de constater que les patients qui prenaient des suppléments de vitamine E étaient moins susceptibles d’avoir des traces de virus dans leur système un an plus tard (53 % des patients sous vitamine E comparativement à 18 % des autres patients). De plus, les patients recevant de la vitamine E étaient plus susceptibles de bénéficier d’une fonction hépatique normale (47 % des patients sous vitamine E face à 6 % des autres). Bien que prometteurs, ces résultats doivent être confirmés dans le cadre d’une étude de plus grande envergure.
- Pour protéger les cellules des radicaux libres
Lorsque l’organisme travaille fort pour combattre une infection ou métaboliser des médicaments, la production de radicaux libres s’accroît. Ces radicaux libres peuvent endommager les cellules d’une façon qui rappelle l’effet de la rouille sur une voiture. Des études de laboratoire laissent également penser que les radicaux libres sont susceptibles d’endommager les parties des cellules responsables de la production d’énergie, à savoir les mitochondries. L’endommagement des mitochondries risque d’entraîner une faiblesse musculaire et de la fatigue, deux symptômes couramment associés à l’infection au VIH ainsi qu’à l’usage de médicaments anti-VIH tels que l’AZT. Une équipe de chercheurs a décelé des signes d’un accroissement des dommages causés par les radicaux libres chez des personnes ayant le VIH et des souris de laboratoire traitées à l’AZT. Ils ont également trouvé que des doses fortes des vitamines E et C aidaient à protéger les cellules musculaires des souris contre l’endommagement. D’autres études menées sur des animaux ont laissé croire que la vitamine E pourrait aider à protéger la moelle osseuse de la toxicité des médicaments, mais aucune étude n’a été menée chez des humains infectés par le VIH pour confirmer ces effets.
Présentations
La vitamine E est offerte sous plusieurs formes. Les naturopathes recommandent habituellement la vitamine E de source naturelle. Bien que les formes synthétiques et naturelles soient toutes deux facilement absorbées par l’organisme, le United States Office of Dietary Supplements affirme que la forme naturelle est plus active. Les suppléments de vitamine E de source naturelle portent souvent la mention « naturelle » et contiennent de l’alpha-tocophérol; les formes synthétiques renferment du DL-alpha-tocophérol.
Sources alimentaires
La vitamine E est composée de plusieurs molécules différentes qui sont présentes dans les aliments suivants :
- noix
- graines
- grains entiers
- huiles végétales
- jaunes d’oeufs
- légumes à feuilles vertes
La vitamine E doit se consommer avec un peu d’huile ou de gras afin d’être absorbée.
Posologie
La majorité des adultes séropositifs qui ont recours à des suppléments de vitamine E en prennent à raison de 400 à 800 UI (unités internationales) par jour, en plus de sources alimentaires.
L’apport nutritionnel de référence (ANR) de la plupart des vitamines a été établi par des comités conjoints composés de scientifiques canadiens et américains. L’ANR est la quantité moyenne d’un nutriment dont les personnes bien portantes ont besoin pour maintenir leur état de santé. L’ANR de la vitamine E est le suivant :
- 15 mg = 22 UI de vitamine E de source naturelle = 33 UI de vitamine E synthétique
Puisque de nombreuses personnes, dont plusieurs PVVIH/sida, prennent des doses élevées de vitamine E pour bénéficier de ses effets antioxydants, le comité a également établi une limite supérieure pour l’usage sécuritaire de la vitamine E, que voici :
- 1 000 mg = 1 500 UI de vitamine E de source naturelle = 1 100 de vitamine E synthétique
Effets secondaires
Bien que les effets secondaires de la vitamine E soient peu communs (même à des doses excédant 1 000 mg), il y a risque de saignements spontanés, tels que des saignements de nez ou des ulcères, lorsque des doses élevées sont utilisées.
Avertissements et préoccupations
1. Amprénavir
Le médicament anti-VIH amprénavir (Agenerase) contient déjà une grande quantité de vitamine E. Les personnes utilisant ce médicament devraient donc s’abstenir de prendre des suppléments de vitamine E.
2. Saignements
Compte tenu de son effet sur la coagulation sanguine, la vitamine E ne devrait pas être combinée aux médicaments anticoagulants (médicaments qui amincissent le sang pour prévenir les caillots). Les personnes qui présentent déjà un faible taux de plaquettes ou d’autres problèmes de saignement tels que l’hémophilie devrait éviter les suppléments de vitamine E.
Références
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Auteur(s) : Lyons L
Traduction : Boutilier A
Publié : 2002


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