Les antioxydants
Que sont les antioxydants?
Avant d'aborder la question des antioxydants, il est important de comprendre quelques processus chimiques qui ont lieu dans l'organisme.
Les radicaux libres
Plusieurs fonctions de l'organisme reposent sur une série de réactions chimiques que l'on regroupe sous le terme oxydation. Des molécules appelées radicaux libres sont les produits de dégradation naturels de l'oxydation. D'une part, la production de radicaux libres est utile parce que ces derniers peuvent aider les cellules du système immunitaire à lancer une attaque contre des tumeurs, des bactéries et des cellules infectées par des virus. Cependant, la production d'une grande quantité de radicaux libres sur une période prolongée risque de causer des problèmes pour l'organisme. Leur effet n'est pas sans rappeler celui de la rouille sur une voiture. Les antioxydants protègent l'organisme de certains des effets néfastes des radicaux libres.
Les antioxydants de l'organisme
Afin de se protéger contre une exposition excessive aux radicaux libres, l'organisme peut fabriquer ses propres antioxydants à partir des nutriments suivants qui se trouvent dans la nourriture et les suppléments nutritionnels :
- l'acide aminé cystéine
- des minéraux comme le cuivre, le manganèse, le sélénium et le zinc
- les vitamines du complexe B
La nourriture renferme également des antioxydants tout faits qui contribuent à protéger l'organisme, dont :
- vitamine C
- vitamine E
- caroténoïdes mixtes comme l'alpha-carotène, le bêta-carotène et le lycopène
- zinc
Le VIH, l'organisme et les antioxydants
La recherche a démontré que l'infection au VIH a pour effet d'accroître la production de radicaux libres dans l'organisme. Pour contrer cet effet, l'organisme tente d'augmenter sa propre production d'antioxydants. Cette stratégie peut être efficace pendant un certain temps, mais, malheureusement, plusieurs événements se produisent qui entravent cette défense, dont :
- Le VIH endommage l'intestin de sorte qu'il soit moins apte à dégrader et à absorber les nutriments présents dans les aliments. Ces dommages surviennent lors des stades très précoces de l'infection au VIH.
- L'ensemble des besoins nutritionnels de l'organisme – en protéine, en vitamines et en minéraux de haute qualité – augmente à mesure que le VIH exerce son emprise et que le système immunitaire est appelé à répondre aux attaques continuelles du virus. Entre autres, cette réponse consiste à remplacer des quantités énormes de cellules immunitaires endommagées ou détruites par le VIH. Elle consiste également à fabriquer des messagers chimiques (interleukines et cytokines), des hormones et des anticorps sur une base quotidienne, voire plus fréquemment.
- Au moins deux études de grande envergure ont trouvé que les personnes ayant le VIH/sida (PVVIH/sida) perdaient chaque jour de grandes quantités de l'acide aminé cystéine – entre 3 et 4 grammes – dans les urines. Les chercheurs ne peuvent expliquer pourquoi l'organisme perd une si grande quantité de ce nutriment essentiel. De plus, le recours à la multithérapie antirétrovirale fortement active ne suffit pas à empêcher cette perte continue de cystéine.
- Les cellules infectées par le VIH « volent » à l'organisme des nutriments essentiels dont elles ont besoin pour fabriquer de nouveaux virus de façon constante.
Il est évident que les besoins nutritionnels de l'organisme infecté par le VIH sont grands. Dans une telle situation, la production d'antioxydants risque de ne plus être une priorité. De plus, les facteurs suivants peuvent faire en sorte que les nutriments ne soient même pas accessibles :
- absorption réduite des nutriments au niveau de l'intestin
- de mauvaises habitudes alimentaires
- perte de l'appétit (effet secondaire possible des médicaments)
- diarrhées
Les cellules du système immunitaire ont besoin d'antioxydants pour fonctionner correctement. Les chercheurs ont trouvé que les niveaux d'antioxydants présents dans certaines cellules immunitaires importantes, notamment les CD4+ et les CD8+, sont faibles chez les PVVIH/sida. Ce déficit en antioxydants risque d'affaiblir la faculté de ces cellules de lutter contre le VIH. Il n'est donc pas surprenant de constater que les suppléments de NAC, une source de cystéine, ont procuré les bienfaits suivants dans le cadre d'au moins deux études :
- prolongation de la survie chez des PVVIH/sida
- amélioration du fonctionnement du système immunitaire
Pourquoi les PVVIH/sida utilisent-elles les antioxydants?
De nombreuses PVVIH/sida canadiennes ont recours aux suppléments de NAC et d'autres antioxydants pour renforcer leur système immunitaire, pourvu qu'elles aient les moyens de les acheter. D'autres PVVIH/sida prennent ces suppléments pour protéger le foie et les reins de la toxicité des médicaments ou des dommages causés par l'infection au virus de l'hépatite B ou C. Que certaines PVVIH/sida aient recours à la NAC pour protéger leur foie n'est pas étonnant car la NAC est approuvée à titre de traitement des surdoses de Tylenol (acétaminophène), lesquelles peuvent entraîner la destruction du foie.
Présentation et mode d'emploi
De nombreux suppléments d'antioxydants sont offerts dans les magasins d'aliments naturels sous forme de pilules, de poudre ou de liquide. Voici une liste d'antioxydants et de composés contribuant à leur fabrication qui sont utilisés par les PVVIH/sida :
- vitamines C et E
- acide alpha-lipoïque
- caroténoïdes mixtes
- sélénium
- zinc
- NAC (N-acétyl-cystéine)
- coenzyme Q10
Nous venons d'énumérer quelques suppléments d'antioxydants spécifiques, mais il importe de signaler que les antioxydants, notamment la vitamine C et les caroténoïdes mixtes, se trouvent en grandes quantités dans les fruits et les légumes frais suivants :
- légumes feuillus vert foncé tels les épinards, le chou frisé, la laitue et le pak-choï
- baies de couleur foncée tels les bleuets, les mûres sauvages et les framboises
- carottes
- légumes rouges, oranges ou jaunes
Bien que les raisins foncés et leur jus soient riches en antioxydants, ils ont également une teneur relativement élevée en sucre. Donc, les PVVIH/sida qui sont à risque de diabète en raison de leur âge, de l'usage prolongé d'inhibiteurs de la protéase et d'autres facteurs devraient éviter de consommer une grande quantité de sucre ou de fruits riches en sucre comme les raisins. On trouve également des antioxydants dans les infusions de luzerne et d'ortie.
Avertissements et préoccupations
On a tendance à considérer l'usage de suppléments alimentaires comme sécuritaire parce que ces produits renferment des nutriments « naturels » ou proviennent de sources « naturelles ». Il n'empêche que certains dangers existent. Par exemple, l'usage prolongé de fortes doses de zinc peut affaiblir le système immunitaire. Consultez un professionnel de la santé qui s'y connaît en nutrition et en VIH afin de concevoir un régime antioxydant convenable. Nous vous recommandons également notre série de feuillets sur les antioxydants suivants : le zinc et le cuivre, l'acide alpha-lipoïque, le chardon-Marie et la NAC. Ces derniers, et de nombreux autres documents sur les suppléments alimentaires, se trouvent dans notre site Web.
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Auteur(s) : Hosein SR, Lytle M
Traduction : Boutilier A
Publié : 2001


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