La delavirdine (Rescriptor)

Sommaire

La delavirdine est un type de médicament anti-VIH appelé « inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse » (non-nucléoside, INNTI). L’effet secondaire le plus communément signalé est une éruption cutanée qui se résorbe habituellement sans traitement. On prend la delavirdine trois fois par jour, avec ou sans nourriture.

Qu’est-ce que la delavirdine?

La delavirdine, dont le nom commercial est Rescriptor, est un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse, un type de médicament antirétroviral.

Comment la delavirdine agit-elle?

Avant d’expliquer le mode d’action de la delavirdine, il faut d’abord offrir un peu d’information au sujet du VIH. Lorsque le VIH infecte une cellule, il prend le contrôle de cette dernière. Le VIH oblige ensuite la cellule à fabriquer de nombreuses copies du virus. Pour fabriquer ces copies, la cellule utilise des protéines appelées enzymes. Lorsque l’activité de ces enzymes est réduite, la réplication du VIH ralentit.

La delavirdine appartient à une classe de médicaments appelés inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) qui est utilisée par les cellules infectées par le VIH pour fabriquer de nouveaux virus. Étant donné que la delavirdine bloque ou réduit l’activité de cette enzyme, ce médicament empêche les cellules infectées par le VIH de produire plus de virus.

Comment les personnes vivant avec le VIH utilisent-elles la delavirdine?

La delavirdine est rarement utilisée de nos jours au Canada.

Lorsqu'elle est prescrite, la delavirdine est utilisée en combinaison avec d'autres médicaments anti-VIH. Pour en savoir plus sur ce genre de combinaison, consultez la publication de CATIE intitulée Votre guide sur le traitement du VIH.

Pour de nombreuses personnes vivant avec le VIH, l'utilisation de médicaments anti-VIH a donné lieu à une augmentation de leur compte de CD4 et à une diminution de la quantité de VIH présent dans leur sang (charge virale). Ces effets bénéfiques contribuent à réduire le risque de contracter une infection potentiellement mortelle. Ni le delavirdine ni aucun autre médicament anti-VIH ne guérit le VIH. Il est donc important de faire ce qui suit :

  1. Consultez régulièrement votre médecin pour lui faire surveiller votre état de santé.
  2. Continuez d’avoir des relations sexuelles plus sécuritaires et de prendre d’autres précautions pour éviter de transmettre le VIH et pour vous protéger contre l’infection par d’autres souches du VIH et par d’autres microbes.

Résistance et résistance croisée

Au fur et à mesure que le VIH se reproduit, le virus peut modifier sa structure. Ces modifications, ou mutations, permettent au virus de résister aux effets des médicaments antirétroviraux. Lorsqu'utilisés seuls, la résistance aux non-nucléosides se développe dès les deux premières semaines du traitement. Le fait d’associer la delavirdine à au moins deux autres antirétroviraux pourrait retarder l’émergence de la résistance. Pour réduire le risque de résistance, tous les antirétroviraux doivent se prendre chaque jour, exactement comme prescrits. Un horaire aussi strict est nécessaire car la résistance peut se développer même entre les prises.

On pense généralement qu’il existe une résistance croisée entre tous les non-nucléosides. Cela signifie qu’un VIH devenu résistant à un non-nucléoside peut également résister aux effets des autres non-nucléosides. En d’autres mots, si le VIH parvenait à résister à la delavirdine, il saurait sans doute résister à la névirapine et à l’éfavirenz aussi.

Effets secondaires

L’effet secondaire le plus courant de la delavirdine est une éruption cutanée. Cette dernière est caractérisée par des démangeaisons et l’apparition de plaques rougeâtres et légèrement surélevées sur la peau. L’éruption se déclare habituellement dans les trois premières semaines du traitement. Bien qu’elle ait tendance à disparaître en quelques semaines, toute éruption de ce genre doit être signalée à un médecin dans le plus bref délai possible. Si l’éruption s’accompagne de fièvre, d’ampoules, de démangeaisons, d’enflure, de malaise ou de douleurs musculaires ou articulaires, le traitement doit être arrêté.

Parmi les autres effets secondaires de la delavirdine, mentionnons maux de tête, nausées, diarrhées, fatigue, fièvre et altération des rêves.

L’analyse du sang risque de révéler un taux élevé des enzymes du foie.

Jusqu’à présent, aucun effet secondaire propre aux femmes n’a été signalé.

Interactions médicamenteuses

Puisqu'il peut se produire des interactions complexes entre la delavirdine et d'autres médicaments, il est toujours important de consulter un pharmacien et un médecin qui ont déjà prescrit ou délivré ce médicament. En raison de ces interactions, il est possible que la dose de certains médicaments doive être augmentée ou réduite, et il sera peut-être nécessaire de changer certains médicaments.

Voici une liste de médicaments qu’on ne doit pas utiliser en même temps que la delavirdine : la terfénadine (Seldane), l’astémizole (Hismanal), la phénytoïne, le phénobarbital, la carbamazépine (Tegretol), le triazolam (Halcion), l’alprazolam (Xanax), le midazolam (Versed), la rifampine, la rifabutine (Mycobutin), la cimétidine (Tagamet), la ranitidine (Zantac), la nizatidine (Axid), la famotidine (Pepcid), la quinidine, la dapsone et le cisapride (Prepulsid). Toute personne qui entend commencer un nouveau médicament devrait s’informer des interactions pouvant survenir avec la delavirdine auprès de son médecin ou pharmacien.

La delavirdine devrait se prendre au moins une heure avant ou après la prise du ddI ou d’un antiacide (Maalox, Rolaids, Tums, etc.).

Posologie

La dose recommandée de delavirdine est de 400 mg trois fois par jour, à prendre avec ou sans aliments.

Accessibilité

La delavirdine est homologuée au Canada pour le traitement de l'infection au VIH chez les adultes. Votre médecin peut vous renseigner davantage sur l’accessibilité et le remboursement de la delavirdine dans votre région. CATIE a créé un module électronique intitulé Programme fédéraux, provinciaux et territoriaux d’accès aux médicaments qui contient de l’information sur le remboursement des médicaments au Canada.

Référence

ViiV Healthcare. Rescriptor. Monographie de produit. 5 mars 2013

Auteur(s) : Maclean D, Toulouse B

Traduction : Boutilier A

Publié : 2014