L’épidémiologie du VIH chez les jeunes

Ce feuillet d'information donne une vue d’ensemble de l'épidémie du VIH chez les jeunes au Canada. Il fait partie d'une série de feuillets d'information sur l'épidémiologie du VIH et de l’hépatite C.

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données présentées dans ce feuillet d’information proviennent de systèmes de surveillance spécifiques aux populations (I-Track, M-Track), du VIH au Canada : tableaux sommaires de surveillance pour 2014-2015, et du document Le VIH et le sida au Canada : Rapport de surveillance en date du 31 décembre 2014, publié par l’Agence de la santé publique du Canada. Pour en savoir plus, consultez la section intitulée « D'où viennent ces chiffres? » à la fin de ce feuillet d’information.

Le nombre de nouveaux diagnostics de VIH chez les jeunes a augmenté de 17 % de 2014 à 2015.1

Selon les données de surveillance nationales de 2015:

  • Le nombre de nouveaux diagnostics de VIH chez les jeunes (15 à 29 ans) était de 474 en 2014.
  • Le nombre de nouveaux diagnostics de VIH chez les jeunes. Était de 558 en 2015.

Plus du quart de tous les nouveaux diagnostics de VIH posés au Canada en 2015 concernait des jeunes.1

Selon les données de surveillance nationales de 2015 :

  • 558 jeunes (15 à 29 ans) ont fait l'objet d'un diagnostic de VIH en 2015.
  • Cela représente lus du quart (27 %) de tous les nouveaux diagnostics de VIH en 2015.

En 2014, la majorité des nouveaux diagnostics de VIH parmi les jeunes concernait de jeunes hommes.2

Selon les données de surveillance nationales de 2014 (les données de 2015 n’étant pas disponibles) :

  • Sur tous les diagnostics de VIH posés chez des jeunes en 2014, 79 % étaient de sexe masculin.
  • Sur tous les diagnostics de VIH posés chez des hommes en 2014, 24 % concernaient des jeunes.
  • Sur tous les diagnostics de VIH posés chez des femmes en 2014, 20 % concernaient des jeunes.

Près des deux tiers de tous les diagnostics de VIH touchant les jeunes en 2014 ont été attribués aux relations sexuelles entre hommes.2

Selon les données de surveillance nationales de 2014 (les données de 2015 n’étant pas disponibles) :

  • Près des deux tiers (65 %) des nouveaux diagnostics de VIH parmi les jeunes en 2014 ont été attribués aux relations sexuelles entre hommes (HARSAH).
  • Près d’un cinquième (19 %) des nouveaux diagnostics a été attribué aux relations hétérosexuelles.
  • 9 % des diagnostics ont été attribués à l'usage de drogues injectables.
  • 3 % des diagnostics ont été attribués soit aux relations sexuelles entre hommes soit à l’usage de drogues injectables (HARSAH-UDI) puisque les deux comportements ont été signalés lors du dépistage.

Le quart de tous les diagnostics de VIH au Canada concernait des jeunes âgés de 15 à 29 ans.1,2

Selon les données de surveillance nationales recueillies entre 1985 et 2014 :

  • 20 793 jeunes ont reçu un diagnostic de VIH au Canada.
  • Un peu plus du quart (26 %) de tous les diagnostics de VIH (chez les personnes dont l’âge était connu) ont été posés auprès de jeunes âgés de 15 à 29 ans.

Au Canada, le VIH est répandu au sein de certaines populations de jeunes.3,4,5,6

Selon des estimations nationales en matière de VIH de 2014, le taux de prévalence de ce virus serait de 0,2 % au Canada.3 Le taux de prévalence est bien plus élevé chez les jeunes de la rue, les jeunes utilisateurs de drogues injectables et les jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes :

  • Selon une enquête nationale de surveillance des jeunes de la rue (âgés de 15 à 24 ans) du Canada menée entre 2009 et 2012 (E-SYS), le taux de prévalence du VIH parmi les jeunes de la rue était de 1 %.4
  • Selon une enquête nationale de surveillance des utilisateurs de drogues injectables du Canada menée entre 2010 et 2012 (I-Track), le taux de prévalence du VIH parmi les jeunes utilisateurs de drogues (âgés de 15 à 24 ans) était de 3 %.5
  • Selon une enquête nationale de surveillance des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes menée au Canada entre 2005 et 2007 (M-Track), le taux de prévalence du VIH parmi les jeunes hommes (âgés de 29 ans ou moins) ayant des relations sexuelles avec des hommes était de 4 %.6

Les jeunes sont à risque de contracter des infections transmissibles sexuellement.7

Selon les données de surveillance nationales de 2012 en matière d'ITS :

  • 80 % des nouveaux cas de chlamydia se sont produits chez des jeunes.
  • 67 % des nouveaux cas de gonorrhée se sont produits chez des jeunes.
  • 32 % des nouveaux cas de syphilis infectieuse se sont produits chez des jeunes.

Principales définitions

Jeunes de la rue : c’est une population aussi diverse que celle du Canada. Il n'empêche que les jeunes de la rue font tous face à des conditions de vie instables et à des facteurs sociaux complexes dans leur vie quotidienne, tels que la pauvreté et la violence familiale.

Prévalence du VIH : nombre de personnes vivant avec le VIH à un moment donné. La prévalence nous indique combien de personnes ont le VIH.

Incidence du VIH : nombre de nouvelles infections par le VIH survenant durant une période déterminée (d’ordinaire un an). L'incidence nous indique combien de personnes ont contracté le VIH.

D'où viennent ces chiffres?

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données présentées dans ce feuillet d’information proviennent de systèmes de surveillance spécifiques aux populations et de programmes de signalement systématique.

Signalement systématique du VIH et du sida (surveillance)

Les professionnels de la santé doivent signaler les diagnostics de VIH et de sida aux autorités locales de la santé publique, ainsi que les décès parmi les personnes atteintes du sida. Chaque province/territoire compile ensuite les données et les remet à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Parfois, on collecte des données supplémentaires et les envoie à l'ASPC, telles que des informations concernant l'âge, le sexe, la race/ethnie, la catégorie d'exposition (la façon dont la personne aurait contracté le VIH) et la date du diagnostic.

Limitations : Ces données représentent le nombre de cas signalés à l'ASPC par chaque province/territoire. Les cas signalés ne reflètent pas la prévalence et l'incidence réelles du VIH parce que ces statistiques n'incluent pas les personnes séropositives qui n'ont pas passé de test de dépistage du VIH. Parmi les autres limitations, mentionnons les retards de signalement (la période s'écoulant entre le diagnostic de VIH ou de sida et le moment où il est signalé à l'ASPC), la sous-déclaration (aucun rapport n’est remis à l'autorité locale de la santé publique par le professionnel de la santé en question) et les signalements incomplets (on omet d'inclure des informations supplémentaires concernant l'âge, le sexe et la catégorie d'exposition).

Signalement systématique des ITS

Les professionnels de la santé doivent signaler les nouveaux diagnostics de chlamydia, de syphilis infectieuse et de gonorrhée aux autorités locales de la santé publique. Chaque province/territoire compile ensuite ces données et les remet à l'ASPC. On collecte aussi des données supplémentaires et les envoie à l'ASPC, telles que des informations concernant l'âge et le sexe.

Limitations : Ces données reflètent le nombre de cas signalés à l'ASPC par chaque province/territoire. Les cas signalés ne reflètent pas la prévalence et l'incidence réelle des ITS parce que ces statistiques n'incluent pas toutes les personnes infectées qui n'ont pas passé de test de dépistage. Les autres limitations incluent les retards de signalement, la sous-déclaration et les signalements incomplets.

Estimations de la prévalence et de l'incidence du VHC

Des techniques de modélisation mathématique ont été utilisées pour brosser un portrait global de l'épidémie parmi les Canadiens et Canadiennes diagnostiqués et non diagnostiqués. Ces modèles combinent des statistiques provenant d'une variété de sources, y compris, mais non limitées aux données de surveillance systématique, aux données de Statistique Canada, aux études menées auprès de populations spécifiques et à des suppositions éclairées.

Surveillance spécifique aux populations

Dans le cadre de l'Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada, l'ASPC suit les tendances de la prévalence du VIH et des comportements à risque associées au sein des principales populations vulnérables du Canada par l’entremise de systèmes de surveillance spécifiques aux populations. Ces systèmes de surveillance, nommés aussi systèmes « Track » (signifiant « suivi »), consistent en des enquêtes transversales périodiques menées dans des sites sélectionnés au Canada.

Le I-Track est le système national de surveillance qui suit les personnes qui s'injectent des drogues. Dans le cadre de ce système, on collecte directement de l'information auprès des personnes qui s'injectent des drogues par l’entremise d'un questionnaire et d'un spécimen biologique utilisé aux fins de tests de dépistage du VIH et de l'hépatite C. Les statistiques mentionnées dans ce feuillet d'information se rapportent à la période allant de 2010 à 2012 et proviennent des sites I-Track participants. Comme le système ne recrute que des participants volontaires dans les sites urbains sélectionnés, les résultats ne représentent pas toutes les personnes qui s'injectent des drogues au Canada. L'analyse de la situation chez la jeunesse a porté sur des participants âgés de 29 ou moins.

Le M-Track est le système national de surveillance qui suit les hommes gais et bisexuels et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH). Dans le cadre de ce système, on collecte directement de l’information auprès des HARSAH par l’entremise d’un questionnaire, et ils consentent à un prélèvement biologique pour détecter des anticorps contre le VIH, l'hépatite C et la syphilis. Au 31 décembre 2009, six sites canadiens au total participaient au système M-Track. Le système a été mis sur pied à Montréal en 2005 (par couplage avec l'enquête Argus). Entre 2006 et 2007, quatre autres sites se sont joints au système, à savoir Toronto et Ottawa (enquête Lambda), Winnipeg et Victoria. Plus de 4 500 hommes ont participé au système M-Track entre 2005 et 2007. Comme le système ne recrute que des participants volontaires dans les sites urbains sélectionnés, les résultats ne représentent pas tous les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes au Canada. L'analyse de la situation chez les jeunes a porté sur des participants âgés de 29 ans ou moins.

Surveillance accrue des jeunes de la rue du Canada (E-SYS) est le système national de surveillance qui suit les jeunes vivant ou travaillant dans la rue. Dans le cadre de ce système, les jeunes de la rue âgés de 15 à 24 ans remplissent un questionnaire et consentent à des prélèvements de sang et d'urine aux fins de dépistages d'ITS et d'infections transmises par le sang. Entre 1999 et 2003, un peu moins de 5 000 jeunes y ont participé dans sept centres urbains du Canada. Comme le système ne recrute que des participants volontaires dans les sites urbains sélectionnés, les résultats ne représentent pas tous les jeunes de la rue du Canada.

Remerciements

Nous tenons à remercier la Division de la surveillance et de l’évaluation des risques du Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections de l'Agence de la santé publique du Canada pour ses commentaires utiles et son expertise à l’examen des feuillets d’information sur l’épidémiologie de CATIE.

Références

  • 1. a. b. c. Agence de la santé publique du Canada. Le VIH au Canada : tableaux sommaires de surveillance pour 2014-2015. Division de la surveillance et de l’épidémiologie. Division des lignes directrices professionnelles et des pratiques de santé publique. Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, 2016. Disponible à l’adresse :  http://canadiensensante.gc.ca/publications/diseases-conditions-maladies-affections/hiv-aids-surveillance-2015-vih-sida/index-fra.php?_ga=1.200122406.946363839.1479834673
  • 2. a. b. c. Agence de la santé publique du Canada. Le VIH et le sida au Canada : Rapport de surveillance en date du 31 décembre 2014. Ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada; 2014. Disponible à l’adresse : http://www.catie.ca/fr/ressources/vih-sida-canada-rapport-surveillance-date-31-decembre-2014
  • 3. a. b. Agence de la santé publique du Canada. Résumé : Estimations de l’incidence, de la prévalence et de la proportion non diagnostiquée au VIH au Canada, 2014. Division de la surveillance et de l’épidémiologie, Division des lignes directrices professionnelles et des pratiques de santé publique, Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, 2015. Disponible à l’adresse : http://www.catie.ca/fr/ressources/resume-estimations-lincidence-prevalence-proportion-non-diagnostiquee-vih-canada-2014
  • 4. a. b. Susanna Ogunnaike-Cooke, Rachel Bennett, Stephen Cule et coll. Behavioural and biological surveillance of key populations in Canada: Monitoring trends in the prevalence of HIV, other sexually transmitted/blood-borne infections (STBBI), and associated risk factors. Présentation affiche, XIXe Conférence internationale sur le sida, Washington D.C., juillet 2012.
  • 5. a. b. Données non publiées de l'Enquête I-Track : Surveillance améliorée des comportements à risque chez les utilisateurs de drogues injectables, phase 3 (2010-2012). Agence de la santé publique du Canada, Division de la surveillance de la santé et de l'épidémiologie, Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections. Utilisées aux fins du Rapport mondial d'avancement sur la lutte contre le sida, 2013.
  • 6. a. b. Agence de la santé publique du Canada. Actualités en épidémiologie du VIH/sida, juillet 2010, Chapitre 4 : L'infection à VIH et le sida chez les jeunes au Canada. Division de la surveillance et de l'évaluation des risques, Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, 2010. Disponible à l’adresse : http://www.phac-aspc.gc.ca/aids-sida/publication/epi/2010/4-fra.php
  • 7. Agence de la santé publique du Canada. Rapport sur les infections transmissibles sexuellement au Canada : 2012. Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Division générale de la prévention et du contrôle des maladies infectieuses, Agence de la santé publique du Canada; 2015. Disponible à l’adresse : http://www.catie.ca/fr/ressources/rapport-les-infections-transmissibles-sexuellement-canada-2012

Auteur(s) : Challacombe L

Traduction : Boutilier A

Publié : 2017