L’épidémiologie du VIH chez la femme

Ce feuillet d'information donne une vue d’ensemble de l'épidémie du VIH chez les femmes au Canada. Il fait partie d'une série de feuillets d'information sur l'épidémiologie du VIH et de l'hépatite C.

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données présentées dans ce feuillet d’information proviennent d'un système de surveillance spécifique à une population (I-Track), du document Le VIH au Canada : Rapport de surveillance, 2016, et du Résumé : estimations de l’incidence, de la prévalence et de la proportion non diagnostiquée au VIH au Canada, 2014, lesquels sont publiés par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Pour en savoir plus, consultez la section intitulée « D'où viennent ces chiffres? » à la fin de ce feuillet d'information.

Selon les estimations, les femmes représentent un peu plus de 50 % de la population canadienne.1

Selon le Recensement canadien de 2016, 17 887 530 femmes vivent au Canada. Cela représente un peu plus de 50 % de la population canadienne.

Les hommes sont 3,4 fois plus à risque de contracter le VIH que les femmes au Canada en 2014 (incidence).1,2

Selon les estimations nationales du VIH de 2014 :

  • Le taux d’incidence du VIH était de 3,3 par tranche de 100 000 femmes.
  • Le taux d’incidence du VIH était de 11,2 par tranche de 100 000 hommes.
  • Les hommes sont plus de trois fois plus à risque de contracter le VIH que les femmes.

Le nombre de nouvelles infections par le VIH chez les femmes est resté stable depuis 2011 (incidence).3

Selon les estimations nationales du VIH de 2014, 595 nouvelles infections par le VIH (23 % de toutes les nouvelles infections) se sont produites chez des femmes, comparativement à 663 nouvelles infections (24 %) en 2011.

Les nouvelles infections par le VIH chez les femmes sont principalement attribuables aux relations hétérosexuelles et à l’utilisation de drogues injectables.3

Selon les estimations nationales du VIH de 2014 :

  • 79 % des nouvelles infections par le VIH parmi les femmes étaient attribuables aux relations hétérosexuelles.
  • 21 % des nouvelles infections par le VIH parmi les femmes étaient attribuables à l’utilisation de drogues injectables.

Les femmes âgées de 30 à 39 ans ont fait l’objet du plus grand nombre de nouveaux diagnostics de VIH.4

Selon les données de surveillance nationales de 2016, les femmes âgées de 30 à 39 ans ont reçu la proportion la plus élevée de nouveaux diagnostics de VIH (322 %); venaient ensuite les femmes âgées de 20 à 29 ans (22 %), les femmes âgées de 40 à 49 ans (21 %), les femmes âgées de 50 ans ou plus (20 %), les jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans (4 %) et, enfin, les filles de moins de 15 ans (1 %).

Parmi les femmes, la majorité des nouveaux diagnostics de VIH avait pour objet des femmes identifiées comme noires, autochtones ou blanches.4

 Selon les données de surveillance nationales de 2016 :

  • 37 % des nouveaux diagnostics de VIH chez les femmes concernaient des femmes noires.
  • 36 % des nouveaux diagnostics de VIH chez les femmes concernaient des femmes autochtones.
  • 21 % des nouveaux diagnostics de VIH chez les femmes concernaient des femmes blanches. 

Les femmes constituent le quart de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada (prévalence).1,3*

Selon les estimations nationales de 2014 :

  • 16 880 femmes vivaient avec le VIH.
  • 22 % de toutes les personnes vivant avec le VIH étaient des femmes.
  • Le taux de prévalence estimé chez les femmes vivant au Canada était de 97 par tranche de 100 000 personnes (comparativement à 364 par tranche de 100 000 chez les hommes).

*Le taux de prévalence a été calculé en utilisant les données obtenues lors du recensement de 2011 de Statistique Canada.

Les femmes incarcérées dans les prisons fédérales affichent des taux de VIH plus élevés que les hommes incarcérés.5

Selon une enquête nationale menée en 2007 dans les prisons fédérales :

  • 8 % des femmes se déclaraient séropositives, comparativement à seulement 5 % des hommes.
  • 12 % des femmes autochtones se déclaraient séropositives, comparativement à seulement 3 % des hommes autochtones.

Environ 10 % des femmes qui s'injectent des drogues vivent avec le VIH et 59 % d’entre elles présentent des indices d’une infection courante ou passée à l’hépatite C.6

Selon le système de surveillance I-Track (2010-2012) :

  • 10 % des femmes qui s'étaient injecté des drogues au cours des six mois précédents étaient séropositives (comparativement à 12 % des hommes).
  • 59 % des femmes qui s’étaient injecté des drogues au cours des six mois précédents présentaient des indices d’une infection courante ou passée à l’hépatite C (comparativement à 58 % des hommes).
  • 96 % des femmes qui se déclarent séropositives sont soignées par un médecin pour le VIH (comparativement à 94 % des hommes).
  • 56 % des femmes qui se déclarent séropositives prennent actuellement des médicaments sur ordonnance contre le VIH (comparativement à 75 % des hommes).
  • 46 % des femmes qui se déclarent atteintes d’hépatite C sont soignées par un médecin pour l’hépatite C (comparativement à 49 % des hommes).
  • 7 % des femmes qui se déclarent atteintes d’hépatite C prennent actuellement des médicaments sur ordonnance contre l’hépatite C (comparativement à 11 % des hommes).

1 % des bébés nés de mères séropositives au Canada ont le VIH.4

Selon le Programme de surveillance périnatale du VIH au Canada :

  • 263 bébés sont nés de mères séropositives en 2016 (légèrement plus élevé que 232 en 2015). On a confirmé la séropositivité de seulement une de ces bébés.
  • 96 % des femmes enceintes séropositives ont reçu des médicaments contre le VIH en 2015; rappelons que cela réduit considérablement le risque de transmission du VIH entre une mère et son enfant.

Principales définitions

Prévalence du VIH : nombre de personnes vivant avec le VIH à un moment donné. La prévalence nous indique combien de personnes ont le VIH.

Incidence du VIH : nombre de nouvelles infections par le VIH survenant durant une période déterminée (d’ordinaire un an). L'incidence nous indique combien de personnes ont contracté le VIH.

D'où viennent ces chiffres?

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données présentées dans ce feuillet d’information proviennent d'un système de surveillance spécifique à une population (I-Track), du document Le VIH au Canada : Rapport de surveillance, 2016, et du Résumé : estimations de l'incidence, de la prévalence et de la proportion non diagnostiquée au VIH au Canada, 2014, lesquels sont publiés par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Déclaration systématique des cas de VIH

Les professionnels de la santé doivent signaler les diagnostics de VIH aux autorités locales de la santé publique. Chaque province/territoire compile ensuite ces données et les remet à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). D'autres informations sont également recueillies et remises à l'ASPC dans certains cas, telles que l'âge, le sexe, l'ethnie, la catégorie d'exposition (la façon dont la personne aurait contracté le VIH) et des données de laboratoire comme la date où le test a été effectué.

Ces statistiques sont compilées par l'ASPC et publiées chaque année. Les données les plus récentes sont disponibles (jusqu'au 31 décembre 2015).

Limitations : Ces données reflètent le nombre de cas signalés à l'ASPC par chaque province/territoire. Les cas signalés ne reflètent pas la prévalence et l'incidence réelles du VIH parce que ces statistiques n'incluent pas les personnes séropositives qui n'ont pas passé de test de dépistage du VIH. Parmi les autres limitations, mentionnons les retards de signalement (la période s'écoulant entre le diagnostic de VIH ou de sida et le moment où il est signalé à l'ASPC) et la sous-déclaration (aucun rapport n'est remis à l'autorité locale de la santé publique par le professionnel de la santé en question). La prudence est indiquée lorsqu’on cherche à interpréter les données se rapportant à la race et à l’ethnie en raison de plusieurs facteurs, notamment la sous-déclaration et la difficulté à déterminer précisément la race et l’ethnie.

Estimations nationales de la prévalence et de l'incidence du VIH

L'ASPC produit et publie des estimations de la prévalence et de l'incidence nationales du VIH tous les trois ans. Pour le faire, l'ASPC utilise des méthodes statistiques qui tiennent compte de certaines des limitations des données de surveillance (nombre de diagnostics de VIH signalés à l'ASPC), ainsi que du nombre de personnes vivant avec le VIH qui ignorent leur statut. La modélisation statistique fondée sur les données de surveillance et d'autres sources d'information permet à l'ASPC de produire des statistiques sur le VIH concernant les personnes diagnostiquées et non diagnostiquées. Les estimations les plus récentes se rapportent à 2014. La prochaine série d'estimations sera publiée en 2018 et se rapportera à l'année 2017.

Surveillance spécifique aux populations

Dans le cadre de l'Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada, l'ASPC suit les tendances de la prévalence du VIH et des comportements à risque associées au sein des principales populations vulnérables du Canada par l’entremise de systèmes de surveillance spécifiques aux populations. Ces systèmes de surveillance, nommés aussi systèmes « Track » (signifiant « suivi »), consistent en des enquêtes transversales périodiques menées dans des sites sélectionnés au Canada.

Le I-Track est le système national de surveillance qui suit les personnes qui s'injectent des drogues. Dans le cadre de ce système, on collecte directement de l'information auprès des personnes qui s'injectent des drogues par l’entremise d'un questionnaire et d'un spécimen biologique utilisé aux fins de tests de dépistage du VIH et de l'hépatite C. Les statistiques mentionnées dans ce feuillet d'information se rapportent à la période allant de 2010 à 2012 et proviennent des sites I-Track participants. Comme le système ne recrute que des participants volontaires dans les sites urbains sélectionnés, les résultats ne représentent pas toutes les personnes qui s'injectent des drogues au Canada.

Sondage national auprès des détenu(e)s sur les maladies infectieuses et les comportements à risque

Le Service correctionnel au Canada a créé un questionnaire auto-administré en collaboration avec l’ASPC et des détenus. On a invité un échantillon aléatoire d’hommes et de femmes incarcérés dans les prisons fédérales à remplir volontairement le questionnaire. Au total, 3 370 détenus de partout au Canada ont rempli le questionnaire en 2007.

Programme de surveillance périnatale du VIH au Canada

Le Programme de surveillance périnatale du VIH au Canada amasse des données se rapportant aux bébés nés de femmes vivant avec le VIH au Canada.

Remerciements

Nous tenons à remercier la Division de la surveillance et de l'évaluation des risques du Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections de l'Agence de la santé publique du Canada pour ses commentaires utiles et son expertise à l'examen des feuillets d’information sur l’épidémiologie de CATIE.

Références

Auteur(s) : Challacombe L

Traduction : Boutilier A

Publié : 2018