L’épidémiologie du VIH chez les hommes gais et les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes au Canada

Ce feuillet d'information donne une vue d'ensemble de l'épidémie du VIH au Canada parmi les hommes gais et les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HARSAH). Il fait partie d'une série de feuillets d'information sur l'épidémiologie du VIH et de l'hépatite C.

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données présentées dans ce feuillet d'information proviennent d'un système de surveillance spécifique à une population (M-Track) et du Résumé : Estimations de la prévalence et de l'incidence du VIH au Canada, 2014 publiées par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Pour en savoir plus, consultez la section intitulée « D'où viennent ces chiffres? » à la fin de ce feuillet d’information.

Les HARSAH représentent un nombre estimatif de 2,4 % de la population canadienne.1

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2014, il y a 349 837 HARSAH au Canada. Ceci représente 2,4 % de la population canadienne de 15 ans et plus.

Chez les HARSAH, le risque d’infection à VIH est 131 fois plus élevé que chez les hommes qui n’ont pas de relations sexuelles avec d’autres hommes.1

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2014 :

  • Le taux d’incidence au VIH était de 469 par 100 000 HARSAH.
  • Le taux d’incidence au VIH était de 3,6 par 100 000 hommes qui n’ont pas de relations sexuelles avec d'autres hommes.
  • Chez les HARSAH, le risque d’infection à VIH est 131 fois plus élevé que chez les hommes qui n’ont pas de relations sexuelles avec d’autres hommes

Plus de la moitié de tous les nouveaux cas d’infection par le VIH au Canada était chez les HARSAH (incidence).2 Ceci varie grandement à travers le Canada.3

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2014 :

  • 57 % de toutes les nouvelles infections par le VIH au Canada sont chez les HARSAH. Ceci signifie qu’il y a 1 461 nouvelles infections par le VIH chez les HARSAH au Canada. Ces chiffres incluent :
    • 54 % des nouvelles infections par le VIH dont la séropositivité était attribuable à des relations sexuelles entre hommes (1 396 nouvelles infections); et
    • 3 % des nouvelles infections par le VIH dont la séropositivité était attribuable à une catégorie combinée d’utilisation de drogues injectables ou de relations sexuelles entre hommes dont les deux comportements étaient signalés au moment du dépistage (65 nouvelles infections).

Les estimations régionales ne sont pas encore disponibles pour 2014. Selon les estimations nationales de 2011 :

  • La proportion de nouvelles infections par le VIH chez les HARSAH varie à travers le Canada :
    • 57 % en Colombie-Britannique (218 HARSAH);
    • 40 % en Alberta (99 HARSAH);
    • 8 % en Saskatchewan (17 HARSAH);
    • 26 % au Manitoba (30 HARSAH);  
    • 52 % en Ontario (725 HARSAH);  
    • 59 % au Québec (445 HARSAH); et
    • 69 % dans les provinces atlantiques (24 HARSAH).

Remarque : Étant donné que différentes méthodes ont été utilisées pour créer les estimations de 2014, ces estimations régionales de 2011 ne peuvent pas être comparées directement aux estimations nationales de 2014.

Le nombre de nouvelles infections par le VIH chez les HARSAH est resté relativement stable depuis 2011.2

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2014 :

  • Le nombre de nouvelles infections par le VIH attribuable à des relations sexuelles entre hommes en 2014 (1 396 nouvelles infections) est resté stable depuis 2011 (1 416 nouvelles infections).
  • Le nombre de nouvelles infections par le VIH attribuable à une catégorie combinée de relations sexuelles entre hommes ou d’utilisation de drogues injectables en 2014 (65 nouvelles infections) est resté stable depuis 2011 (73 nouvelles infections).

La moitié des personnes vivant avec le VIH au Canada sont des HARSAH (prévalence).3 Ceci varie grandement à travers le Canada.1

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2014 :

  • 53 % des personnes vivant avec le VIH au Canada sont des HARSAH. Ceci signifie qu’il y a 39 630 HARSAH vivant avec le VIH au Canada. Ces chiffres incluent :
    • 49 % de personnes vivant avec le VIH dont la séropositivité était attribuable à des relations sexuelles entre hommes (37 230 personnes); et
    • 3 % de personnes vivant avec le VIH dont la séropositivité était attribuable à une catégorie combinée d’utilisation de drogues injectables ou de relations sexuelles entre hommes dont les deux comportements étaient signalés au moment du dépistage (2 400 personnes).

Les estimations régionales ne sont pas encore disponibles pour 2014. Selon les estimations nationales de 2011 :

  • La proportion des personnes vivant avec le VIH qui sont des HARSAH varie à travers le Canada :
    • 45 % en Colombie-Britannique (5 320 HARSAH);
    • 32 % en Alberta (1 600 HARSAH);
    • 10 % en Saskatchewan (210 HARSAH);
    • 25 % au Manitoba (520 HARSAH);
    • 56 % en Ontario (16 800 HARSAH);
    • 54 % au Québec (10 480 HARSAH); et
    • 54 % dans les provinces atlantiques (537 HARSAH).

Remarque : Étant donné que différentes méthodes ont été utilisées pour créer les estimations de 2014, ces estimations régionales de 2011 ne peuvent pas être comparées directement aux estimations nationales de 2014.

Près d’une personne sur cinq vivant avec le VIH et dont la séropositivité était attribuable à des relations sexuelles entre hommes reste non diagnostiquée.2

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2014, 18 % des infections par le VIH attribuables à des relations sexuelles entre hommes restent non diagnostiquées. Ceci représente un nombre estimatif de 6,701 hommes.

Parmi les HARSAH, environ 16 % vivent avec le VIH mais ce chiffre varie selon la ville.4,5

Selon M-Track, la prévalence du VIH parmi les HARSAH dans les villes canadiennes est d’environ 16 %. Ceci varie de 11 % à 23 %. Dans certaines villes canadiennes, le taux de prévalence du VIH est de :

  • 18 % à Vancouver
  • 14 % à Victoria
  • 19 % à Winnipeg
  • 23 % à Toronto
  • 11 % à Ottawa
  • 13 % à Montréal

Les deux tiers seulement des HARSAH qui déclarent être séropositifs au VIH suivent actuellement un traitement anti-VIH.3

Selon le système M-Track, 66 % des HARSAH qui déclarent être séropositifs au VIH prennent actuellement des médicaments anti-VIH prescrits.

Les HARSAH courant le risque de contracter l’hépatite C.3

Selon le système M-Track :

  • 5 % des HARSAH présentaient des signes d’une infection actuelle ou antérieure à l’hépatite C.
  • Jusqu’à 2 % des HARSAH étaient co-infectés par le VIH et l’hépatite C.

Principales définitions

Prévalence du VIH : nombre de personnes vivant avec le VIH à un moment donné. La prévalence nous indique combien de personnes ont le VIH.

Incidence du VIH : nombre de nouvelles infections par le VIH survenant au cours d'une période déterminée (d'ordinaire un an). L'incidence nous indique combien de personnes ont contracté le VIH.

D'où viennent ces chiffres?

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données dans ce feuillet d'information proviennent d'un système de surveillance spécifique à une population appelé M-Track ou de l'édition 2011 des Estimations de la prévalence et de l'incidence du VIH publiées par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Surveillance spécifique aux populations

Dans le cadre de l'Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada, l'ASPC suit les tendances de la prévalence du VIH et des comportements à risque associés au sein des principales populations vulnérables du Canada par l’entremise de systèmes de surveillance spécifiques aux populations. Ces systèmes de surveillance, nommés aussi systèmes « Track » (signifiant « suivi »), consistent en des enquêtes transversales périodiques menées dans des sites sélectionnés au Canada.

Le M-Track est un système national de surveillance qui suit les hommes gais et bisexuels et les autres hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HARSAH). Dans le cadre de ce système, on collecte directement de l’information auprès des HARSAH par l’entremise d’un questionnaire et ils consentent à un prélèvement biologique pour détecter des anticorps contre le VIH, l'hépatite C et la syphilis. Au 31 décembre 2009, six sites canadiens au total participaient au système M-Track. Le système a été mis sur pied à Montréal en 2005 (par couplage avec l'enquête Argus). Entre 2006 et 2007, quatre autres sites se sont joints au système, à savoir Toronto et Ottawa (enquête Lambda), Winnipeg et Victoria. Plus de 4 500 hommes ont participé au système M-Track entre 2005 et 2007. En 2008, un centre M-Track s'est établi à Vancouver également (enquête ManCount).

Limitation — Les HARSAH qui ont participé à cette enquête l'ont fait volontairement, dans différents centres urbains sélectionnés; ainsi, les données présentées ne représentent pas tous les HARSAH au Canada.

Estimations nationales de la prévalence et de l'incidence du VIH

L'ASPC produit et publie des estimations de la prévalence et de l'incidence nationales du VIH tous les trois ans. Pour le faire, l'ASPC utilise des méthodes statistiques qui tiennent compte de certaines des limitations des données de surveillance (nombre de diagnostics de VIH signalés à l'ASPC), ainsi que du nombre de personnes vivant avec le VIH qui ignorent leur statut. La modélisation statistique fondée sur les données de surveillance et d'autres sources d'information permet à l'ASPC de produire des statistiques sur le VIH concernant les personnes diagnostiquées et non diagnostiquées. Les estimations les plus récentes se rapportent à 2014. La prochaine série d'estimations sera publiée en 2018 et se rapportera à l'année 2017.

Remerciements

Nous tenons à remercier la Division de la surveillance et de l'évaluation des risques du Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections de l'Agence de la santé publique du Canada pour ses commentaires utiles et son expertise à l'examen des feuillets d’information sur l’épidémiologie de CATIE.

Références

  • 1. a. b. c. Yang Q, Ogunnaike-Cooke S, Halverson J, et al. Estimated national HIV incidence rates among key sub-populations in Canada, 2014. Presented at 25th Annual Canadian Conference on HIV/AIDS Research (CAHR), 12–15 May 2016, Winnipeg, Canada. Abstract EPH3.5.
  • 2. a. b. c. Agence de la santé publique du Canada. Résumé : Estimations de la prévalence et de l’incidence du VIH au Canada, 2014. Division de la surveillance et de l’épidémiologie, Division des lignes directrices professionnelles et des pratiques de santé publique, Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, 2015. Disponible à l’adresse : http://www.catie.ca/fr/ressources/resume-estimations-lincidence-prevalence-proportion-non-diagnostiquee-vih-canada-2014
  • 3. a. b. c. d. Agence de la santé publique du Canada. Actualités en épidémiologie du VIH/sida Chapitre 1 : Estimations de la prévalence et de l’incidence de l’infection par le VIH au Canada pour 2011. Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, 2014. Disponible à l’adresse : http://www.catie.ca/fr/ressources/actualites-epidemiologie-vihsida-chapitre-1-estimations-prevalence-incidence-infection-vi
  • 4. Agence de la santé publique du Canada. M-Track : Surveillance améliorée du VIH, des infections transmissibles sexuellement et par le sang et les comportements associés parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes au Canada. Rapport sur la phase 1. Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada. Disponible à l’adresse : http://librarypdf.catie.ca/pdf/ATI-20000s/26403_F.pdf
  • 5. ManCount Sizes up the gap. A sexual health survey of gay men in Vancouver, 2010. Disponible à l’adresse : http://www.mancount.ca/files/ManCount_Report2010.pdf

Auteur(s) : Challacombe L

Traduction : Boutilier A

Publié : 2017