L’épidémiologie du VIH au Canada

Ce feuillet d’information donne une vue d'ensemble de l’épidémie du VIH au Canada. Il fait partie d’une série de feuillets d’information sur l'épidémiologie du VIH et de l'hépatite C au Canada.

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données présentées dans ce feuillet d’information proviennent des Actualités en épidémiologie du VIH/sida – Chapitre 1 : Estimations de la prévalence et de l’incidence de l’infection par le VIH au Canada pour 2011 et du Résumé : Estimations de la prévalence et de l'incidence du VIH au Canada, 2011, deux publications de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Pour en savoir plus, consultez la section « D'où viennent ces chiffres? » à la fin de ce feuillet d'information.

Le nombre de personnes vivant avec le VIH au Canada (prévalence) augmente.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2011 :

  • 71 300 Canadiens vivaient avec le VIH à la fin de 2011.
  • Ce chiffre représente une augmentation de 7 300 personnes (11 %) depuis 2008.
  • La prévalence du VIH a augmenté dans les années 1980, a ralenti au milieu des années 1990 puis a recommencé à augmenter vers la fin des années 1990. Cette augmentation est attribuable aux nouvelles infections par le VIH ainsi qu’à la réduction du nombre de décès grâce aux options de traitement efficaces. 

Un quart des personnes vivant avec le VIH au Canada ne savent pas qu’elles en sont atteintes.2

Selon les estimations nationales du VIH de 2011 :

  • 17 980 personnes vivant avec le VIH n’avaient pas été diagnostiquées en 2011.
  • Ce chiffre représente 25 % du nombre estimé de personnes vivant avec le VIH.
  • Le pourcentage de personnes ignorant leur statut séropositif variait selon la catégorie d’exposition : les personnes exposées lors de relations hétérosexuelles étaient les plus susceptibles d’ignorer qu’elles avaient le VIH (34 %), suivies des personnes exposées lors de l’utilisation de drogues injectables (24 %) et, enfin, des hommes exposés lors de relations sexuelles entre hommes (20 %). 

Presque 25 000 personnes vivant avec le VIH sont décédées depuis le début de l’épidémie.2

Selon les estimations nationales en matière de VIH, quelque 24 300 personnes infectées par le VIH étaient décédées d’une maladie liée au VIH ou d’une autre cause avant la fin de 2011.

L’épidémie du VIH au Canada est concentrée chez des populations précises (prévalence).1

Selon les estimations nationales du VIH de 2011, parmi les personnes vivant avec le VIH, on compte :

  • 35 490 hommes gais et hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH). Cela représente 50 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada. Cette estimation comprend 33 330 hommes dont la séropositivité était le résultat des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et 2 160 hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, soit à l'usage de drogues injectables (HARSAH-UDI).
  • 14 200 personnes qui étaient des utilisateurs de drogues injectables (UDI). Cela représente 20 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada. Cette estimation comprend 12 040 personnes dont la séropositivité était le résultat de l'usage de drogues injectables et 2 160 hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, soit à l'usage de drogues injectables (veuillez noter que ces 2 160 hommes sont les mêmes que ceux indiqués au point ci-dessus).
  • 23 170 personnes dont la séropositivité était attribuable aux relations hétérosexuelles. Cela représente 33 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada. De ce groupe, 10 640 personnes (15 % de toutes les personnes vivant avec le VIH) étaient originaires de pays où le VIH est endémique (principalement de pays de l’Afrique subsaharienne et des Antilles).
  • 600 personnes dont la séropositivité ne pouvait être attribuée ni aux relations sexuelles, ni à l’usage de drogues injectables. Cela comprend les personnes ayant probablement contracté le VIH par l’entremise de transfusions sanguines ou de facteurs de coagulation, de la transmission d’une mère à son enfant ou de blessures dues à des aiguilles en milieu de travail. Ce nombre représente moins de 1 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada.
  • 6 380 Autochtones, ce qui représente 9 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada.
  • 16 600 femmes, ce qui représente 23 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada.

Les populations les plus touchées par le VIH varient selon la région (prévalence).1

Selon les estimations nationales du VIH de 2011 :

  • L’épidémie du VIH est principalement concentrée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) en Colombie-Britannique (45,5 % des personnes vivant avec le VIH), en Ontario (56,0 %), dans les provinces de l’Atlantique (54,2 %) et au Québec (54,3 %). Ces estimations incluent les hommes dont le statut VIH était le résultat des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et les hommes dont le statut VIH pouvait être attribué soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes soit à l’usage de drogues injectables (HARSAH-UDI).
  • L’épidémie du VIH est principalement concentrée chez des personnes qui s’injectent ou se sont injecté des drogues en Saskatchewan (71,4 % des personnes vivant avec le VIH).
  • L’épidémie du VIH est principalement concentrée chez des personnes ayant ou ayant eu des relations hétérosexuelles en Alberta (42,8 % des personnes vivant avec le VIH) et au Manitoba (56,7 %). Ces estimations incluent les personnes dont le statut VIH était attribuable à n’importe quel genre de relation hétérosexuelle, y compris celles nées dans un pays où le VIH est endémique.

Une infographie présentant de manière graphique la prévalence du VIH selon la région est disponible.

Selon les estimations, 213 personnes sur 100 000 vivent avec le VIH au Canada. Ceci varie grandement selon la région (prévalence).1,3

Selon les estimations nationales du VIH de 2011 et les données du recensement national de 2011 :

  • Le taux de prévalence du VIH au Canada est de 213 personnes sur 100 000.
  • Les régions affichant un taux de prévalence plus élevé que le taux national incluent la Colombie-Britannique (265,9 personnes sur 100 000), le Québec (244,2 sur 100 000) et l’Ontario (233,4 sur 100 000)
  • Les régions affichant un taux de prévalence plus faible que le taux national incluent la Saskatchewan (203,2 personnes sur 100 000), le Manitoba (173,8 sur 100 000), l’Alberta (137,2 sur 100 000) et les provinces de l’Atlantique (42,5 sur 100 000).

Une infographie présentant de manière graphique la prévalence du VIH selon la région est disponible.

Le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH (incidence) au Canada est demeuré stable, mais non négligeable, depuis les dernières années.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2011 :

  • Quelque 3 175 personnes ont été infectées par le VIH au Canada en 2011.
  • Le nombre estimé de nouveaux cas d’infection au VIH est resté stable depuis 2002.

Le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH (incidence) pourrait diminuer chez les personnes qui s'injectent des drogues, les femmes et les Autochtones.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2011 :

  • 435 nouveaux cas d’infection au VIH (14 % des nouveaux cas d’infection) ont été attribués à l’utilisation de drogues injectables par rapport à environ 565 nouveaux cas d’infection en 2008 (17 % des nouveaux cas d’infection).
  • 755 nouveaux cas d’infection au VIH (24 %) ont touché les femmes par rapport à environ 865 nouveaux cas d’infection au VIH en 2008 (26 %).
  • 390 nouveaux cas d’infection au VIH (12 %) ont touché les populations autochtones par rapport à 420 nouveaux cas d’infection au VIH en 2008 (13 %).

Le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH (incidence) serait stable ou en train de diminuer légèrement chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH), les HARSAH-UDI et les personnes exposées par l’entremise de relations hétérosexuelles.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2011 :

  • 1 480 nouveaux cas d’infection au VIH (47 % des nouveaux cas d’infection) étaient attribués aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes par rapport à environ 1 470 nouveaux cas d’infection en 2008 (44 %).
  • 80 nouveaux cas d’infection au VIH (3 %) étaient attribués aux hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, soit à l'usage de drogues injectables (HARSAH-UDI) par rapport à environ 90 nouveaux cas d’infection en 2008 (3 %).
  • 535 nouveaux cas d’infection au VIH étaient attribués aux relations hétérosexuelles chez des personnes originaires de pays où le VIH est endémique en 2011 (17 %) par rapport à environ 540 nouveaux cas d’infection en 2008 (16 %).
  • 645 nouveaux cas d’infection au VIH étaient attribués aux relations hétérosexuelles chez des personnes originaires de pays où le VIH n’est pas endémique, y compris le Canada, en 2011 (20 % des nouveaux cas d’infection) par rapport à environ 670 nouveaux cas d’infection en 2008 (20 %).

Les populations les plus touchées par les nouvelles infections par le VIH varient selon la région (incidence).1

 Selon les estimations nationales du VIH de 2011 :

  • Les nouvelles infections par le VIH sont principalement concentrées chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) en Colombie-Britannique (57,4 % des personnes vivant avec le VIH), en Ontario (51,8 %), dans les provinces de l’Atlantique (68,6 %) et au Québec (58,5 %). Ces estimations incluent les hommes dont le statut VIH était le résultat des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et les hommes dont le statut VIH pouvait être attribué soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes soit à l’usage de drogues injectables (HARSAH-UDI).
  • Les nouvelles infections par le VIH sont principalement concentrées chez les personnes qui s’injectent ou se sont injecté des drogues en Saskatchewan (76,1 % des personnes vivant avec le VIH).
  • Les nouvelles infections par le VIH sont principalement concentrées chez les personnes ayant ou ayant eu des relations hétérosexuelles en Alberta (44,8 % des personnes vivant avec le VIH) et au Manitoba (61,7 %). Ces estimations incluent les personnes dont le statut VIH était attribuable à n’importe quel genre de relation hétérosexuelle, y compris celles nées dans un pays où le VIH est endémique.

Une infographie présentant de manière graphique la prévalence du VIH selon la région est disponible.

Selon les estimations, 10 personnes sur 100 000 au Canada auraient contracté une nouvelle infection par le VIH en 2011. Ceci varie grandement selon la région (incidence).1,3

Selon les estimations nationales du VIH de 2011 et les données du recensement national de 2011 :

  • Le taux d’incidence du VIH au Canada est de 9,5 personnes sur 100 000.
  • Les régions affichant un taux d’incidence comparable au taux national incluent le Manitoba (9,5 personnes sur 100 000) et le Québec (9,6 sur 100 000).
  • Les régions affichant un taux d’incidence plus élevé que le taux national incluent la Saskatchewan (22,3 personnes sur 100 000) et l’Ontario (10,9 sur 100 000).
  • Les régions affichant un taux d’incidence plus faible que le taux national incluent la Colombie-Britannique (8,6 personnes sur 100 000), l’Alberta (6,9 sur 100 000) et les provinces de l’Atlantique (1,5 sur 100 000).

Une infographie présentant de manière graphique l’incidence du VIH selon la région est disponible :

Certaines populations affichent un taux plus élevé de nouvelles infections par le VIH (incidence).1

Selon les estimations nationales du VIH de 2011 :

  • Les Autochtones ont un taux d’incidence 3,6 fois plus élevé que celui des autres groupes ethniques.
  • Les personnes originaires de pays où le VIH est endémique (et qui vivent au Canada) ont un taux d’incidence 9,2 fois plus élevé que celui des autres groupes ethniques (vivant au Canada).
  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ont un taux d’incidence 71 fois plus élevé que celui des autres hommes.
  • Les personnes qui s’injectent des drogues ont un taux d’incidence 46 fois plus élevé que celui des personnes qui ne s’injectent pas de drogues.
  • Les hommes ont un taux d’incidence 3,3 fois plus élevé que celui des femmes.

Une infographie présentant de manière graphique l’incidence du VIH chez certaines populations est disponible.

Principales définitions

Prévalence du VIH : nombre de personnes vivant avec le VIH à un moment donné. La prévalence nous indique combien de personnes ont le VIH.

Incidence du VIH : nombre de nouvelles infections par le VIH survenant au cours d’une période déterminée (d’ordinaire un an). L’incidence nous indique combien de personnes ont contracté le VIH.

D'où viennent ces chiffres?

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données dans ce feuillet d’information proviennent des Estimations de la prévalence et de l’incidence du VIH, 2011, publiées par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Estimations nationales de la prévalence et de l’incidence du VIH

L'ASPC produit et publie les estimations nationales du VIH tous les trois ans. Pour le faire, l'ASPC utilise des méthodes statistiques qui tiennent compte de certaines des limitations des données de surveillance (nombre de diagnostics de VIH signalés à l’ASPC), ainsi que du nombre de personnes vivant avec le VIH qui ignorent leur statut. La modélisation statistique, fondée sur les données de surveillance et d'autres sources d'information permet à l’ASPC de produire des statistiques sur le VIH concernant les personnes diagnostiquées et non diagnostiquées. Les estimations les plus récentes se rapportent à 2011. La prochaine série d'estimations sera publiée en 2015 et se rapportera à l'année 2014.

Calcul des taux de prévalence et d’incidence

Les taux de prévalence et d’incidence du VIH ont été calculés à partir des estimations nationales de 2011 et des données provenant du recensement national de 2011. 

Remerciements

Nous tenons à remercier la Division de la surveillance et de l’évaluation des risques du Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections de l’Agence de la santé publique du Canada pour ses commentaires utiles et son expertise à l'examen des feuillets d’information sur l’épidémiologie de CATIE.

Références

Auteur(s) : Challacombe L

Traduction : Boutilier A

Publié : 2015

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