L’épidémiologie du VIH au Canada

Ce feuillet d’information donne une vue d'ensemble de l’épidémie du VIH au Canada. Il fait partie d’une série de feuillets d’information sur l'épidémiologie du VIH et de l'hépatite C au Canada.

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données présentées dans ce feuillet d’information proviennent du Résumé : estimations de l'incidence, de la prévalence et de la proportion non diagnostiquée au VIH au Canada, 2014 et des Actualités en épidémiologie du VIH/sida – Chapitre 1 : Estimations de la prévalence et de l’incidence de l’infection par le VIH au Canada pour 2011, deux publications de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Pour en savoir plus, consultez la section « D'où viennent ces chiffres? » à la fin de ce feuillet d'information.

Le nombre de personnes vivant avec le VIH au Canada (prévalence) augmente.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2014 :

  • 75 500 Canadiens vivaient avec le VIH à la fin de 2014.
  • Ce chiffre représente une augmentation de 6 700 personnes (9,7 %) depuis 2011.
  • Le taux de prévalence du VIH est de 212,0 personnes sur 100 000 vivant au Canada.
  • La prévalence du VIH a augmenté dans les années 1980, a ralenti au milieu des années 1990 puis a recommencé à augmenter vers la fin des années 1990. Cette augmentation est attribuable aux nouvelles infections par le VIH ainsi qu’à la réduction du nombre de décès grâce aux options de traitement efficaces.

Un peu plus d’une personne sur cinq vivant avec le VIH au Canada ne savent pas qu’elles en sont atteintes.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2014 :

  • 16 020 personnes vivant avec le VIH n’avaient pas été diagnostiquées en 2014.
  • Ce chiffre représente 21 % du nombre estimé de personnes vivant avec le VIH.
  • Le pourcentage de personnes ignorant leur statut séropositif variait selon la catégorie d’exposition : les personnes exposées lors de relations hétérosexuelles étaient les plus susceptibles d’ignorer qu’elles avaient le VIH (28 %), suivies des personnes exposées lors de l’utilisation de drogues injectables (20 %) et, enfin, des hommes exposés lors de relations sexuelles entre hommes (18 %).

Plus de 26 000  personnes vivant avec le VIH sont décédées depuis le début de l’épidémie.1

Selon les estimations nationales en matière de VIH, quelque 26 400 personnes infectées par le VIH étaient décédées d’une maladie liée au VIH ou d’une autre cause avant la fin de 2014.

L’épidémie du VIH au Canada est concentrée chez des populations précises (prévalence).1

Selon les estimations nationales du VIH de 2014, parmi les personnes vivant avec le VIH, on compte :

  • 39 630 hommes gais et hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH). Cela représente 53 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada. Cette estimation comprend 37 230 hommes dont la séropositivité était le résultat des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et 2 400 hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, soit à l'usage de drogues injectables (HARSAH-UDI).
  • 13 960 personnes qui étaient des utilisateurs de drogues injectables (UDI). Cela représente 19 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada. Cette estimation comprend 11 560 personnes dont la séropositivité était le résultat de l'usage de drogues injectables et 2 400 hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, soit à l'usage de drogues injectables (veuillez noter que ces 2 400 hommes sont les mêmes que ceux indiqués au point ci-dessus).
  • 23 700 personnes dont la séropositivité était attribuable aux relations hétérosexuelles. Cela représente 31 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada. De ce groupe, 11 360 personnes (15 % de toutes les personnes vivant avec le VIH) étaient originaires de pays où le VIH est endémique (principalement de pays de l’Afrique subsaharienne et des Caraïbes).
  • 610 personnes dont la séropositivité ne pouvait être attribuée ni aux relations sexuelles, ni à l’usage de drogues injectables. Cela comprend les personnes ayant probablement contracté le VIH par l’entremise de transfusions sanguines ou de facteurs de coagulation, de la transmission d’une mère à son enfant ou de blessures dues à des aiguilles en milieu de travail. Ce nombre représente moins de 1 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada.
  • 6 850 Autochtones, ce qui représente 9 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada.
  • 16 880 femmes, ce qui représente 22 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada.

Les populations les plus touchées par le VIH varient selon la région (prévalence).2

Les estimations régionales ne sont pas encore disponibles pour 2014. Selon les estimations de 2011 :

  • L’épidémie du VIH est principalement concentrée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) en Colombie-Britannique (45,5 % des personnes vivant avec le VIH), en Ontario (56,0 %), dans les provinces de l’Atlantique (54,2 %) et au Québec (54,3 %). Ces estimations incluent les hommes dont le statut VIH était le résultat des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et les hommes dont le statut VIH pouvait être attribué soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes soit à l’usage de drogues injectables (HARSAH-UDI).
  • L’épidémie du VIH est principalement concentrée chez des personnes qui s’injectent ou se sont injecté des drogues en Saskatchewan (71,4 % des personnes vivant avec le VIH).
  • L’épidémie du VIH est principalement concentrée chez des personnes ayant ou ayant eu des relations hétérosexuelles en Alberta (42,8 % des personnes vivant avec le VIH) et au Manitoba (56,7 %). Ces estimations incluent les personnes dont le statut VIH était attribuable à n’importe quel genre de relation hétérosexuelle, y compris celles nées dans un pays où le VIH est endémique.

Remarque : Étant donné que différentes méthodes ont été utilisées pour créer les estimations de 2014, ces estimations régionales de 2011 ne peuvent pas être comparées directement aux estimations nationales de 2014.

Une infographie présentant de manière graphique la prévalence du VIH selon la région est disponible.

Le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH (incidence) au Canada a baissé légèrement depuis les dernières années, mais il est non négligeable.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2014 :

  • Quelque 2 570 personnes ont été infectées par le VIH au Canada en 2014.
  • Ce chiffre n’est que légèrement plus bas que le nombre estimé de 2 800 nouveaux cas d’infection au VIH en 2011.
  • Le taux d’incidence du VIH est de 7,2 personnes sur 100 000 au Canada.

Le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH (incidence) pourrait diminuer chez les personnes qui s'injectent des drogues, les personnes exposées au VIH par l’entremise de relations hétérosexuelles et les Autochtones.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2014 :

  • 270 nouveaux cas d’infection au VIH (11 % des nouveaux cas d’infection) ont été attribués à l’utilisation de drogues injectables par rapport à environ 384 nouveaux cas d’infection en 2011 (14 % des nouveaux cas d’infection).
  • 839 nouveaux cas d’infection au VIH ont été attribués à des relations hétérosexuelles en 2014 (33 %) par rapport à environ 927 nouveaux cas d’infection (33 %) en 2011.
  • 278 nouveaux cas d’infection au VIH (11 %) ont touché les populations autochtones par rapport à 349 nouveaux cas d’infection au VIH en 2011 (13 %).

Le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH (incidence) serait stable chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH), les HARSAH-UDI et les femmes.1

Selon les estimations nationales du VIH de 2014 :

  • 1 396 nouveaux cas d’infection au VIH (54 % des nouveaux cas d’infection) étaient attribués aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes par rapport à environ 1 416 nouveaux cas d’infection en 2011 (51 %).
  • 65 nouveaux cas d’infection au VIH (3 %) étaient attribués aux hommes dont la séropositivité pouvait être attribuée soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, soit à l'usage de drogues injectables (HARSAH-UDI) par rapport à environ 73 nouveaux cas d’infection en 2011 (3 %).
  • 595 nouveaux cas d’infection au VIH (23 %) étaient attribués aux femmes par rapport à environ 663 nouveaux cas d’infection en 2011 (24%).

Les populations les plus touchées par les nouvelles infections par le VIH varient selon la région (incidence).2

Les estimations régionales ne sont pas encore disponibles pour 2014. Selon les estimations de 2011 :

  • Les nouvelles infections par le VIH sont principalement concentrées chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) en Colombie-Britannique (57,4 % des personnes vivant avec le VIH), en Ontario (51,8 %), dans les provinces de l’Atlantique (68,6 %) et au Québec (58,5 %). Ces estimations incluent les hommes dont le statut VIH était le résultat des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et les hommes dont le statut VIH pouvait être attribué soit aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes soit à l’usage de drogues injectables (HARSAH-UDI).
  • Les nouvelles infections par le VIH sont principalement concentrées chez les personnes qui s’injectent ou se sont injecté des drogues en Saskatchewan (76,1 % des personnes vivant avec le VIH).
  • Les nouvelles infections par le VIH sont principalement concentrées chez les personnes ayant ou ayant eu des relations hétérosexuelles en Alberta (44,8 % des personnes vivant avec le VIH) et au Manitoba (61,7 %). Ces estimations incluent les personnes dont le statut VIH était attribuable à n’importe quel genre de relation hétérosexuelle, y compris celles nées dans un pays où le VIH est endémique.

Remarque : Étant donné que différentes méthodes ont été utilisées pour créer les estimations de 2014, ces estimations régionales de 2011 ne peuvent pas être comparées directement aux estimations nationales de 2014.

Une infographie présentant de manière graphique l’incidence du VIH selon la région est disponible.

Certaines populations affichent un taux plus élevé de nouvelles infections par le VIH (incidence).1,2

Selon les estimations nationales du VIH de 2014 :

  • Les Autochtones ont un taux d’incidence 2,7 fois plus élevé que celui des autres groupes ethniques.
  • Les personnes originaires de pays où le VIH est endémique (et qui vivent au Canada) ont un taux d’incidence 6,3 fois plus élevé que celui des autres groupes ethniques (vivant au Canada).

Les taux d’incidence par sous-groupe de population ne sont pas encore disponibles pour 2014. Selon les estimations nationales de 2011 :

  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ont un taux d’incidence 71 fois plus élevé que celui des autres hommes.
  • Les personnes qui s’injectent des drogues ont un taux d’incidence 46 fois plus élevé que celui des personnes qui ne s’injectent pas de drogues.
  • Les hommes ont un taux d’incidence 3,3 fois plus élevé que celui des femmes.

Remarque : Étant donné que différentes méthodes ont été utilisées pour créer les estimations de 2014, ces estimations régionales de 2011 ne peuvent pas être comparées directement aux estimations nationales de 2014.

Principales définitions

Prévalence du VIH : nombre de personnes vivant avec le VIH à un moment donné. La prévalence nous indique combien de personnes ont le VIH.

Incidence du VIH : nombre de nouvelles infections par le VIH survenant au cours d’une période déterminée (d’ordinaire un an). L’incidence nous indique combien de personnes ont contracté le VIH.

D'où viennent ces chiffres?

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données dans ce feuillet d’information proviennent des Estimations de la prévalence et de l’incidence du VIH, 2011, publiées par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Estimations nationales de la prévalence et de l’incidence du VIH

L'ASPC produit et publie les estimations nationales du VIH tous les trois ans. Pour le faire, l'ASPC utilise des méthodes statistiques qui tiennent compte de certaines des limitations des données de surveillance (nombre de diagnostics de VIH signalés à l’ASPC), ainsi que du nombre de personnes vivant avec le VIH qui ignorent leur statut. La modélisation statistique, fondée sur les données de surveillance et d'autres sources d'information permet à l’ASPC de produire des statistiques sur le VIH concernant les personnes diagnostiquées et non diagnostiquées. Les estimations les plus récentes se rapportent à 2014. La prochaine série d'estimations sera publiée en 2018 et se rapportera à l'année 2017.

Calcul des taux de prévalence et d’incidence

Les taux de prévalence et d’incidence du VIH ont été calculés à partir des estimations nationales de 2011 et des données provenant du recensement national de 2011. 

Remerciements

Nous tenons à remercier la Division de la surveillance et de l’évaluation des risques du Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections de l’Agence de la santé publique du Canada pour ses commentaires utiles et son expertise à l'examen des feuillets d’information sur l’épidémiologie de CATIE.

Références

Auteur(s) : Challacombe L

Traduction : Boutilier A

Publié : 2015