FAQ de traitements - Drogues récréatives et le VIH

Question :

J’aime faire la fête des fois et j’ai déjà utilisé plusieurs sortes de drogues. Quels effets est-ce que cela pourrait avoir sur ma santé et mon traitement anti-VIH?

Points essentiels :

La plupart des interactions entre les drogues récréatives et les médicaments anti-VIH n’ont pas été évaluées dans le cadre d’études scientifiques, et il est peu probable que des études soient menées puisqu’il s’agit principalement de substances illicites. Toutefois, l’expérience de plusieurs personnes leur a permis de conclure qu’il est possible de « faire la fête » de façon plus sécuritaire, et il existe des conseils spécifiques qui peuvent aider à réduire les risques associés à la consommation de drogues.

Plus de détails :

Plusieurs drogues récréatives créent une dépendance psychologique ou physique. La consommation de drogues peut être agréable tant que cela ne nuit pas à la santé ou à la vie financière de l’utilisateur ou l’utilisatrice. La consommation excessive de drogues peut entraîner un mauvais état nutritionnel et/ou empêcher le maintien d’un bon état de santé.

Interactions :

Plusieurs drogues récréatives peuvent être dangereuses lorsqu’elles sont associées aux médicaments anti-VIH. Des rapports de cas individuels et nos connaissances sur le métabolisme des drogues sont concluants à cet égard. Il est difficile d’évaluer l’ampleur des risques dans chaque situation particulière. La prudence est de rigueur si vous prenez un médicament appartenant à la famille des « inhibiteurs de la protéase » (IP) car ceux-ci influent sur les concentrations de plusieurs autres drogues dans le sang. Si vous prenez une drogue récréative en association avec un inhibiteur de la protéase, vous pourriez en recevoir une dose plus élevée que prévu.

Voici une description de quelques interactions dont nous sommes au courant :

  • L’ecstasy et le crystal meth (Tina) peuvent atteindre des concentrations dangereusement élevées dans le sang si on les prend en association avec un IP comme le ritonavir (Norvir). Ces drogues peuvent perturber certaines substances chimiques du cerveau pendant longtemps, de sorte que les utilisateurs deviennent plus vulnérables à des maladies comme la dépression réfractaire (qui ne répond pas aux traitements);
  • Les fortes doses de Viagra peuvent provoquer de graves problèmes cardiaques si elles se prennent en association avec un IP. Il est également dangereux de combiner Viagra (ou les médicaments semblables comme Cialis et Levitra) et les « poppers » parce que cela peut fatiguer gravement le coeur;
  • Certains médicaments anti-VIH, notamment la névirapine (Viramune) et l’efavirenz (Sustiva), sont susceptibles de faire diminuer le taux d’héroïne ou de méthadone dans le corps, provoquant ainsi un sevrage involontaire. D’autres médicaments peuvent faire augmenter les concentrations sanguines de ces drogues récréatives au point de causer une grave surdose.

Utilisation de seringues :

Lorsque vous partagez des seringues ou d’autre matériel d’injection, vous augmentez le risque de transmettre le VIH à d’autres personnes et risquez d’être infecté par d’autres souches de VIH ou d’autres maladies graves comme l’hépatite C. Les aiguilles souillées peuvent causer un empoisonnement du sang. Renseignez-vous sur la disponibilité d’un programme d’échange de seringues dans votre localité afin que vous puissiez utiliser des aiguilles neuves pour chaque injection.

D’autres drogues :

  • La cocaïne est associée à relativement peu d’interactions avec les médicaments anti-VIH mais peut rendre les cellules immunitaires plus vulnérables au VIH, ce qui risque de favoriser une progression plus rapide de la maladie;
  • L’alcool peut endommager le foie et le pancréas. Une consommation excessive peut mener à une cirrhose ou à un cancer du foie ou à la pancréatite. Une consommation excessive pourrait également influer sur l’action des antirétroviraux dans le corps, ce qui risque de compromettre l’efficacité de votre traitement anti-VIH;
  • Les drogues inhalées comme la marijuana peuvent causer des problèmes respiratoires et accroître le risque de cancer du poumon et d’autres cancers. La consommation chronique de marijuana peut également perturber la mémoire à court terme et la motivation, ce qui pourrait mener à des problèmes d’observance. (Mentionnons cependant que la marijuana peut être utile pour stimuler l’appétit et alléger la nausée.)

De façon générale, lorsque notre jugement est perturbé par les drogues, nous sommes plus susceptibles de prendre des risques (sexuels ou autres) que nous ne prendrions pas normalement. Le résultat peut être des infections transmissibles sexuellement ou d’autres problèmes. Il est important de faire la fête et de jouer sécuritairement. Les ressources ci-dessous peuvent être utiles si vous avez besoin d’aide.

Termes clés à connaître :

Observance – Il s’agit de prendre ses médicaments selon les posologies, sans manquer de dose et sans les prendre de façon inappropriée.
Antirétroviral – Médicament utilisé pour combattre le VIH.
Multithérapie antirétrovirale – Combinaison d’antirétroviraux choisis avec soin pour viser la plus grande efficacité possible.

Pour plus d'information :

Ressources utiles dans d’autres sites Web :

Tableaux d’interactions :

Publié : 2015