Complera

Sommaire

Complera est le nom d'une co-formulation à dosages fixes qui contient trois médicaments anti-VIH : le ténofovir, le FTC et la rilpivirine (Edurant). Complera peut être utilisé tout seul comme multithérapie pour les personnes vivant avec le VIH qui n'ont jamais pris de médicaments anti-VIH auparavant. Les effets secondaires courants du Complera comprennent des maux de tête, des nausées et des problèmes de sommeil. On prend Complera une fois par jour avec un repas.

Qu'est-ce que Complera?

Complera est le nom d'une pilule qui renferme les trois médicaments anti-VIH suivants :

  • la rilpivirine, un médicament appartenant à la classe des analogues non nucléosidiques ou INNTI
  • le ténofovir (Viread), un médicament appartenant à la classe des analogues nucléotidiques
  • le FTC (emtricitabine, Emtriva), un médicament appartenant à la classe des analogues nucléosidiques ou INTI

Puisque Complera contient ces trois médicaments, il suffit de le prendre une seule fois par jour pour traiter l'infection au VIH.

Comment Complera agit-il?

Lorsque le VIH infecte une cellule, il prend le contrôle de cette dernière. Le VIH oblige ensuite la cellule à fabriquer de nombreuses copies du virus. Pour fabriquer ces copies, la cellule utilise des protéines appelées enzymes. Lorsque l’activité de ces enzymes est réduite, la réplication du VIH ralentit.

Les trois médicaments que contient Complera inhibent l'action d'une enzyme appelée transcriptase inverse (TI) qui est utilisée par les cellules infectées par le VIH pour faire de nouveaux virus. Puisque Complera inhibe ou réduit l'activité de cette enzyme, ce médicament fait en sorte que les cellules infectées par le VIH produisent moins de virus.

Comment les personnes vivant avec le VIH se servent-elles du Complera?

Comme Complera contient plusieurs médicaments anti-VIH, il est considéré comme un genre de traitement appelé thérapie antirétrovirale ou TAR. Pour en savoir plus sur celle-ci, consultez la publication de CATIE intitulée Votre guide sur le traitement du VIH.

Pour beaucoup de personnes vivant avec le VIH (PVVIH), le recours à une multithérapie antirétrovirale a provoqué une augmentation de leur compte de cellules CD4+ et une réduction de la quantité de VIH dans leur sang (charge virale). Ces effets bénéfiques contribuent à réduire le risque de contracter une infection potentiellement mortelle. Ni le Complera ni aucun autre médicament anti-VIH ne permettent toutefois de guérir le VIH/sida. Il est donc important de faire ce qui suit :

  • consulter régulièrement son médecin pour assurer le suivi de son état de santé
  • continuer de pratiquer le sécurisexe et de prendre d’autres précautions pour éviter de transmettre le VIH à d’autres personnes et pour se protéger contre différentes souches du VIH et d'autres germes

Mises en garde

Puisque Complera contient de la rilpivirine — un médicament relativement nouveau — la gamme complète de ses effets secondaires risque de ne pas être connue avant plusieurs années. Les effets secondaires potentiellement graves qui sont mentionnés ci-dessous sont peu courants, et il se pourrait bien que vous n'en éprouviez aucun. Toutefois, si vous constatez des effets secondaires, avisez-en votre médecin sans tarder. (La liste suivante d'effets secondaires possibles n'est pas exhaustive.)

1. Santé cardiovasculaire

Selon le fabricant du Complera, la prudence est indiquée lorsque ce médicament est utilisé par des personnes sujettes à des complications cardiovasculaires, y compris les anomalies de la fréquence cardiaque, l'insuffisance cardiaque et une mauvaise circulation sanguine vers le cœur, etc. Lors des essais cliniques, les chercheurs ont constaté que l'exposition à la rilpivirine (un des composants du Complera) nuisait graduellement au cœur de certains volontaires, de sorte qu'ils avaient des fréquences cardiaques anormales.

Les anomalies de la fréquence cardiaque peuvent causer les symptômes suivants :

  • étourdissements
  • évanouissements
  • palpitations (sensation que son cœur bat très fort ou rapidement au repos)
  • crises de nature épileptique

Si vous éprouvez l'un de ces symptômes, parlez-en à votre médecin sans tarder.

Si vous souffrez d'une maladie cardiovasculaire, y compris l'arythmie cardiaque, ou si vous avez un proche parent (parent, frère ou sœur) qui en souffre, avisez-en votre ou vos médecin(s).

2. Santé mentale

Des problèmes de nature dépressive ont été signalés lors des essais cliniques, notamment la dépression, l'anxiété et les pensées négatives. La sévérité de ces symptômes allait de modérée à potentiellement mortelle chez moins de 4 % des participants. Il n'empêche que seulement 1 % des personnes recevant du Complera dans le cadre d'essais cliniques ont eu besoin de cesser l'usage de ce médicament à cause de ces symptômes.

Si vous éprouvez l'un des symptômes suivants pendant que vous prenez du Complera, consultez immédiatement votre médecin :

  • vous vous fâchez ou vous énervez facilement
  • vous vous sentez triste sans savoir pourquoi
  • vous éprouvez un sentiment de désespoir
  • vous avez des pensées bizarres
  • vous songez à vous faire du mal ou à faire du mal à d'autres personnes
  • vous avez des pensées suicidaires

3. Hépatite et santé hépatique

Complera contient de la rilpirivine, un médicament qui n'a été étudié que chez un faible nombre de personnes atteintes de lésions hépatiques légères à modérées. Par conséquent, le fabricant recommande que le Complera ne soit pas utilisé par les personnes présentant de graves lésions hépatiques et qu'il soit utilisé avec prudence par les personnes atteintes de lésions hépatiques légères à modérées.

Lors des essais cliniques, on a observé une augmentation des taux d'enzymes hépatiques dans le sang des patients séropositifs co-infectés par les virus de l'hépatite B et C qui recevaient de la rilpivirine. Les taux d'enzymes hépatiques de ces patients étaient plus élevés que chez les autres participants des essais cliniques qui n'étaient pas co-infectés par des virus de l'hépatite.

L'augmentation des taux d'enzymes hépatiques peut signaler la présence d'inflammation dans le foie et une mauvaise fonction hépatique; parlez à votre médecin de vos résultats de laboratoire.

4. Pancréatite

On a signalé des cas de pancréatite (inflammation douloureuse du pancréas) chez certaines personnes recevant le ténofovir (l’un des médicaments présents dans Complera) dans le cadre d’une multithérapie. Des taux anormalement élevés d’amylase (une enzyme produite par le pancréas) ont été détectés dans le sang de certaines personnes utilisant le ténofovir, ce qui pourrait dénoter une inflammation du pancréas. Les symptômes de la pancréatite comprennent les suivants :

  • douleurs abdominales, surtout en position allongée
  • nausées
  • vomissements
  • sueurs inattendues
  • fièvre
  • anxiété

Si vous présentez un de ces symptômes, parlez-en tout de suite avec votre médecin.

5. Charge virale élevée en VIH

Lors des essais cliniques sur la rilpivirine, certains volontaires avaient une charge virale élevée (plus de 100 000 copies/ml) avant de recevoir ce médicament. Ces personnes étaient plus sujettes à l'échec virologique lorsqu'elles recevaient une multithérapie à base de rilpivirine, comparativement aux personnes dont la charge virale était inférieure à 100 000 copies/ml avant l'étude. De plus, chez les volontaires dont le traitement à base de rilpivirine a échoué, on a détecté des souches du VIH qui étaient résistantes non seulement à la rilpivirine et à d'autres analogues non nucléosidiques comme l'éfavirenz (Sustiva et dans l'Atripla), l'étravirine (Intelence) et la névirapine (Viramune), mais aussi à des analogues nucléosidiques. Compte tenu de ces données, le DHHS (United States Department of Health and Human Services), auteur de lignes directrices exhaustives sur le traitement du VIH, a affirmé que « la prudence est indiquée lorsque la rilpivirine est utilisée par des patients [dont la charge virale est supérieure à] 100 000 copies/ml. »

6. Grossesse

Comme on n'a pas encore recueilli de données auprès d'un grand nombre de femmes enceintes quant à l'innocuité du Complera pour celles-ci et leur fœtus, le fabricant recommande que Complera « ne soit pas utilisé durant la grossesse à moins que les bienfaits l'emportent sur les risques potentiels. »

7. Âge

Le fabricant recommande que Complera soit utilisé avec prudence par les patients de 65 ans et plus puisque les essais cliniques n'ont pas inscrit suffisamment de personnes de ce groupe d'âge pour en évaluer l'innocuité.

Effets secondaires

1. En général

Comme la rilpivirine (un des composants du Complera) est un médicament relativement nouveau, la gamme complète de ses effets secondaires n'est pas connue. Les données des essais cliniques portent cependant à croire que ce médicament est généralement bien toléré. Le suivi des personnes qui s'en serviront à long terme se poursuit. Lors des essais cliniques, la rilpivirine était utilisée en combinaison avec d'autres médicaments, alors il est difficile d'affirmer avec certitude quels effets secondaires étaient causés par ce médicament. Voici une liste de symptômes signalés par les personnes ayant participé aux essais cliniques sur la rilpivirine :

  • étourdissements
  • somnolence pendant la journée
  • maux de tête
  • éruptions cutanées
  • nausées
  • douleurs abdominales

2. Dépression (voir la section Mises en garde)

Complera est susceptible de causer la dépression et l'anxiété, mais des problèmes de ce genre n'ont été signalés que par 10 % des participants aux essais cliniques. Avant qu'une dépression grave ne se déclare, il est possible d'éprouver des symptômes plus subtils, comme les suivants :

  • difficulté à se concentrer
  • difficulté à s'endormir
  • difficulté à rester endormi
  • irritabilité persistante
  • problèmes de mémoire
  • fatigue
  • changements d'appétit
  • cauchemars persistants

Si vous éprouvez l'un de ces symptômes ou d'autres changements d'humeur, parlez-en à votre médecin sans tarder.

3. Acidose lactique

Certaines personnes qui ont utilisé les médicaments qui composent Complera ou d'autres médicaments anti-VIH apparentés ont présenté une affection appelée acidose lactique, soit un taux d'acide lactique supérieur à la normale dans le sang. Les femmes en surpoids courent un risque plus élevé d'acidose lactique. Dans certains cas, le foie des personnes souffrant d'acidose lactique se gonfle à cause de l'accumulation de dépôts de graisse. Les signes et symptômes de l'acidose lactique comprennent les suivants :

  • nausées
  • vomissements
  • douleurs abdominales
  • diarrhées
  • fatigue inexplicable
  • douleurs musculaires inattendues
  • sensations de froid, particulièrement dans les bras et les jambes
  • étourdissements ou vertiges

Si ces symptômes persistent, parlez-en tout de suite à votre médecin.

4. Santé osseuse

Complera contient du ténofovir. Lors d’expériences sur des singes où l’on avait recours à des doses de ténofovir de dix à 30 fois plus élevées que celle que l'on donnerait aux humains, les os des animaux se sont amincis au cours d'une période d’un an.

Avant de commencer à prendre du Complera, avisez votre médecin si vous avez des problèmes osseux, si vos os sont plus minces que la normale (ostéopénie ou ostéoporose) ou si l'un de vos parents, frères ou sœurs a des os minces.

Lors des essais cliniques sur les combinaisons comportant du ténofovir, on a observé un amincissement des os de la colonne vertébrale et d’autres parties du corps. De façon générale, plus les os sont minces, plus ils sont fragiles et plus le risque de fracture augmente lors des accidents (chute) et des traumas.

Les chercheurs ont de la difficulté à expliquer pourquoi les os de certaines personnes exposées au ténofovir deviennent plus minces. Selon certains d’entre eux, l’amincissement des os serait attribuable au dysfonctionnement rénal causé par le ténofovir. Les reins filtrent le sang : ils déposent des déchets dans l’urine et transportent à nouveau des nutriments vers le sang. Dans les cas de pertes osseuses induites par le ténofovir, il se peut que les reins affaiblis soient incapables de ramener au sang des nutriments essentiels à la construction des os.

Il faut se rappeler que certaines personnes vivant avec le VIH/sida qui n’ont jamais utilisé de ténofovir ont également des os plus minces que la normale. Cela se produit chez certaines personnes qui suivent une multithérapie. La baisse de la densité osseuse a tendance à se stabiliser après un an ou deux de traitement. Songez à faire évaluer votre densité osseuse avant de commencer à prendre du Complera ou toute autre thérapie anti-VIH. Si vos os sont minces, parlez à votre médecin de votre apport en calcium et en vitamine D3. Un suivi régulier de votre densité osseuse pourrait aussi être utile.

Pour en savoir plus sur la vitamine D et les os, consultez la publication de CATIE intitulée Un guide pratique de la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH.

5. Santé rénale

Complera contient du ténofovir, un médicament qui est dégradé par les reins. Des cas de dysfonction rénale ont été observés chez certaines personnes utilisant le ténofovir. Les personnes qui prennent du Complera ont intérêt à passer régulièrement des tests de sang et d’urine afin que leurs médecins puissent évaluer l’état de santé de leurs reins. Les tests en question pourraient comprendre les suivants :

  • taux de créatinine
  • DFGe (débit de filtration glomérulaire estimé)
  • taux de calcium
  • taux de phosphore
  • taux de bicarbonate

Il existe plusieurs autres médicaments qui, comme le ténofovir, sont métabolisés par les reins et qui risquent de provoquer des lésions dans ces organes. Plusieurs de ces médicaments sont des antibiotiques appartenant aux catégories suivantes :

  • bêta-lactamines – pénicilline et amoxicilline
  • quinolones – ciprofloxacine et composés apparentés
  • aminoglycosides – amikacine et gentamicine
  • macrolides – érythromycine
  • tétracyclines – minocycline
  • antituberculeux – rifampine et éthambutol
  • autres antibiotiques – co-trimoxazole (Septra/Bactrim), vancomycine (Vanocin)

Il ne faut pas oublier qu’il existe d’autres médicaments qui peuvent nuire aux reins. En voici quelques exemples (cette liste n’est pas exhaustive) :

  • agents antiviraux – acyclovir (Zovirax), valacyclovir (Valtrex), cidofovir (Vistide), foscarnet (Foscavir), indinavir (Crixivan)
  • antifongiques – amphotéricine B (Fungizone), pentamidine intraveineuse anticonvulsivants – phénytoïne, carbamazépine, acide valproïque
  • AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) – acétaminophène (Tylenol), ibuprofène (Advil, Motrin), indométhacine (Indocid), naproxène (Naprosyn)
  • médicaments administrés aux receveurs de greffes d'organes – cyclosporine (Neoral, Sandimmune)

6. Syndrome de lipodystrophie

Le terme syndrome de lipodystrophie du VIH désigne un éventail de symptômes qui risquent de se manifester au fil du temps chez les personnes sous thérapie antirétrovirale.

Voici quelques caractéristiques du syndrome :

  • perte de graisse sous la peau (graisse sous-cutanée) du visage, des bras et des jambes
  • veines saillantes dans les bras et/ou les jambes en raison de la perte de graisse sous-cutanée
  • dépôts de graisse à l’arrière du cou (« bosse de bison ») ou à la base du cou (« col de cheval »)
  • augmentation du tour de taille ou de la bedaine
  • petits dépôts de graisse sur l’abdomen
  • augmentation du volume des seins (femmes)

En plus de ces changements physiques, la lipodystrophie peut s’accompagner de changements métaboliques qui se révèlent dans les résultats d’une analyse sanguine. Parmi ces derniers, mentionnons :

  • augmentation du taux de triglycérides (lipides)
  • augmentation du taux de cholestérol LDL (lipoprotéines de basse densité) ou « mauvais » cholestérol
  • augmentation du taux de sucre sanguin (glucose)
  • augmentation du taux de l’hormone insuline
  • sensibilité réduite à l’insuline (insulinorésistance)
  • baisse du taux de cholestérol HDL (lipoprotéines de haute densité) ou « bon » cholestérol

La cause précise de la lipodystrophie n’est pas connue et le syndrome s’explique difficilement parce que ses manifestations varient beaucoup d’une personne à l’autre.

Par exemple, certaines personnes perdent de la graisse, d’autres en prennent et d’autres encore connaissent des pertes et des gains de graisse. Ce qui ressort de plus en plus clairement est que les changements nuisibles qui se produisent au fil des ans dans les taux de glucose, de cholestérol et de triglycérides font augmenter les risques de diabète et de maladie cardiovasculaire. Toutefois, jusqu’à présent, les nombreux bienfaits de la multithérapie l’emportent sur les risques accrus de maladies cardiovasculaires ou d’autres effets secondaires.

Le maintien d’un poids santé, de bonnes habitudes alimentaires, l’arrêt du tabagisme et un programme d’exercices réguliers sont tous importants pour réduire les risques de diabète, de maladies du cœur et d’autres complications. Les consultations et les analyses sanguines régulières constituent également un élément crucial d’un bon suivi. Si cela s’avère nécessaire, votre médecin sera en mesure de prescrire un traitement visant à abaisser les taux de lipides.

Les chercheurs poursuivent leur étude du syndrome de lipodystrophie afin d’aider les PVVIH à éviter ou à atténuer ce problème. Pour en savoir plus sur la prise en charge des divers aspects du syndrome de lipodystrophie, consultez Un guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH.

Interactions avec les aliments

Pour être absorbé, Complera doit toujours être pris avec un repas. Il faut cependant éviter de manger du pamplemousse ou de boire du jus de pamplemousse, car ce fruit fait augmenter les concentrations de rilpivirine dans le corps, ce qui peut augmenter le risque d'effets secondaires.

Interactions avec les médicaments et plantes médicinales

Consultez toujours votre médecin et pharmacien au sujet de la prise de tout autre médicament, qu’il soit livré sur ordonnance ou en vente libre, y compris les plantes médicinales, les suppléments et les drogues récréatives.

Certains médicaments peuvent interagir avec Complera. Suite à ce genre d'interaction, les taux de médicaments peuvent augmenter ou diminuer dans le corps. L’augmentation des taux de médicaments peut provoquer de nouveaux effets secondaires ou aggraver des effets secondaires existants. Par contre, si les taux de médicaments diminuent excessivement, le VIH peut acquérir une résistance et vos options de traitement futures risquent de s’en trouver limitées.

Si vous devez prendre un médicament qui est susceptible d'interagir avec vos médicaments existants, votre médecin pourra faire ce qui suit :

  • ajuster les doses de vos médicaments anti-VIH ou de vos autres médicaments; ou
  • prescrire des médicaments anti-VIH différents

Le fabricant affirme que Complera ne devrait pas être utilisé avec les médicaments ou plantes médicinales suivants parce qu'ils risquent de réduire dangereusement la concentration de rilpivirine (un des composants du Complera) dans le sang et de permettre au VIH de résister à la rilpivirine et à d'autres médicaments anti-VIH. Veuillez noter que les listes suivantes ne sont pas exhaustives :

Antibiotiques pour la tuberculose ou le MAC (complexe mycobacterium avium)

  • rifabutine (Mycobutin), rifampine (Rifadin, Rofact et dans le Rifater), rifampicine et rifapentène

Anticonvulsivants

  • carbamazépine, oxcarbazépine, phénobarbital, phénytoïne

Corticostéroïdes

  • dexaméthasone sous forme de pilules, injections ou par voie intraveineuse; administrées de ces manières, les doses élevées de corticostéroïdes peuvent s'accumuler dans l'organisme et interagir avec la rilpivirine

Inhibiteurs de la pompe à protons

  • ésoméprazole (Nexium), lansoprazole (Prevacid), oméprazole (Losec), pantoprazole (Pantoloc), rabéprazole (Pariet)

Plantes médicinales

  • millepertuis (hypericine, hyperforine)

Le fabricant affirme que les médicaments suivants ne devraient pas être utilisés avec la rilpivirine (un des composants du Complera) parce qu'ils risquent de faire augmenter considérablement les taux de ce médicament (et de causer ainsi des effets secondaires) :

Analogues non nucléosidiques

  • éfavirenz (Sustiva et dans l'Atripla), étravirine (Intelence), névirapine (Viramune) et delavirdine (Rescriptor)

Le fabricant affirme que les médicaments suivants peuvent faire augmenter les taux de rilpivirine et conseille aux médecins de faire preuve de « prudence » lorsqu'ils prescrivent ces médicaments aux patients recevant du Complera :

Antiacides

  • antiacides contenant de l'aluminium, de l'hydroxyde de magnésium ou du carbonate de calcium; le fabricant incite les médecins à la prudence, car ces médicaments peuvent perturber l'acidité de l'estomac et réduire considérablement l'absorption de la rilpivirine, causant ainsi une chute de ses niveaux dans le sang. Le fabricant recommande que les antiacides ne soient utilisés qu' « au moins deux heures avant ou quatre heures après la prise du Complera »

Agents antifongiques

  • fluconazole (Diflucan), itraconazole (Sporanox), posaconazole (Spirafil) et voriconazole (Vfend); tous ces médicaments sont susceptibles de faire augmenter les taux de rilpivirine dans le sang, et la rilpivirine peut réduire les concentrations de ces médicaments, de sorte que les risques d'infections fongiques nouvelles ou récurrentes augmentent

Antibiotiques à macrolides

  • la clarithromycine (Biaxin), l'érythromycine et la troleandomycine sont toutes susceptibles de faire augmenter les taux de rilpivirine et de causer ainsi des effets secondaires; dans la mesure du possible, le fabricant recommande aux médecins d'envisager la prescription d'un autre macrolide, tel que l'azithromycine (Zithromax)

Inhibiteurs de la protéase du VIH

  • atazanavir (Reyataz), darunavir (Prezista), fosamprénavir (Telzir), lopinavir-ritonavir (Kaletra), ritonavir (Norvir), saquinavir (Fortovase), tipranavir (Aptivus); la rilpivirine ne devrait pas faire augmenter les taux de ces autres médicaments

Les médicaments suivants risquent de faire diminuer les taux de rilpivirine et doivent donc être utilisés avec prudence :

Antagonistes du récepteur H2 de l'histamine

  • cimétidine (Tagamet), famotidine (Pepcid), nizatidine, ranitidine (Zantac); comme ces médicaments réduisent l'acidité de l'estomac, ils risquent de réduire considérablement l'absorption de la rilpivirine, ce qui peut augmenter le risque que le VIH devienne résistant à celle-ci et à d'autres médicaments anti-VIH, alors le fabricant recommande la prudence; si ces médicaments doivent être utilisés, le fabricant recommande qu'on les prenne seulement « au moins 12 heures avant ou quatre heures après la prise du Complera »

Autres médicaments

Les médicaments qui causent des mictions fréquentes (pilules d'eau, diurétiques) ou la diarrhée (laxatifs ou lavements), ainsi que d'autres médicaments comme l'amphotéricine B (Fungizone, Abelcet), peuvent perturber l'équilibre des minéraux dans le sang et affecter ainsi la fréquence cardiaque. Le fabricant recommande la prudence si ces médicaments sont utilisés en même temps que Complera.

Interactions improbables

Le fabricant ne s'attend pas à des interactions entre Complera et les médicaments suivants :

  • méthadone
  • certains médicaments anti-VIH et anti-hépatite —spécifiquement, les inhibiteurs des co-récepteurs comme le maraviroc (Celsentri); les analogues nucléosidiques pour le traitement de l'hépatite C, telle la ribavirine; inhibiteurs de l'intégrase comme le raltégravir (Isentress); le médicament ddI (Videx) doit être pris à jeun au moins deux heures avant ou quatre heures après la prise du Complera
  • médicaments contre la dysfonction érectile comme le sildénafil (Viagra), le tadalafil (Cialis) ou le vardénafil (Levitra)
  • agents hypolipidémiants appelés statines, y compris l'atorvastatine (Lipitor), la rosuvastatine (Crestor) et les médicaments semblables
  • contraceptifs oraux (« la pilule »)

Complera contient du ténofovir, un médicament qui peut interagir avec les médicaments suivants, causant une augmentation ou une réduction de leurs concentrations. Ces médicaments risquent à leur tour de faire augmenter ou diminuer les taux de ténofovir :

  • ddI (Videx, Videx EC)
  • lopinavir (dans le Kaletra)
  • atazanavir (Reyataz)

Résistance, résistance croisée et interruption du traitement

Au fur et à mesure que de nouvelles copies de VIH sont fabriquées dans le corps, le virus modifie sa structure. On appelle ces modifications des mutations; les mutations peuvent permettre au VIH de résister aux effets des médicaments anti-VIH, ce qui veut dire qu’ils cesseront d’agir pour vous. Le fait d’associer la rilpivirine à au moins deux autres médicaments anti-VIH, comme le fait le Complera, permet de retarder le développement de la résistance.

Pour réduire le risque de résistance médicamenteuse, vous devez prendre tous vos médicaments anti-VIH tous les jours en suivant les posologies à la lettre. Si vous manquez ou retardez des prises, ou si vous ne respectez pas les prescriptions de votre médecin, le taux de rilpivirine risque de tomber trop bas. Si cela se produit, des virus résistants risquent d’apparaître. Si vous avez de la difficulté à prendre vos médicaments de façon régulière et en suivant les instructions, parlez-en à votre médecin ou infirmière. Ils peuvent vous aider.

Lorsque le VIH devient résistant à un médicament d’une classe, il risque parfois de devenir résistant à tous les autres médicaments de cette classe. Il s’agit de la résistance croisée. N’hésitez pas à parler de vos options de traitement actuelles et futures avec votre médecin. Pour vous aider à déterminer quelles thérapies vous pourrez utiliser à l’avenir, votre médecin peut faire analyser un petit échantillon de votre sang dans le cadre de tests de résistance. Si le VIH présent dans votre corps devient résistant à l'un des composants du Complera, votre médecin pourra recommander une autre combinaison de médicaments.

Posologies et formulations

Complera se vend sous forme de comprimés de couleur rose-violet, dont chacun contient les médicaments suivants :

  • rilpivirine — 25 mg
  • FTC — 200 mg
  • ténofovir — 300 mg

Pour les adultes, la posologie consiste en un seul comprimé par jour, que l'on doit prendre avec un repas.

Accessibilité

Le Complera est homologué au Canada pour le traitement de l'infection au VIH chez les adultes n'ayant jamais pris de médicaments antirétroviraux auparavant. Votre médecin pourra vous renseigner davantage sur l'accessibilité et la couverture du Complera dans votre région. CATIE a aussi créé un module intitulé Programmes fédéraux, provinciaux et territoriaux d'accès aux médicaments qui contient de l'information sur la couverture des médicaments.  

Références

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Auteur(s) : Hosein SR

Traduction : Boutilier A

Publié : 2017