Le lymphome
Sommaire
Le lymphome est un cancer qui touche une partie du système immunitaire appelée système lymphatique. Comme tous les cancers, les possibilités de traitement du lymphome sont meilleures lorsque celui-ci est détecté tôt. Les médicaments anti-VIH réduisent considérablement le risque de lymphome pour les personnes vivant avec le VIH. Les médicaments anti-VIH peuvent aider à renforcer le système immunitaire des personnes vivant avec le VIH atteintes d’un lymphome et faciliter le traitement contre le cancer.
Qu’est-ce que le lymphome?
Le terme générique lymphome est utilisé pour décrire différents cancers touchant le système lymphatique :
- L’un de ces types de cancers est la maladie de Hodgkin.
- Les autres types de cancers sont les lymphomes non hodgkiniens.
Une personne vivant avec le VIH peut être touchée par l’une ou l’autre de ces formes de cancer. Cependant, la maladie de Hodgkin est rare chez ces personnes alors que le lymphome non hodgkinien est considéré comme une maladie définissant le sida. Les personnes vivant avec le VIH sont beaucoup plus susceptibles d’être affectées par un lymphome non hodgkinien que la population générale.
Le lymphome prend naissance dans un type de globule blanc appelé cellule B. Les cellules B font partie du système lymphatique, lequel est une partie importante du système immunitaire. Vaste réseau de vaisseaux se déployant dans diverses parties de l’organisme, le système lymphatique aide à combattre les infections et les maladies. Ces vaisseaux transportent de la lymphe, un liquide clair qui contient des cellules B. Le système lymphatique est parsemé de petites grappes de tissu, appelées ganglions lymphatiques, lesquels retiennent et filtrent les germes. Un grand nombre de ganglions lymphatiques se trouvent dans le cou, les aisselles et l’aine. (Ce sont ces ganglions enflés que votre médecin ou vous remarquez lorsque vous êtes malade.) En plus des ganglions lymphatiques, d’autres types de tissu lymphatique sont présents dans l’organisme, notamment les amygdales, la rate, la moelle osseuse et le thymus. Puisque le système lymphatique s’étend dans tout l’organisme, le lymphome peut se déclarer et se répandre dans presque toutes les parties de l’organisme, y compris la moelle épinière et le cerveau.
Qui est vulnérable à un lymphome non hodgkinien?
Les personnes dont le système immunitaire est affaibli (p. ex. en raison de certains médicaments, du VIH ou d’une greffe d’organe) sont plus susceptibles de développer un lymphome non hodgkinien.
Le risque de développer un lymphome non hodgkinien augmente chez les personnes vivant avec le VIH qui ne prennent aucun médicament anti-VIH au fur et à mesure que leur système immunitaire s’affaiblit. Les recherches démontrent que les personnes qui prennent des médicaments anti-VIH sont considérablement moins à risque, quel que soit leur compte de CD4.
Les personnes affectées par l’hépatite C ou le virus Epstein-Barr et celles qui ont été exposées à certains produits chimiques (p. ex. solvants chlorés, formaldéhyde et produits chimiques contenus dans les pesticides et les herbicides) courent peut-être également un plus grand risque de développer un lymphome non hodgkinien.
Symptômes
L’inflammation des ganglions lymphatiques dans le cou, aux aisselles et à l’aine est le symptôme le plus courant du lymphome. L’inflammation est généralement indolore. Si vous remarquez une inflammation persistante des glandes lymphatiques, informez-en votre médecin.
D’autres symptômes qui accompagnent souvent l’inflammation des ganglions lymphatiques comprennent :
- fièvre
- sueurs nocturnes
- perte de poids
L’inflammation des ganglions lymphatiques et les symptômes secondaires sont communs à de nombreuses maladies qui peuvent toucher les personnes vivant avec le VIH.
Si un lymphome se développe dans d’autres parties de l’organisme, il peut provoquer des symptômes liés à ces parties du corps, notamment :
- un lymphome du tractus gastro-intestinal peut provoquer des douleurs abdominales et une inflammation du foie;
- un lymphome de la bouche peut provoquer des douleurs et une inflammation localisée;
- un lymphome du cerveau peut provoquer des maux de tête, des crises épileptiques et des difficultés de concentration.
Diagnostic
On diagnostique le lymphome au terme d’une procédure appelée biopsie. Pour faire une biopsie, le médecin prélève un petit échantillon de tissu dans la région touchée. Ce tissu est ensuite examiné au microscope afin de déceler la présence d’un lymphome et de déterminer les types de cellules affectées et la vitesse à laquelle les cellules cancéreuses se multiplient. Les lymphomes sont classés selon leur vitesse de croissance :
- le lymphome à faible croissance (se propage lentement);
- le lymphome à croissance moyenne (se propage plus rapidement); ou
- le lymphome à croissance rapide (se propage de façon agressive).
Si la biopsie révèle un lymphome, le médecin recommandera sans doute d’autres examens – tels que rayons X, tomodensitogramme, examen par IRM (imagerie par résonance magnétique) ou examen TEP (tomographie par émission de positons) – afin de déterminer si le cancer s’est propagé et dans quelle mesure. Ce processus, appelé stadification, permettra de déterminer le traitement le plus approprié. Dans certains cas, une intervention appelée laparotomie peut être pratiquée afin de permettre au médecin d’examiner les organes internes et d’effectuer des biopsies supplémentaires. Une biopsie de la moelle osseuse et une ponction lombaire peuvent également être nécessaires pour déterminer la gravité du lymphome.
Il existe de nombreux types de lymphome qui sont généralement regroupés comme suit :
- le lymphome systémique ou périphérique : ce type de lymphome se développe d’abord dans les ganglions lymphatiques ou d’autres organes du système lymphatique. Il peut être confiné à une petite région du corps ou se propager dans d’autres parties de l’organisme.
- le lymphome primaire du système nerveux central (SNC) : le lymphome fait d’abord son apparition dans le système nerveux central (cerveau ou moelle épinière). Il est habituellement confiné dans le système nerveux central.
Traitement
Les médicaments anti-VIH peuvent faciliter le traitement du lymphome non hodgkinien. Depuis que les personnes vivant avec le VIH ont commencé à prendre des médicaments plus efficaces contre le VIH dans les années 1990, les personnes ayant reçu un diagnostic de lymphome non hodgkinien vivent plus longtemps. Les médicaments anti-VIH aident à renforcer le système immunitaire et permettent à ces personnes de supporter un traitement plus puissant contre le lymphome.
Le traitement contre le cancer recommandé par votre médecin dépendra du type de lymphome dont vous êtes atteint, de son ampleur, de la vitesse à laquelle il se propage, et de votre état de santé global, surtout l’état de votre système immunitaire.
Approche attentiste
Si le lymphome se développe lentement et a été détecté à un stade précoce, votre médecin pourrait vous proposer d’attendre. Il se pourrait qu’aucun traitement ne soit nécessaire. Votre médecin continuera de surveiller votre cancer de près.
Si le cancer se propage plus rapidement, votre médecin pourrait recommander des médicaments anticancéreux (chimiothérapie) ou une radiothérapie.
Chimiothérapie
Le lymphome non hodgkinien est habituellement traité par des médicaments qui tuent les cellules cancéreuses, aussi appelé chimiothérapie ou chimio. Les médicaments se prennent sous forme de pilules ou d’injections dans une veine (intraveineuses), dans un muscle (intramusculaires) ou dans le liquide entourant le cerveau et la moelle épinière. Les effets secondaires de la chimiothérapie peuvent comprendre des nausées, des vomissements, de la fatigue, de la diarrhée, des plaies dans la bouche et la perte des cheveux. Le médecin peut prescrire des médicaments supplémentaires pour réduire les effets secondaires.
Radiothérapie
La radiothérapie peut remplacer ou compléter la chimiothérapie. Ce traitement utilise la radiation pour aider à réduire les tumeurs et à détruire les cellules cancéreuses.
- Dans le cadre de la radiothérapie externe, une machine installée à l’extérieur du corps projette des rayons X à haute énergie sur des régions précises du corps. Le nombre de traitements requis varie d’une personne à l’autre, selon son état de santé global, l’état de son système immunitaire, la région touchée par le lymphome, et la tolérance aux traitements.
- Dans le cadre de la radiothérapie interne, une matière radioactive (sous forme de grains, d’aiguilles ou de fils) est introduite dans le corps, dans le cancer ou tout près de celui-ci.
Malheureusement, la chimiothérapie et la radiothérapie affaiblissent le système immunitaire. Un patient pourrait ainsi être plus susceptible de développer des infections opportunistes. Ces infections potentiellement mortelles se manifestent lorsque le système immunitaire est très affaibli et que le corps devient vulnérable aux infections qui n’affecteraient pas une personne en bonne santé.
Perspectives
Le traitement peut forcer les signes et les symptômes du cancer à disparaître pendant des semaines, des mois, voire des années (la maladie est alors « en rémission »), mais le lymphome peut revenir. Cependant, les médicaments anti-VIH ont considérablement amélioré le taux de survie des personnes séropositives qui développent un lymphome non hodgkinien et ont permis de réduire le nombre de nouveaux cas.
Référence
Polesel J et autres. « Non-Hodgkin’s lymphoma incidence in the Swiss HIV Cohort Study before and after highly active antiretroviral therapy ». AIDS 22(2), 301-306, 2008.
Auteur(s) : Koenig D, Maclean D, Sojé P
Traduction : Axent Translation
Publié : 2011


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