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Programme de thérapie d’assistance maximale (TAM) 

Downtown Community Health Centre
Vancouver, Colombie-Britannique
2013

Introduction

Une communauté à visage humain.

Le programme TAM est beaucoup trop petit pour les personnalités qu’il accueille tous les jours. Depuis 1999, le programme de thérapie d’assistance maximale, connu dans tout Vancouver sous le simple nom de TAM (ou MAT en anglais), prend soin de personnes vivant avec le VIH qui sont confrontées à des obstacles importants dans l’observance quotidienne de la thérapie antirétrovirale. Depuis 2001, le programme dessert ses membres dans une section achalandée et occupée mais chaleureuse et solidaire du Downtown Community Health Centre.

Le programme de thérapie d’assistance maximale n’est pas qu’un élément clinique offert pour répondre au besoin d’améliorer l’observance de la TAR : c’est une « communauté à visage humain » selon Suzy Coulter — ancienne coordonnatrice clinique du programme et maintenant infirmière occasionnelle pour ce dernier — où tout obstacle à l’observance, qu’il soit de nature biomédicale ou psychosociale, est abordé par une équipe interdisciplinaire dévouée et attentionnée.

Certains participants suivent le programme TAM depuis des années. Ils viennent parce qu’on leur offre un petit-déjeuner, parce que les infirmières sur place connaissent bien leurs veines (ce qui facilite les prises de sang), et dans bien des cas, parce que le programme fait maintenant partie intégrante de leur quotidien. Mais surtout, ils continuent d’y participer « parce que c’est un endroit sûr [où] ils se sentent chez eux », affirme Fleur Sussman, pharmacienne clinique du programme depuis 2000. Au fil des ans, la salle d’attente du programme TAM est devenue un espace informel où les membres peuvent se rencontrer et partager les succès et difficultés liés à leur traitement.

Tout n’est pas rose au programme TAM; les tensions peuvent éclater, surtout à l’automne et en hiver lorsqu’il n’y a pas de place pour s’asseoir et que les gens veulent se mettre à l’abri de la pluie. « Bien des choses peuvent déraper, dans une... toute petite salle d’attente », nous dit Sussman. Tous les membres doivent signer une entente communautaire qui établit les droits et les responsabilités de chacun et permet de mettre un certain ordre dans le chaos. On impose rarement des interdictions au programme TAM; on préfère veiller à fournir « un endroit sécuritaire aux personnes vulnérables » tout en s’assurant que toute personne dans le besoin a accès aux services du programme.

Le programme fonctionne sept jours sur sept et donne accès à des infirmières, des agents de liaison communautaire, un travailleur social et, fait unique pour un programme de ce type, une pharmacienne clinique sur place. Comme l’affirme Christine Gillespie, coordonnatrice clinique sortante, le fait d’avoir une pharmacienne sur place pour discuter avec les membres des interactions médicamenteuses, des effets secondaires et de l’observance optimale « est un élément crucial du programme ». Les pharmaciens veillent aussi à ce que les membres aient un accès ininterrompu aux antirétroviraux, peu importe où ils se trouvent — à l’hôpital, au centre de désintoxication ou en prison.

Le programme TAM a toujours eu une équipe d’approche sortant les après-midis, mais grâce à un financement du projet STOP HIV/AIDS (Seek and Treat for Optimal Prevention of HIV/AIDS), il a pu étendre ses services à une plus grande section du centre-ville de Vancouver. Une équipe d’approche à temps plein a pour tâche de joindre les personnes qui se heurtent à d’imposants obstacles en matière d’accès aux soins et, grâce à un soutien respectueux, de les aider à surmonter ces obstacles et à réintégrer le système de soins de santé. Gillespie attribue au travail de cette équipe le fait que le programme de thérapie d’assistance maximale a pu réaliser de façon plus complète son mandat de joindre les personnes confrontées à d’importants obstacles aux soins et à l’observance du traitement.

Cet élargissement du territoire a amené un changement dans la population desservie par le TAM, notamment une augmentation importante du nombre de membres qui sont des travailleurs du sexe, qui sont porteurs de co-infections et ont reçu deux diagnostics, de membres extrêmement isolés et en marge du système de santé, et comme le notent Coulter et Gillespie, de membres présentant des problèmes de santé mentale graves et persistants.

Comme l’affirme Sussman, « nous formons une famille ici ». Le personnel du programme sait que le fait d’offrir un soutien et des soins accessibles, novateurs et interdisciplinaires dans un milieu sécurisant peut avoir une influence positive sur la santé des gens, et il applique cette connaissance dans les soins qu’il prodigue quotidiennement aux participants du programme.