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Clinique d’immunodéficience 

L’hôpital St. Paul
Vancouver, Colombie-Britannique
2013

Introduction

« Par hasard, nous nous trouvions dans la ligne de tir »

James visite la clinique d’immunodéficience tous les jours. « Quand il ne se présente pas, nous allons le chercher », indique Scott Harrison, le directeur de la clinique.

James n’est pas la seule personne à recevoir ce type personnalisé de soins et soutien de la part de la Clinique d’immunodéficience John Ruedy, souvent appelée tout simplement IDC (pour Immunodeficiency Clinic); tous les patients de la clinique bénéficient de ce type de service. La plupart n’ont pas besoin d’avoir une interaction d’une telle intensité avec le personnel de la clinique, mais lorsqu’il le faut, des pairs navigateurs, une équipe de santé mentale, des fournisseurs de soins primaires, des infirmières, des travailleurs sociaux et une nutritionniste sont à la disposition des patients afin de leur offrir sur place des services complets répondant à leurs besoins.

La clinique, fondée dans les années 80, s’occupait de personnes vivant avec le VIH et le sida à une époque où il existait peu de traitements. « L’hôpital St. Paul se trouvait par hasard dans la ligne de tir pendant les premières années de l’épidémie », affirme Mary Petty, une travailleuse sociale en poste à la clinique depuis 2000. À cette époque, les fournisseurs de soins étaient très limités dans ce qu’ils pouvaient offrir aux patients, dont la plupart étaient des hommes gais vivant avec le sida et succombant à cette maladie.

Bien des choses ont changé depuis dans le monde du VIH à Vancouver : des traitements efficaces ont fait leur apparition dans les années 90 et la Colombie-Britannique s’est mise à les offrir gratuitement à quiconque répondait aux lignes directrices thérapeutiques. À cette même période, un nombre croissant de personnes vivant dans le quartier est du centre-ville recevaient un diagnostic de VIH/sida.

En réponse à ces deux développements et aux besoins complexes de gens comme James, Providence Health Care, l’organisme qui administre l’IDC, a transformé cette clinique formée d’un groupe de médecins de soins primaires traitant des cas de VIH en une clinique offrant des soins interdisciplinaires et complets de premier recours aux PVVIH, et dont le mandat précis est de répondre aux besoins des personnes qui font face aux obstacles les plus rigides et les plus complexes en ce qui a trait à l’obtention de soins. Aujourd’hui, les patients « ont accès à une communauté de soins, qui tient compte de tous les aspects de leur vie », de dire Harrison.

Grâce à un financement obtenu du projet « Seek and Treat for Optimal Prevention of HIV/AIDS » (STOP) en 2010, la clinique IDC a pu renforcer ses services de soutien existants. En réponse à la rétroaction des patients, elle a augmenté ses heures d’ouverture – un changement crucial qui lui a permis de mieux s’adapter aux horaires des patients – et a ajouté à son personnel des infirmières et des travailleurs sociaux afin d’améliorer ses services spécialisés en matière de dépendances et de santé mentale. La clinique compte aussi maintenant une nutritionniste qui fournit un important service aux patients qui ont besoin d’une bonne alimentation afin d’optimiser les résultats de leur traitement mais qui n’ont pas nécessairement les habiletés ou les ressources pour établir et maintenir un régime alimentaire adéquat.

La clinique IDC a aussi formé un partenariat avec Positive Living BC afin d’offrir un service de « pairs navigateurs » – une source d’entraide qui réduit les obstacles auxquels les patients peuvent se heurter dans l’accès aux soins à la clinique et ailleurs. Selon Mary Petty, le fait d’avoir une PVVIH parmi les membres du personnel est également bénéfique pour les personnes qui ont récemment découvert leur séropositivité et « fait toute la différence pour les patients » qui entament un processus thérapeutique.

Pour les gens comme James, l’approche complète, simplifiée et centrée sur les patients de la clinique a joué un rôle primordial dans la poursuite des soins et l’observance du traitement. « Les vingt minutes qu’il passe chaque jour avec nous lui donnent l’assurance nécessaire pour affronter le reste de la journée », affirme Scott Harrison.