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Gay Poz Sex 



2016

Une intervention canadienne réduit les comportements sexuels à risque pour le VIH et améliore les résultats de santé mentale chez les hommes gais, bi et hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes séropositifs.

Gay Poz Sex (GPS)1,2 est un programme de counseling en santé sexuelle destiné aux hommes gais, bisexuels et hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) et qui vivent avec le VIH. Il a été démontré que cette intervention de prévention positive réduit considérablement les comportements sexuels à risque pour le VIH et améliore les résultats de santé mentale chez les HARSAH vivant avec le VIH.

Gay Poz Sex

GPS est un programme de counseling en santé sexuelle qui vise à aider les hommes à améliorer leur vie sexuelle en harmonie avec leurs valeurs personnelles, tout en réduisant leurs risques de transmettre le VIH et de contracter des ITS. L’usage du condom n’est pas un point de mire du programme, car chaque participant identifie ses propres objectifs de santé sexuelle d’après ses valeurs. Une étude du programme a été réalisée à Toronto de mars 2009 à avril 2013.

Des HARSAH vivant avec le VIH ont été recrutés à l’aide d’affiches et de dépliants dans des lieux et espaces communautaires, des médias sociaux, du site Web de GPS et lors de la Fierté de Toronto. Les participants étaient admissibles à l’intervention s’ils :

  • déclaraient avoir eu une relation anale sans condom avec un autre homme au cours des trois mois précédents
  • s’autodéclaraient comme vivant avec le VIH
  • s’identifiaient comme étant de sexe masculin
  • avaient plus de 18 ans
  • pouvaient lire et écrire en anglais

Le programme consiste en sept séances hebdomadaires de deux heures animées par deux hommes gais vivant avec le VIH. Chaque groupe compte entre cinq à huit participants. Les séances 1 et 2 portent sur des sujets liés à la transmission du VIH, aux infections transmissibles sexuellement (ITS) et aux défis du dévoilement du VIH.

Les séances 3 à 5 visent à aider les participants à identifier leurs objectifs personnels de santé sexuelle et à explorer tout conflit entre ceux-ci et leur comportement actuel.

Les séances 6 et 7 permettent aux participants d’acquérir des compétences comme l’affirmation de soi pour les aider à avoir le type de sexe qu’ils désirent.

Les participants ont répondu au même sondage avant et immédiatement après l’intervention, puis trois mois plus tard. Le sondage a évalué l’impact de l’intervention sur :

  • la fréquence des relations anales sans condom avec des partenaires séronégatifs ou de statut VIH inconnu
  • la fréquence des relations anales sans condom avec des partenaires vivant avec le VIH
  • les sentiments de dépression et de solitude
  • la peur du rejet sexuel
  • les comportements sexuels compulsifs et la recherche de sensations sexuelles
  • la capacité de réduire les comportements sexuels à risque

Résultats

Au total, 59 HARSAH vivant avec le VIH ont participé à GPS jusqu’à la fin. La majorité des participants étaient blancs, plusieurs étaient prestataires d’aide sociale et environ la moitié d’entre eux avaient un revenu annuel inférieur à 20 000 $.

De façon générale, GPS a réduit considérablement le nombre de relations anales sans condom des participants avec des partenaires de tous types (réguliers et occasionnels) et de tous les statuts VIH (positif, négatif, inconnu). Au début, 85 % des hommes ont déclaré avoir des relations anales sans condom, tous partenaires confondus. Cette proportion a diminué à 65 % immédiatement après l’intervention et à 58 % trois mois après la fin du programme.

L’étude a révélé une diminution considérable, immédiatement après l’intervention (comparativement aux données initiales), du nombre de relations anales sans condom avec :  

  • des partenaires occasionnels de tout statut (de 73 % à 58 %)
  • des partenaires occasionnels de statut VIH inconnu (de 42 % à 27 %)
  • des partenaires occasionnels de statut VIH positif (de 62 % à 46 %)
  • tout partenaire de statut VIH négatif ou inconnu (de 54 % à 37 %)
  • tout partenaire de statut VIH positif (de 73 % à 54 %)

L’étude a également révélé une diminution considérable, trois mois après l’intervention (comparativement aux données initiales), du nombre de relations anales sans condom avec :

  • des partenaires occasionnels de tout statut (de 73 % à 50 %)
  • des partenaires occasionnels de statut VIH inconnu (de 42 % à 21 %)
  • des partenaires occasionnels de statut VIH positif (de 62 % à 42 %)
  • tout partenaire de statut VIH négatif ou inconnu (de 54 % à 29 %)
  • tout partenaire de statut VIH positif (de 73 % à 52 %)

Conformément aux valeurs du programme, consistant à promouvoir à la fois la santé sexuelle et mentale, GPS a atténué le sentiment de solitude, la peur du rejet sexuel et les comportements sexuels compulsifs.

Quelles sont les implications pour les organismes canadiens?

L’approche de GPS à la promotion de la santé chez les HARSAH vivant avec le VIH est fondée sur des données probantes. L’étude a démontré que GPS peut réduire les comportements sexuels à risque parmi les HARSAH vivant avec le VIH et améliorer leurs résultats de santé mentale. Le programme GPS est offert à Toronto et à Vancouver (le site de Vancouver n’était toutefois pas inclus dans l’étude). L’intervention pourrait être adaptée à d’autres régions du pays, car elle est offerte en milieu communautaire par des pairs animateurs vivant avec le VIH.

Références

  1. Hart TA, Stratton N, Coleman TA, et al. A Pilot Trial of a Sexual Health Counseling Intervention for HIV-Positive Gay and Bisexual Men Who Report Anal Sex without Condoms. PLOS ONE. 2016 Apr 7;11(4):e0152762.
  2. Hart T.A, Willis AC, Simpson SH, et al. Gay Poz Sex: A Sexual Health Promotion Intervention For HIV-Positive Gay And Bisexual Men. Cognitive and Behavioral Practice. 2016; sous presse.