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Feuillet d'information L'abacavir (Ziagen) En bref Qu’est-ce que l’abacavir?L’abacavir,vendu sous le nom de marque Ziagen, est un type de médicament anti-VIH appelés analogue nucléosidique ou INTI (inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse). L’abacavir est utilisé en association avec d’autres médicaments anti-VIH pour traiter (mais non pour guérir) le VIH/sida. Comment l’abacavir agit-il?Avant d’expliquer le mode d’action de l’abacavir, il faut d’abord offrir un peu d’information au sujet du VIH. Lorsque le VIH infecte une cellule, il prend le contrôle de cette dernière. Le VIH oblige ensuite la cellule à faire beaucoup d’autres copies du virus. Afin de faire ces copies, la cellule a recours à des protéines appelées enzymes. Lorsque l’activité de ces enzymes est affaiblie ou bloquée, la production de VIH ralentit ou s’arrête. L’abacavir appartient à une classe de médicaments appelés analogues nucléosidiques. L’abacavir inhibe l’action d’une enzyme appelée transcriptase inverse (TI) dont les cellules infectées par le VIH se servent pour fabriquer de nouveaux virus. Puisque l’abacavir inhibe ou réduit l’activité de cette enzyme, ce médicament incite les cellules infectées à produire moins de virus. Comment les personnes vivant avec le VIH/sida utilisent-elles l’abacavir?L’abacavir est utilisé en association avec plusieurs autres médicaments anti-VIH, y compris des médicaments appartenant à d’autres classes, tels que les inhibiteurs de la protéase et/ou les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI). Les associations de ce genre s’appellent une multithérapie antirétrovirale fortement active. Pour en savoir plus sur la multithérapie antirétrovirale, consultez la publication de CATIE intitulée Un guide pratique de la multithérapie antirétrovirale pour les personnes vivant avec le VIH/sida. Pour beaucoup de personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH), le recours à une multithérapie antirétrovirale a provoqué une augmentation de leur compte de cellules CD4+ et une réduction de la quantité de VIH dans leur sang (charge virale). Ces effets bénéfiques contribuent à réduire le risque de contracter une infection potentiellement mortelle. Ni l’abacavir ni aucun autre médicament anti-VIH ne permet de guérir le VIH/sida. Il est donc important de faire ce qui suit :
Mises en garde 1. Réaction d’hypersensibilité Même si la réaction d’hypersensibilité peut survenir à n’importe quel moment lors d’un traitement par l’abacavir, elle se produit en moyenne durant les six premières semaines de l’utilisation. La réaction peut comporter les symptômes suivants :
Si vous éprouvez un de ces symptômes lorsque vous prenez l’abacavir, cessez immédiatement d’utiliser ce dernier et contactez votre médecin sans tarder. Pour faciliter le diagnostic des réactions d’hypersensibilité à l’abacavir, le fabricant a établi un service téléphonique bilingue sans frais qui est accessible 24 heures sur 24. Il suffit de composer le 1-800-868-8898. Une carte d’avertissement en format portefeuille se trouve dans l’emballage de l’abacavir—les personnes utilisant ce médicament devraient la porter sur elles en tout temps. Il existe maintenant un test de dépistage qui vous aidera à prévoir si vous êtes susceptible de faire une réaction d’hypersensibilité à l’abacavir. Veuillez consulter le feuillet d’information de CATIE intitulé Le dépistage de l’hypersensibilité à l’abacavir. 2. Reprise du traitement Des réactions d’hypersensibilité se sont même produites chez des personnes qui n’avaient eu aucun problème lorsqu’elles prenaient l’abacavir pour la première fois mais qui ont ensuite repris le traitement après l’avoir interrompu. 3. Acidose lactique et stéatose hépatique
Si vous éprouvez un de ces symptômes sans cause apparente, appelez immédiatement votre infirmière ou médecin. L’acidose lactique est rare (moins de un cas par année pour chaque tranche de mille patients. Si vous présentez un des symptômes mentionnés ci-dessus, cela ne veut pas dire nécessairement que vous souffrez d’acidose lactique, mais communiquez tout de même avec votre médecin sans tarder. Effets secondaires 1. Général 2. Syndrome de lipodystrophie
En plus de ces changements physiques, la lipodystrophie peut s'accompagner de changements métaboliques qui se révèlent dans les résultats d'une analyse sanguine. Parmi ces dernières, mentionnons :
La cause précise de la lipodystrophie n'est pas connue et le syndrome s'explique difficilement parce que ses manifestations varient beaucoup d'une personne à l'autre. Par exemple, certaines personnes perdent de la graisse, d'autres en prennent et d'autres encore connaissent des pertes et des gains de graisse. Ce qui ressort de plus en plus clairement est que les changements nuisibles qui se produisent au fil des ans dans les taux de glucose, de cholestérol et de triglycérides font augmenter le risque de diabète et de maladie cardiovasculaire. Toutefois, jusqu'à présent, les nombreux bienfaits de la multithérapie l'emportent sur le risque accru de maladie cardiovasculaire ou d'autres effets secondaires. Le maintien d'un poids santé, de bonnes habitudes alimentaires, l'arrêt du tabagisme et un programme d'exercices réguliers sont tous importants pour réduire le risque de diabète, de maladies du coeur et d'autres complications. Les consultations de suivi et les analyses sanguines régulières constituent également un élément crucial d'un bon suivi. Si cela s'avère nécessaire, votre médecin sera en mesure de prescrire un traitement visant à abaisser les taux de lipides. Les chercheurs poursuivent leur étude du syndrome de lipodystrophie afin d'aider les PVVIH à éviter ou à atténuer ce problème. Pour en savoir plus sur la prise en charge des divers aspects du syndrome de lipodystrophie, consultez Un guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH. De tous les médicaments anti-VIH, il semble que l’abacavir figurent parmi les moins susceptibles de causer ou de contribuer à la lipodystrophie. Interactions médicamenteusesConsultez toujours votre médecin et pharmacien au sujet de la prise de tout autre médicament, qu’il soit livré sur ordonnance ou en vente libre, y compris les plantes médicinales, les suppléments et les drogues récréatives. Certains médicaments peuvent interagir avec l’abacavir. Cette interaction peut faire en sorte que le taux d’abacavir augmente ou diminue dans votre corps. L’augmentation du taux d’abacavir peut provoquer de nouveaux effets secondaires ou aggraver des effets secondaires existants. Par contre, si le taux d’abacavir diminue excessivement, le VIH peut acquérir une résistance et vos options de traitement futures risquent de s’en trouver limitées. Il peut également s’avérer nécessaire d’éviter les médicaments qui, même s’ils n’ont pas d’effet sur le taux d’abacavir, provoquent des effets secondaires semblables. Si vous devez prendre un médicament qui est susceptible d’interagir avec vos médicaments existants, votre médecin peut faire ce qui suit :
Interactions médicamenteuses avec l’abacavirLes médicaments suivants interagissent ou pourraient potentiellement interagir avec l’abacavir. Cette description n’est pas exhaustive :
Résistance et résistance croiséeAu fur et à mesure que de nouvelles copies de VIH sont fabriquées dans le corps, le virus modifie sa structure. On appelle ces modifications des mutations; les mutations peuvent permettre au VIH de résister aux effets des médicaments anti-VIH, ce qui veut dire qu’ils cesseront d’agir pour vous. Le fait d’associer l’abacavir à d’autres médicaments anti-VIH permet de retarder le développement de la résistance. Pour réduire le risque de résistance médicamenteuse, vous devez prendre tous vos médicaments anti-VIH tous les jours en suivant les posologies à la lettre. Si vous manquez ou retardez des prises, ou si vous ne respectez pas les prescriptions de votre médecin, le taux d’abacavir risque de tomber trop bas. Si cela se produit, des virus résistants risquent d’apparaître. Si vous avez de la difficulté à prendre vos médicaments de façon régulière et en suivant les instructions, parlez-en à votre médecin ou infirmière. Ils peuvent vous aider. Lorsque le VIH devient résistant à un médicament d’une classe, il risque parfois de devenir résistant à tous les autres médicaments de cette classe. Il s’agit de la résistance croisée. N’hésitez pas à parler de vos options de traitement actuelles et futures avec votre médecin. Pour vous aider à déterminer quelles thérapies vous pourrez utiliser à l’avenir, votre médecin peut faire analyser un petit échantillon de votre sang dans le cadre de tests de résistance. Si le VIH finit par acquérir une résistance à l’abacavir, votre médecin pourra utiliser les tests de résistance pour vous aider à construire une autre combinaison de médicaments. Posologie et formulationsL’abacavir est offert sous forme de comprimés de 300 mg et de liquide de 20 mg/mL. La posologie standard pour les adultes est un comprimé deux fois par jour ou deux comprimés une fois par jour, avec ou sans aliments . Les formulations peuvent changer et les posologies doivent parfois être personnalisées. Tous les médicaments doivent toujours être pris conformément aux prescriptions de votre médecin. AccessibilitéL’abacavir est homologué au Canada pour le traitement de l’infection au VIH chez les adultes, en association avec d’autres médicaments anti-VIH. Votre médecin peut vous renseigner davantage sur l’accessibilité et le remboursement de l’abacavir dans votre région. CATIE a créé un module électronique intitulé « Accès aux médicaments anti-VIH : Programme fédéraux, provinciaux et territoriaux d’accès aux médicaments » qui contient de l’information sur le remboursement des médicaments au Canada. Veuillez consulter également les feuillets d’information de CATIE sur Kivexa, Trizivir et le dépistage de l’hypersensibilité à l’abacavir. Références Health Canada. Drug Products Database: http://www.hc-sc.gc.ca/dhp-mps/prodpharma/databasdon/index_e.html [Accessed January 3, 2007.] Vispo E, Barreiro P, Maida I, et al. Abacavir-containing HAART reduces the chances for sustained virological response to pegylated-interferon plus ribavirin in HIV-infected patients with chronic hepatitis C. Third International Workshop on HIV and Hepatitis Coinfection. June 7-9, 2007, Paris. Abstract 46. Department of Health and Human Services. Guidelines for the Use of Antiretroviral Agents in HIV-1-Infected Adults and Adolescents. October 10 2006. Rauch A, Nolan D, Martin A, et al. Prospective genetic screening decreases the incidence of abacavir hypersensitivity reactions in Western Australian HIV Cohort Study. Clinical Infectious Diseases 2006;43(1):99-102. GlaxoSmithKline. Ziagen: Canadian Product Monograph. September 20, 2006. Berenguer J, Padilla B, Estrada V, et al. Safety of abacavir therapy after temporary interruptions in patients without hypersensitivity reactions to the drug. AIDS 2002; 16(9):1299-1301. Bart PA, Rizzardi PG, Gallant S, et al. Methadone blood concentrations are decreased by the administration of abacavir plus amprenavir. Therapeutic Drug Monitoring 2001;23(5):553-555. Clumeck N, Goebel F, Rozenbaum W, et al. Simplification with abacavir-based triple nucleoside therapy versus continued protease inhibitor-based highly active antiretroviral therapy in HIV-1-infected patients with undetectable plasma HIV-1 RNA. AIDS 2001;15(12):1517-1526. Fellay J, Boubaker K, Ledergerber B, et al. Prevalence of adverse events associated with potent antiretroviral treatment: Swiss HIV Cohort Study. Lancet 2001;358(9290):1322-1327. Frissen PH, de Vries J, Weigel HM, Brinkman K. Severe anaphylactic shock after rechallenge with abacavir without preceding hypersensitivity. AIDS 2001;15(2):289-292. Loeliger AE, Steel H, McGuirk S, et al. The abacavir hypersensitivity reaction and interruptions in therapy. AIDS 2001; 15(10):1325. | |
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2007 Auteur(s) : Thaczuk D Traduction : Boutilier A | |
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Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |