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Feuillet d'information L’efavirenz (SUSTIVA) En bref Qu’est-ce que l’éfavirenz?L’éfavirenz, vendu sous le nom de marque Sustiva au Canada et aux États-Unis (Stocrin en Europe et dans plusieurs autres régions du monde), est un type de médicament anti-VIH appelé analogue non nucléosidique ou INNTI (inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse). L’éfavirenz est utilisé en association avec d’autres médicaments anti-VIH pour traiter (mais non pour guérir) le VIH/sida. Comment l’éfavirenz agit-il?Avant d’expliquer le mode d’action de l’éfavirenz, il faut d’abord offrir un peu d’information au sujet du VIH. Lorsque le VIH infecte une cellule, il prend le contrôle de cette dernière. Le VIH oblige ensuite la cellule à faire beaucoup d’autres copies du virus. Afin de faire ces copies, la cellule a recours à des protéines appelées enzymes. Lorsque l’activité de ces enzymes est affaiblie ou bloquée, la production de VIH ralentit ou s’arrête. L’éfavirenz appartient à une classe de médicaments appelés analogues non nucléosidiques. L’éfavirenz inhibe l’action d’une enzyme appelée transcriptase inverse (TI) dont les cellules infectées par le VIH se servent pour fabriquer de nouveaux virus. Puisque l’éfavirenz inhibe ou réduit l’activité de cette enzyme, ce médicament incite les cellules infectées à produire moins de virus. Comment les personnes vivant avec le VIH/sida utilisent-elles l’éfavirenz?L’éfavirenz est utilisé en association avec plusieurs autres médicaments anti-VIH, souvent les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI), et parfois avec des médicaments appartenant à d’autres classes, y compris les inhibiteurs de la protéase. Les associations de ce genre s’appellent une multithérapie antirétrovirale fortement active. Pour en savoir plus sur la multithérapie antirétrovirale, consultez la publication de CATIE intitulée Un guide pratique de la multithérapie antirétrovirale pour les personnes vivant avec le VIH/sida à l’adresse www.catie.ca/PG_HAART_f.nsf. Pour beaucoup de personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH), le recours à une multithérapie antirétrovirale a provoqué une augmentation de leur compte de cellules CD4+ et une réduction de la quantité de VIH dans leur sang (charge virale). Ces effets bénéfiques contribuent à réduire le risque de contracter une infection potentiellement mortelle. Ni l’éfavirenz ni aucun autre médicament anti-VIH ne permet de guérir le VIH/sida. Il est donc important de faire ce qui suit :
Mises en garde1. Santé mentale
Si vous prenez de l’éfavirenz, parlez tout de suite avec votre médecin si vous éprouvez un de ces problèmes. 2. Grossesse 3. Dépistage de la marijuana
Effets secondaires1. Système nerveux central
Les effets nerveux moins courants sont les suivants :
Les effets secondaires touchant le SNC se produisent chez au moins la moitié des PVVIH qui utilisent l’éfavirenz et ce, dès le premier ou le deuxième jour du traitement. Les effets secondaires courants — étourdissements, difficulté à s’endormir, somnolence, problèmes de concentration — devraient commencer à s’atténuer au cours du premier mois du traitement. Certains médecins recommandent que les patients prennent l’éfavirenz le matin ou tôt dans la soirée afin d’atténuer son impact sur le sommeil. Si vous avez de la difficulté à composer avec ces effets secondaires ou d’autres, avisez-en votre médecin. Signalons que la consommation d’alcool et de drogues risque d’aggraver les effets secondaires d’ordre nerveux de l’éfavirenz. 2. Éruptions cutanées Dans de rares cas, l’éruption peut s’aggraver considérablement, entraînant d’autres symptômes tels qu’ampoules, démangeaisons oculaires, enflure et douleurs musculaires ou articulaires. Si cela se produit, appelez tout de suite votre médecin. 3. Enzymes hépatiques 4. Syndrome de lipodystrophie Le terme syndrome de lipodystrophie du VIH désigne un éventail de symptômes qui risquent de se manifester au fil du temps chez les personnes en multithérapie antirétrovirale. Voici quelques caractéristiques du syndrome :
En plus de ces changements physiques, la lipodystrophie peut s'accompagner de changements métaboliques qui se révèlent dans les résultats d'une analyse sanguine. Parmi ces dernières, mentionnons :
La cause précise de la lipodystrophie n'est pas connue et le syndrome s'explique difficilement parce que ses manifestations varient beaucoup d'une personne à l'autre. Par exemple, certaines personnes perdent de la graisse, d'autres en prennent et d'autres encore connaissent des pertes et des gains de graisse. Ce qui ressort de plus en plus clairement est que les changements nuisibles qui se produisent au fil des ans dans les taux de glucose, de cholestérol et de triglycérides font augmenter le risque de diabète et de maladie cardiovasculaire. Toutefois, jusqu'à présent, les nombreux bienfaits de la multithérapie l'emportent sur le risque accru de maladie cardiovasculaire ou d'autres effets secondaires. Le maintien d'un poids santé, de bonnes habitudes alimentaires, l'arrêt du tabagisme et un programme d'exercices réguliers sont tous importants pour réduire le risque de diabète, de maladies du coeur et d'autres complications. Les consultations de suivi et les analyses sanguines régulières constituent également un élément crucial d'un bon suivi. Si cela s'avère nécessaire, votre médecin sera en mesure de prescrire un traitement visant à abaisser les taux de lipides. Les chercheurs poursuivent leur étude du syndrome de lipodystrophie afin d'aider les PVVIH à éviter ou à atténuer ce problème. Pour en savoir plus sur la prise en charge des divers aspects du syndrome de lipodystrophie, consultez Un guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH dans le site de CATIE à l'adresse www.catie.ca/sideeffects_f.nsf. 5. Augmentation du volume des seins chez l’homme On a également fait état d’une augmentation du volume des seins chez des hommes qui suivaient une multithérapie ne comportant pas d’éfavirenz. Ce problème peut survenir chez les hommes dans les situations suivantes :
Si vous remarquez une augmentation du volume de vos seins pendant que vous suivez une multithérapie, parlez-en avec votre spécialiste du VIH car il existe plusieurs options pour composer avec ce problème. Interactions médicamenteusesConsultez toujours votre médecin et pharmacien au sujet de la prise de tout autre médicament, qu’il soit livré sur ordonnance ou en vente libre, y compris les plantes médicinales, les suppléments et les drogues récréatives. Certains médicaments peuvent interagir avec l’éfavirenz. Cette interaction peut faire en sorte que le taux d’éfavirenz augmente ou diminue dans votre corps. L’augmentation du taux d’éfavirenz peut provoquer de nouveaux effets secondaires ou aggraver des effets secondaires existants. Par contre, si le taux d’éfavirenz diminue excessivement, le VIH peut acquérir une résistance et vos options de traitement futures risquent de s’en trouver limitées. Il peut également s’avérer nécessaire d’éviter les médicaments qui, même s’ils n’ont pas d’effet sur le taux d’éfavirenz, provoquent des effets secondaires semblables. Si vous devez prendre un médicament qui est susceptible d’interagir avec vos médicaments existants, votre médecin peut faire ce qui suit :
Interactions médicamenteuses avec l’éfavirenzLes médicaments suivants interagissent ou ont le potentiel d’interagir avec l’éfavirenz. Ces listes ne sont pas exhaustives. Le fabricant recommande que les médicaments suivants soient évités par les personnes utilisant l’éfavirenz à cause du risque d’interactions graves (ou potentiellement mortelles).
Les médicaments suivants sont susceptibles de faire augmenter le taux d’éfavirenz dans votre corps :
Les médicaments suivants sont susceptibles de faire diminuer le taux d’éfavirenz dans le sang :
L’éfavirenz risque de faire diminuer le taux des médicaments suivants :
Résistance et résistance croisée et interruption du traitementAu fur et à mesure que de nouvelles copies de VIH sont fabriquées dans le corps, le virus modifie sa structure. On appelle ces modifications des mutations; les mutations peuvent permettre au VIH de résister aux effets des médicaments anti-VIH, ce qui veut dire qu’ils cesseront d’agir pour vous. Le fait d’associer l’éfavirenz à au moins deux autres médicaments anti-VIH permet de retarder le développement de la résistance. Pour réduire le risque de résistance médicamenteuse, vous devez prendre tous vos médicaments anti-VIH tous les jours en suivant les posologies à la lettre. Si vous manquez ou retardez des prises, ou si vous ne respectez pas les prescriptions de votre médecin, le taux d’éfavirenz risque de tomber trop bas. Si cela se produit, des virus résistants risquent d’apparaître. Si vous avez de la difficulté à prendre vos médicaments de façon régulière et en suivant les instructions, parlez-en à votre médecin ou infirmière. Ils peuvent vous aider. Lorsque le VIH devient résistant à un médicament d’une classe, il risque parfois de devenir résistant à tous les autres médicaments de cette classe. Il s’agit de la résistance croisée. N’hésitez pas à parler de vos options de traitement actuelles et futures avec votre médecin. Pour vous aider à déterminer quelles thérapies vous pourrez utiliser à l’avenir, votre médecin peut faire analyser un petit échantillon de votre sang dans le cadre de tests de résistance. Si vous arrêtez de prendre l’efavirenz, de faibles concentrations de ce médicament peuvent rester dans votre sang pendant deux ou trois semaines. En l’absence de multithérapie, ces faibles concentrations d’efavirenz ne sont pas assez élevées pour supprimer le VIH et peuvent conduire à l’apparition d’un VIH résistant à l’efavirenz. Ainsi, si vous prenez de l’efavirenz et devez interrompre votre traitement, demandez à votre spécialiste de quelle façon vous pourrez minimiser le risque de présenter une résistance à l’efavirenz. Un VIH qui sait résister à l’efavirenz sait généralement résister aux autres INNTI aussi, soit la delavirdine (Rescriptor) et la névirapine (Viramune). Un taux d’échec virologique élevé (50 %) a été rapporté lors d’une étude menée chez des PVVIH qui recevaient la combinaison suivante :
Cela s’est sans doute produit parce que le VIH a acquis rapidement une résistance au ténofovir et au ddI, malgré la présence de l’éfavirenz. Ces résultats laissent croire que cette combinaison doit être utilisée avec prudence. Si le VIH finit par acquérir une résistance à l’éfavirenz, votre médecin pourra utiliser les tests de résistance pour vous aider à construire une autre combinaison de médicaments. Posologie et formulationsL’éfavirenz est offert sous forme de comprimés de 600 mg et de capsules de 50 mg, 100 mg et 200 mg. 1. Éfavirenz et deux analogues nucléosidiques AccessibilitéL’éfavirenz est homologué au Canada pour le traitement de l’infection au VIH chez les adultes, en association avec d’autres médicaments anti-VIH. Votre médecin peut vous renseigner davantage sur l’accessibilité et le remboursement de l’éfavirenz dans votre région. CATIE a créé un module électronique intitulé « Accès aux médicaments anti-VIH : Programme fédéraux, provinciaux et territoriaux d’accès aux médicaments » qui contient de l’information sur le remboursement des médicaments au Canada. Vous pouvez le consulter dans le site Web de CATIE à l’adresse www.catie.ca/Fre/Publications/accesmedicaments/accesmedicamentsindex.shtml. References Cameron DW, da Silva B, Arribas J, et al. Significant sparing of peripheral lipoatrophy by HIV treatment with LPV/r + ZDV/3TC induction followed by LPV/r monotherapy compared with EFV + ZDV/3TC. Program and abstracts of the 14th Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, February 25-28, 2007, Los Angeles, USA. Abstract 44LB. Haubrich RH, Riddler S, DiRienzo G, et al. Metabolic outcomes of ACTG 5142: a prospective, randomized, phase III trial of NRTI-, PI-, and NNRTI-sparing regimens for initial treatment of HIV-1 infection. 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2007 Auteur(s) : Hosein SR Traduction : Boutilier A | |
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Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |